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    Je publie ici, avec son autorisation, l'article paru dans SINTEZA, revue culturelle et d'actualités en Roumanie : questions-réponses entre la rédactrice en chef et Michel Bourse, Sciences de l'Information et de la Communication, Université Galatasaray,...
21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 09:36

J'ai de superbes amis. Que j'aime. Parce qu'ils réfléchissent et travaillent à comprendre leur vie, notre vie, notre société, notre temps.

Parfois ils sont ébranlés par des sophistes. Ces excellents parleurs ont accés aux media.

Voici un article qui m'a été envoyé, choisi dans le journal Le Monde, et ma réponse.

 

 

LeMonde NonCharlie-20150116

Télécharger le PDF (lecture plus claire)

 

 

 

Très cher J.P.,

Je te remercie de l’envoi de cet article, et de ta confiance pour continuer un débat plus qu’intéressant.

Les deux colonnes sont signées par un professeur de philosophie au collège Stanislas (rue d’Assas) qui, quoique Thorez y ait confié jadis ses enfants (sic), ne brille pas par sa défense de la laïcité...
Or toute religion non hégémonique et non politisée -notamment les monothéistes- doit être laïque, au risque d’être en totale contradiction avec la Miséricorde de Dieu (pour l’Islam), avec le non-prosélitisme (pour la religion Juive) et avec l’Imitation du Seigneur Jésus-Christ (pour les catholiques).

Pour te répondre, un bon nombre de contresens et d’approximations graves, dans ce papier (scan PDF ci-joint), le rendent fortement connoté, me semble-t-il.

Suivons le texte:

« je suis Charlie »
Personne n’a dit -en effet- « je suis Charlie-HEBDO »  ! (j’utilise « CH » dans la suite de ma réponse)
Ce n’est pas rien, c’est même très important pour garder à « Charlie », à partir des événements tragiques de CH, toute sa signification symbolique.

« l’esprit de dérision de l’hebdomadaire »
CH n’a jamais utilisé la dérision, mais la moquerie bienveillante et rigolarde, la dénonciation des scandales, par exemple au sein des églises.
La confusion entretenue entre Charlie et Charlie-Hebdo est le procédé utilisé tout au long de l’article. C’est au moins un manque de précision, et peut-être la volonté de tromper le lecteur?…

« tuant Charlie »
Ce n’est pas CH qui a été tué (7 millions d’exemplaires du journal vendus cette semaine!) mais bien Charlie, symbole reconnu de façon internationale pour parler de l'inaliénable liberté d’expression.

« insulter les croyances religieuses et se moquer de toute autorité… »
CH n’a jamais pratiqué l’insulte. Journal souvent vulgaire, n’hésitant pas à en rajouter pour dénoncer le plus loin possible, c’est-à-dire par la caricature, le ridicule de ceux qui se prennent trop au sérieux, et à quel point cela peut faire rire. On adhère ou on n’adhère pas, c’est selon chacun. Personnellement, je n’ai jamais aimé tel ou tel dessinateur, et en revanche j’ai apprécié énormément tels autres, c’est affaire personnelle de goût, dis-je.
Il ne s’agit pas de se moquer mais de dénoncer ce qui est meurtrier, au sens propre: par exemple, à telle messe en public par Jean-Paul II devant un million de fidèles (Afrique), des bagarres ont eu lieu qui ont fait de nombreux morts, pendant que la messe se déroulait. Jamais un mot du Vatican là-dessus. Qui est mort?! Qui se moque de qui? CH a dénoncé cela et l’a dit bien haut. Fait tellement énorme qu’on a crié contre CH au scandale! Et pourtant cela a bien eu lieu. Nous pouvons trouver bien d’autres semblables exemples, tous en relation avec la réalité et avec l’actualité. C’est un fait que les conflits sur la surface du globe comportent TOUS, sans exception (il faut mettre les contradicteurs au défi de prouver le contraire avec un seul exemple), une composante religieuse forte, communauté contre communauté, vérité révélée contre autre vérité révélée. Qui insulte qui? Qui tue qui?
Et là, qui est mort à cause de la dénonciation de ces atrocités qui affectent l’humanité? Qui en est MORT? Des membres du comité de rédaction de CH. Nous devons veiller à exiger un minimum de respect pour cela. Même si, dans le dernier numéro la couverture dit « Tout est pardonné ». Mais là aussi, c’est sans aucun doute une insulte… (Mort de rire!)

« le fonctionnement de la raison »
Qui a la Vérité sur la signification et l’application du concept de Raison, si ce n’est uniquement pour dire que c’est l’adversaire qui est déraisonnable?!... Qu’on me l’amène, celui qui sait ce qu’est la Raison, j’en deviens le dévoué disciple instantanément!
Il me parlera de « responsabilité », de « respect d’autrui », « d’outil de connaissance », « de jugement », « d’argumentation », de « puissance critique de réfutation », etc.
Nous savons tous que ces notions sont parfaitement claires pour tout le monde!… Je suis mort de rire face à un tel toupet et à aussi peu de modestie de la part de notre professeur chrétien!

« on a, bien sûr le droit de trouver obsolète… »
Et il est «plus pertinent et même plus efficace de discuter plutôt que d’insulter »
Je ne reviens pas sur « insulte » car il n’y a aucune insulte dans CH, et s’il y en a, il faut aller devant les tribunaux,ça ne se discute pas! Les tribunaux ont fait leur travail: CH n’a pas été condamné pour les caricatures de Mahomet (Souvenons-nous: "C’est dur d’être aimé par des cons… »)
Discuter? Avec qui? Où? Pour mener à quoi?
En 2010, lorsqu’un livreur du BHV, français musulman, voit sur mon bureau le Coran, il me dit: « Qui vous a autorisé? » (sic). Je lui réponds que c’est un livre qui m’intéresse et que je le lis pour connaître ce dont on parle. Il répond: « Ce n’est pas du tout un livre!! » Moi: « ??? » « C’est la parole de Dieu et comme vous n’êtes pas musulman, vous ne pouvez pas y TOUCHER » (re-sic). Le jeune homme n’était pas du tout agressif mais seulement atterré par ce dont il était témoin: un infidèle touche physiquement le Coran! Il profane la parole de Dieu.
Monsieur le professeur de Stanislas, venez me dire ce que vous entendez par « discuter », cela m’aurait aidé. J’ai échangé jusqu’à 3 heures du matin avec l’homme en question, et nous nous sommes séparés gentiment, tout en étant parfaitement conscient qu’on ne peut pas « discuter » toute une éducation-fondation. Ce qu’il faut, c’est un travail d’ouverture érudite (instruction publique), dans un contexte de tolérance (école laïque) grâce à un régime politique qui le permette (République démocratique) sur plusieurs années, voire sur plusieurs générations! C’est aussi cela que voulait dire CH, à sa manière: traiter des choses très fondamentales en rigolant.

« une éthique de la raison »
L’éthique c’est la morale en action. Quelle morale? Pour quelle action de quelle raison? (voir plus haut)
Décidément, nous sommes en pleine confusion et abus de langage, comme toujours avec les diacres: on croit que les mots sont clairs, « éthique », « raison », c’est évident pour tout le monde, non? Non, ce n’est pas clair du tout.
Ce qui est préoccupant ici, c’est que l’auteur de l’article ose signer en « professeur de PHILOSOPHIE », pour affirmer un pouvoir statutaire que tout philosophe ne doit utiliser que pour travailler à éclaircir les concepts et non pas les imposer dans la confusion.

« La faute est aussi de nature politique »
Voilà, on y est arrivé après une seule colonne: FAUTE, le mot est lâché.
Dans un tel système de compulsion moralisatrice, faute = punition.
Donc « une majorité de musulmans » ayant été « scandalisée par la publication… », il fallait réparation. Une autre accusation aggrave le cas de ces fauteurs: c’est du « BLASPHEME », ce qui n’est certainement pas un concept mais tout juste une notion vague qui n’a de signification que pour celui qui s’affirme en désaccord avec l’expression d’une pensée QU’IL VEUT EMPECHER DE S’EXPRIMER. Le mot blasphème ne tente que de justifier une tautologie. Supprimer le mot est une faute politique puisque offenser deviendrait un droit… En effet, "Je ne suis pas d’accord avec ce qui est dessiné, donc je suis offensé, or offenser les gens n’est pas un droit »
Raisonnement sophistique dont la prémisse majeure ne permet pas d’utiliser l’opérateur logique « donc », car on ne peut édicter en principe ce qui est basé sur mon seul jugement de désaccord.
La conclusion est exacte (offenser n’est pas un droit) précédée d’un raisonnement spécieux! On connaît le procédé, il a coûté la vie à Socrate.

« Faire croire… que Charlie, c’est la France!… »
Oui l’idéal républicain de liberté absolue de conscience et d’expression est dans l’Histoire de France une grande victoire sur l’obscurantisme.
Un peu de respect, encore une fois Monsieur le Professeur. Qui remet en cause un principe fondamental de la République française?!… Votre ego nationaliste-communautaire est-il si offensé? Eux, ils sont morts.

« étrangers à ce corps politique », choisir « pour symbole ce qui heurte (vos) croyances les plus sacrées »
Quel fossé si ce n’est celui qui est créé par la notion de communauté?!
Le communautarisme comme système de société préside à la séparation des territoires (rues et blocs aux USA), des écoles, des réunions, des élections, des droits…
La République française, démocratique et laïque, c’est le droit à la différence dans l’égalité du Droit. Pour le communautarisme, le droit à la différence c’est la différence des droits en fonction de vos appartenances , croyances, etc.
C’est bien le repérage des musulmans comme tels qui fait d’eux des reniés, des parias, des exclus (travail, habitation…), ce qui n’excuse aucun manquement de quiconque à la Loi mais explique le besoin de dignité réaffirmée: là se trouve le terreau des extrémistes qui promettent le bonheur (sur Terre et/ou au paradis), au moyen de leur idéologie.
Certains musulmans sont déjà coupés en partie de leur citoyenneté et pas seulement en France, très précisément par ceux qui se réclament d’une « communauté nationale » (revendiquée par l’extrême droite) qui ne leur reconnaît que le droit de s’y fondre -au mieux- ou d’en être éjecté.
Sur ce point, il y aurait beaucoup à dire du rôle dévastateur de l’église catholique romaine universelle et des différents extrémismes au pouvoir au Moyen Orient.

Pour conclure en m’adressant directement à l’auteur de l’article:
Les « Charlie » n’osent imaginer que vous êtes sur le point de répéter, en croyant convaincre, ce que nous ne voulons plus entendre… dessinateurs responsables… provocateurs… injurieux… blasphémateurs…
Je chasse une terrible pensée qui me vient: en écrivant votre article, vous avez aimé trouver dans ces assassinats une punition sans doute un peu forte (je ris) car ils n’avaient qu’à ne pas… etc, etc. Pour moi, vous êtes donc complice, certes pas directement, oh! non! mais objectivement. C’est terrible car c’est un aveu de désaccord total avec la République en vigueur dans les lois de notre pays.

Gérard Delacour.

 

 

 

 

Commentaires:

 

de R.H.

"Je partage totalement cette très fine analyse. J'ai eu la même réaction en lisant les  propos qu'Odon Vallet (qui d'habitude me convainc et même parfois m'impressionne), publiés sur le site de Francetv.info. Il parle de dessins des papes Jean-Paul2 et Benoit16, dans des positions peu respectueuses. Or, je me souviens de certains de ces dessins qui traitaient en particulier du fait que ces deux individus ont couvert les actes pédophiles dans leur institution. Je ne vois pas à quel titre des hommes qui couvrent de tels faits peuvent ensuite réclamer le respect. Pour ce qui concerne JP2, qui fut leur cible, ils ont également fait référence au fait qu'il avait nommé à la tête des finances du Vatican, un certain Monseigneur Marcinkus, blanchisseur de l'argent de la maffia, et qui du rester jusqu'à la fin de sa vie sans sortir du Vatican, parce qu'Interpol avait mission de l'arrêter s'il en sortait. Alors, JP2 respectable ?

Il serait également temps de rappeler aux censeurs de tous poils que le blasphème ne concerne que les croyants ; seul un croyant peut blasphémer, mais un agnostique, un athée, ou même toute personne qui ne partage pas les croyances de telle religion, peut, librement et sous la forme qui lui convient, en dire ce qu'il pense.

Maintenant qu'on sait que (Dieu merci !) Charlie Hebdo va survivre, grâce à ceux qui voulaient le tuer, prions pour que l'esprit de Charlie, reste bien vivant. Et comme me le faisait remarquer un de mes amis, les deux frères décérébrés voulaient tuer un journal, et ils sont morts dans une imprimerie. Dieu a de l'humour !"

 

 

de J.P.T.

"Merci pour ta réponse très argumentée et très intéressante,  sur les conclusions de laquelle je suis totalement d'accord. Mon malaise se situe plus au plan socio-politique et j'ai l'impression à suivre certains échanges récents, qu'il est partagé. En un mot sommes-nous compris par une part non négligeable de la population française qui d'ailleurs ne s'est pas déplacée le 11 janvier comme tu as sans doute pu t'en rendre compte? Certains parlent de ''fracture '', d'incompréhension. Je crains que ce constat se révèle exact et cela pour  un certain temps... sauf à trouver un moyen d'y remédier. Sans doute devrions nous y travailler."

 

 

de M.T.

"Ce n'est pas la première fois, et je l'espère pas la dernière que je suis en parfait accord avec toi. Je n'ai pas une virgule à ajouter, à retirer ou à déplacer à ce que tu as écrit. Merci.
Les personnes physiques ou les institutions qui se sentent insultées, offensées, attaquées par les articles ou les dessins de Charlie Hebdo (ou autre) ont en France, des institutions judiciaires qui fonctionnent plutôt bien, et en toute indépendance. Qu'elles saisissent la justice.... On notera au passage qu'elles le font relativement peu, car elles se doutent que leur raisonnement ne tiendrait guère devant les tribunaux. C'est tellement plus facile de se draper dans une soi-disant dignité morale, en confondant la Raison et une position supposée "raisonnable" à égale distance des caricaturistes assassinés et des intégristes assassins, en critiquant quand même un peu ces derniers...."

 

 

 

de Th.D.

"Maintenant que tu as magistralement déchiqueté l'article de ce "professeur de philosophie" partisan et opportuniste (jésuite entre les deux)... Il ne reste plus qu'à tordre le cou à la "théorie du complot" qui circule en ce moment.

Puis à remettre en ordre (républicain, of course) le contenu des cours de l'éducation nationale. Conjointement, trouver les moyens ET mettre en œuvre les outils — socio-économico-politiques — nécessaires à ce que la patrie de "Droits de l'Homme" ne couve plus en son sein des inégalités culturelles et territoriales — à rendre jaloux le moindre régime totalitaire — terreau de toutes les dérives sectaires et extrémistes que nous vivons. Vaste programme. Mais il en va de la survie de nos principes laïcs et républicains ! En attendant, Aristide Briand et le p'tit père Combes doivent se retourner dans leurs tombes."

 

 

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Published by Gérard Delacour - dans Référence
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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 15:24

Je publie ici, avec son autorisation, l'article paru dans SINTEZA, revue culturelle et d'actualités en Roumanie : questions-réponses entre la rédactrice en chef et Michel Bourse, Sciences de l'Information et de la Communication, Université Galatasaray, Istanbul, Turquie, rédacteur en chef de la revue SIGNES, DISCOURS ET SOCIETE.

 

 

J'y relève les phrases suivantes, fondatrices et fondamentales à mon avis (le texte complet est reproduit en dessous):

 

  • Les expressions de la différence, loin donc de menacer les sociétés, en sont au contraire les produits sans cesse réinventés, notamment par le jeu des métissages culturels et des diasporas.
     
  • Je ne suis pas d'accord avec l'idée d'une "guerre des civilisations", idée que je combats dans mes séminaires à l'université et dans mes livres. Il faut le répéter : il n'y a pas globalement d'échec à l'intégration contrairement à ce que voudraient nous faire croire les nouveaux idéologues à la mode : il y a de nombreuses réussites académiques, sociales, économiques parmi la population venant de l'immigration. Il suffit par exemple de regarder la composition du gouvernement français !

  •   ...ces terroristes qui ont attaqué Charlie étaient français de naissance, élevés en France, passés par le moule de l'école française et de ses valeurs! Il ya donc là un échec qui est collectif et sur lequel la société française doit réfléchir.

  •  La France a malheureusement répondu —surtout sous l'ère Sarkozy— presque uniquement en termes policiers et répressifs aux difficultés sociales, surtout dans les quartiers dits "difficiles". Le tissu social des quartiers dit "difficiles" a été abandonné par les travailleurs sociaux, les aides et les actions sociales, les actions de formation et civiques dispensées au plus près des populations. 

  •  Mais qu'est ce qu'une culture ? Une façon particulière d’occuper un espace public et de proposer symboliquement des représentations, des idées, des faits vécus, des mythes, des images, etc. Cette dimension culturelle ou dimension symbolique possède à la fois un contenu personnel (notre histoire de vie, nos expériences, nos savoirs) et un contenu collectif (les normes, les croyances, les valeurs, les mythes partagés par un groupe de personnes vivant en collectivité dans un même temps historique).

  •  Mon travail intellectuel a pour but essentiel de lutter contre cette idéologie identitaire en essayant d’interroger l’idée qu’il ne peut exister « d’identité » naturelle qui s’imposerait par la force des choses. Chaque « identité » est une construction culturelle, politique et idéologique fondée sur l’échange : du moins c’est ce que je voudrais proposer à la réflexion. Ce qui implique au moins deux idées importantes: il n’y a pas de culture en soi ; une culture est toujours une représentation qu’un groupe humain se donne pour exister même si un ensemble disséminé de traits est plus particulièrement mobilisé dans certaines circonstances politiques en fonction de certaines situations.

  •  Le mot « métis », comme on le sait, désigne ordinairement des enfants nés d’une division ethnique clairement tranchée. Mais le métissage peut être aussi défini comme un état de culture, un univers mental lié à certains milieux sociaux ou familiaux et le plus souvent à des choix faits dans ces milieux et familles, à l’expérience de l’échange culturel et du voyage. Le métissage en effet porte au « patchwork » des identités : toute culture est ainsi faite de brouillages, de métissages, d’échanges qui se saisissent de certaines composantes de la culture dominante en en transformant souvent leur sens symbolique.

  •  Les peuples divers qui composent le monde ne font pas que se combattre, ils se rencontrent, ils se mélangent, ils échangent, ils se traduisent. Le métissage encourage ainsi une vision multi phonique du monde et rend ainsi sensible les multiples fibres dont une culture se tisse et ce faisant nous presse de penser par delà les frontières en nous rappelant le métis qui est en nous mêmes.

  •  On comprend aussi que l’altérité n’est pas un phénomène objectif qu’on pourrait décrire mais se présente comme un « certain rapport », essentiellement dynamique, entre deux entités qui se donnent mutuellement un sens. Ce qui communique ce ne sont ni des cultures ni des identités mais des personnes qui véhiculent ou médiatisent des rapports entre cultures et/ou identités. C’est pourquoi par communication interculturelle, il faut bien entendre d’abord les relations qui s’établissent entre personnes et groupes appartenant a des cultures différentes.
     
  • L’interculturel présuppose bien une interaction dans et à travers laquelle deux entités se constituent autant qu’elles communiquent.

 

 

Texte complet de l'interview:

sinteza.png

Monsieur Bourse, récemment, le monde entier a été secoué par le massacre par trois extrémistes islamistes de la rédaction de Charlie Hebdo. Les réactions ont été très différentes. En tenant compte de votre expertise en communication et inter culturalité, mais aussi de votre expérience dans les deux communautés – chrétienne et islamiste - comment pouvez vous expliquer/interpréter cet  événement choquant? Quels sont vos sentiments à l’égard de l’événement de Paris?


Mes sentiments? Douleur, tristesse et colère. Les journalistes de Charlie Hebdo sont nos compagnons depuis 1968. Ils participent de ce compagnonnage intellectuel, militant que les gens de ma génération ont construit tout au long de ces années. Mai 68 fut un immense éclat de rire, ces dessinateurs essayaient de maintenir cet éclat de rire vivant. Je ne le lisais plus qu'occasionnellement après avoir été un lecteur régulier : mais à chaque fois leurs dessins – pas tous naturellement ! - me faisaient éclater de rire, surtout leurs Unes. J'ajoute que ces journalistes humoristiques/critiques s'inscrivent dans une tradition humoristique critique française qui commence avec Rabelais, passe par Voltaire et s'épanouit tout au long de l'histoire intellectuelle et politique avec en particulier les caricaturistes du 19ème siècle comme Daumier par exemple. Cette dimension culturelle n'est pas vraiment partagée par la culture musulmane qui, elle, est très  (trop?) respectueuse des dogmes religieux! Ceci explique beaucoup de choses : la distance critique qu'implique le maniement de l'humour est aussi une affaire d'éducation et de culture.


 

- On a passé deux mille ans de civilisation et de progrès et d’un coup tout cela peut s’évanouir. Le monde se trouve, après le massacre de Charlie Hebdo, dans la situation même de parler d’un nouveau “choc des civilisations”, opposant les différences entre la civilisation chrétienne et celle islamique. D’où pourrait-on commencer à chercher des explications pour  cet état des choses?

- Est ce que on pourrait parler de l’échec de la civilisation même?

- On a longtemps discuté sur le concept du multiculturalisme et ses implications pratiques. On assiste récemment à un changement du discours sur ce sujet: on discute des idées sur l’échec du multiculturalisme comme politique de protéger l’identité, les valeurs et les pratiques des communautés avec différentes cultures. Comment voyez-vous possible la coexistence pacifique entre différentes ethnies et croyances?

 

Le fil directeur de ma réponse peut se résumer en une interrogation de philosophie politique : comment concilier la pluralité des identités culturelles et les principes de la démocratie ? Si des migrations et des brassages de peuples ont toujours eu lieu, les métissages modernes posent toutefois des questions neuves. En particulier, celle de l'accord entre démocratie et multiculturalisme. De cette réalité nouvelle se dégagent deux idées fortes. En premier lieu, l'histoire nous enseigne que l'humanité tout entière est faite de mouvements de peuples, de groupes qui se déplacent, et que les individus n'ont cessé de se métisser ou de se heurter, depuis les périodes les plus reculées que la recherche permet d'entrevoir. Transports et communications accélèrent le processus, mais ne l'ont pas créé. Ces mouvements participent de manière éminemment positive de l'existence même de l'humain. Certes, aujourd'hui, les contraintes économiques ou militaires déterminent les migrations modernes, les transformant généralement en exil ou en catastrophe.

Il est bon de rappeler cependant, que ces processus ont aussi des aspects intrinsèquement humains. Nous ne cessons de migrer et d'errer, et il ne s'agit pas là nécessairement de faits négatifs. Les expressions de la différence, loin donc de menacer les sociétés, en sont au contraire les produits sans cesse réinventés, notamment par le jeu des métissages culturels et des diasporas. Il convient donc d'en méditer et d'en privilégier les aspects créatifs, et en particulier celui qui nous oblige à penser de manière nouvelle les problèmes soulevés par les nouvelles formes du "vivre ensemble" contemporain et donc le "métissage" des civilisations que sont déjà en train de créer les poussées migratoires volontaires ou forcées sur toute la planète. Il semble bien, en effet, que les cultures apprennent de plus en plus à cohabiter, voire à se découvrir mutuellement. J'ajouterais que la situation n'est pas si catastrophique que cela : il suffit de voir comment dans l'Union européenne coexistent sans trop de problèmes, des langues et des cultures différentes. Sans oublier comment la majeure partie des personnes issues de l'immigration ont su s'intégrer normalement dans leurs pays d'accueil!

 


- Dans ce contexte, quelles sont les chances de coexistence pacifique dans une Europe composé des pays comme des mosaïques de cultures?  Et quelle autre “recette”/ stratégie peut être appliquée si le multiculturalisme a raté ses objectifs?  


Je ne suis pas d'accord avec ces remarques négatives et pessimistes et surtout je ne suis pas d'accord avec l'idée d'une "guerre des civilisations", idée que je combats dans mes séminaires à l'université et dans mes livres. Il faut le répéter : il n'y a pas globalement d'échec à l'intégration contrairement à ce que voudraient nous faire croire les nouveaux idéologues à la mode : il y a de nombreuses réussites académiques, sociales, économiques parmi la population venant de l'immigration. Il suffit par exemple de regarder la composition du gouvernement français !


Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de problèmes. Ceux-ci sont de différents types que je vais résumer ici:

  1. La France n'en a pas encore terminé avec "son" colonialisme passé! Cette histoire la hante et participe d'une manière plus ou moins explicite des discours – manifestement racistes - qu'on entend aujourd'hui sur les "immigrés" et les "islamiques". Il ne faut pourtant pas oublier que ces terroristes qui ont attaqué Charlie étaient français de naissance, élevés en France, passés par le moule de l'école française et de ses valeurs! Il ya donc là un échec qui est collectif et sur lequel la société française doit réfléchir.
  2. La France n'en a pas terminé avec les différences sociales : il ne fait pas bon aujourd'hui (1) être jeune, (2) être issu de l'immigration, (3) être pauvre. Si vous êtes jeune, immigré et pauvre vous avez toutes les chances d'être discriminé à l'école d'abord (il y aurait lieu ici d'analyser comment aujourd'hui l'école reproduit les distinctions sociales),  puis à l'emploi (le plus fort taux de chômage concerne cette catégorie des personnes!), et enfin dans votre être même (cette catégorie de personnes est la plus exposée au contrôle systématique d'identité  par les forces de police!).
  3. La France a malheureusement répondu – surtout sous l'ère Sarkozy- presque uniquement en termes policiers et répressifs aux difficultés sociales surtout dans les quartiers dits "difficiles". Le tissu social des quartiers dit "difficiles" a été abandonné par les travailleurs sociaux, les aides et les actions sociales, les actions de formation et civiques dispensées au plus près des populations. Ce qui permet de comprendre pourquoi les terroristes qui ont assassiné l'équipe de Charlie étaient non seulement jeunes délinquants avant leur conversion à l'Islam radical mais aussi quasiment tous en échec scolaire et au chômage, sauf à avoir quelques petits boulots de temps en temps. Ils constituaient donc une proie facile pour tous les prédicateurs radicaux.

 Tout cela ne justifie en aucune manière se qui est arrivé pendant ces trois journées horribles, mais permet d'en comprendre en partie les raisons.

Mais il n'y a pas de raison de s'adonner exclusivement au pessimisme! En s'appuyant sur notre expérience acquise pendant plusieurs années de rencontres interculturelles je peux dégager un certain nombre d'étapes obligées qui apparaissent fondamentales pour la mise en œuvred'une pratique sociale réellement interculturelle.

D'abord, un fait important doit être noté: à coté de la logique sociale, il existe une (des) logique(s) particulière(s), incarnée(s) par des associations, des mouvements, voire des pratiques individuelles, qui ont fait explicitement le choix de la reconnaissance des minorités culturelles dans leurs particularités culturelles et leurs respect. Cette réflexion aboutit à mettre en évidence plusieurs niveaux d'intégration: social, politique, culturel, etc. En particulier, la production d'un "rêve" commun, constitue, peut-être de manière mythique et peu réaliste, un puissant facteur d'assimilation par la mise en place d'un processus d'identification à un même modèle.

Ce mécanisme d'identification implicite joue à la fois dans un sens positif et un sens négatif: positif parce qu'il est un réfèrent qui peut aider à fédérer des forces intégrationnistes et entraîner ainsi la reconnaissance de l'Autre dans un système de normes acceptées et acceptables pour la majorité; négatif, car il est basé sur le mécanisme même de la négation des différences et l'abandon des particularités culturelles de la minorité. Le processus de socialisation, dont l'acte de formation est un élément essentiel, doit donc s'accommoder de cette double dynamique contradictoire et faire des choix méthodologiques dont l'histoire montre que les résultats sont souvent incertains. En effet, la stabilité de l'intégration, voire de l'assimilation n'est souvent qu'une apparence. L'histoire abonde d'exemples montrant des minorités culturelles qui, se croyant acceptées, intégrées voire assimilées, sont brusquement mise au banc de la société et persécutées.

La confrontation avec la « rétraction » identitaire actuelle et la tyrannie des identités (cf. les ouvrages d'Eric Zemour ou de P. Finkelkraut, et les stratégies du  Front National) me conduit à penser que le « spectre » qui hante le monde n’est pas nécessairement celui de l’uniformisation culturelle mais bien plutôt celui d’une "balkanisation" des identités et que la "re-tribalisation" des sociétés gagne sur de multiples fronts! Les fondamentalismes religieux ne sont d’ailleurs pas les seuls à proliférer, les délires ethniques les accompagnent  souvent et même à l’intérieur de nos sociétés occidentales pourtant pacifiées, les revendications prennent de plus en plus la forme de revendications identitaires et communautaires. Mon travail intellectuel a pour but essentiel de lutter contre cette idéologie identitaire en essayant d’interroger l’idée qu’il ne peut exister « d’identité » naturelle qui s’imposerait par la force des choses. Chaque « identité » est une construction culturelle, politique et idéologique fondée sur l’échange : du moins c’est ce que je voudrais proposer à la réflexion. Ce qui implique au moins deux idées importantes: il n’y a pas de culture en soi ; une culture est toujours une représentation qu’un groupe humain se donne pour exister même si un ensemble disséminé de traits est plus particulièrement mobilisé dans certaines circonstances politiques en fonction de certaines situations.

La seconde idée? Une nouvelle problématisation des rapports entre les cultures est possible. Le mot « métis », comme on le sait, désigne ordinairement des enfants nés d’une division ethnique clairement tranchée. Mais le métissage peut être aussi défini comme un état de culture, un univers mental lié à certains milieux sociaux ou familiaux et le plus souvent à des choix faits dans ces milieux et familles, à l’expérience de l’échange culturel et du voyage. Le métissage en effet porte au « patchwork » des identités : toute culture est ainsi faite de brouillages, de métissages, d’échanges qui se saisissent de certaines composantes de la culture dominante en en transformant souvent leur sens symbolique. Les peuples divers qui composent le monde ne font donc pas que se combattre, ils se rencontrent, ils se mélangent, ils échangent, ils se traduisent. Le métissage encourage ainsi une vision multi phonique du monde et rend ainsi sensible les multiples fibres dont une culture se tisse et ce faisant nous presse de penser par delà les frontières en nous rappelant le métis qui est en nous mêmes.

  


- Quelqu'un a dit que si la haine pourrait être convertie en énergie, l'humanité n'aurait pas besoin de pétrole ou d'autres ressources pour fonctionner. Comment pourrait-on lutter contre ses forces destructrices? Comment apprivoiser la haine des gens? Comment pourrait-on adapter les moyens de communication entre les différentes cultures/civilisations pour avoir plus de consensus et moins de conflits (n’importe quelle soit la forme de ces conflits)?


Le problème est que ce sont les valeurs culturelles qui sont à la base de notre perception d'autrui. Ces valeurs culturelles sont transmises à travers le phénomène de socialisation auquel chacun de nous est soumis et qui nous conduit à ignorer que "ce qui va de soi" est, en fait, une construction arbitraire du monde, un ensemble cohérent mais non universel. Le regard que nous portons sur l’autre se fonde ainsi presque exclusivement sur les seules références culturelles. La "norme" est celle des valeurs culturelles auxquelles nous nous sommes identifiées. La conséquence directe est qu’il est impossible de voir d’une façon objective la réalité de l’autre et réciproquement.


Mais qu'est ce qu'une culture ? Une façon particulière d’occuper un espace public et de proposer symboliquement des représentations, des idées, des faits vécus, des mythes, des images, etc. Cette dimension culturelle ou dimension symbolique possède à la fois un contenu personnel (notre histoire de vie, nos expériences, nos savoirs) et un contenu collectif (les normes, les croyances, les valeurs, les mythes partagés par un groupe de personnes vivant en collectivité dans un même temps historique). Plus ces contenus comportent des références communes aux interlocuteurs en présence, plus il y a de probabilité que la communication soit facilitée et serve à accroître leur niveau d’intersubjectivité. Il y a ainsi dans tout rapport avec autrui, d’abord les mots et ce qu’ils expriment et disent. mais aussi les symboles divers (vêtements, parures, gestes) qui constituent autant de porteurs de signification dont le but principal est d’assurer entre tous les acteurs de la communication, une communication régulatrice en vue d’atteindre avec autrui une sorte de communauté d’idées et de sentiments. On peut comprendre alors que dialoguer constitue au sens propre une découverte de nous même à travers la découverte d’autrui : il s’agit bien d’une aventure.

 

On comprend aussi que l’altérité n’est pas un phénomène objectif qu’on pourrait décrire mais se présente comme un « certain rapport », essentiellement dynamique, entre deux entités qui se donnent mutuellement un sens. Ce qui communique ce ne sont ni des cultures ni des identités mais des personnes qui véhiculent ou médiatisent des rapports entre cultures et/ou identités. C’est pourquoi par communication interculturelle, il faut bien entendre d’abord les relations qui s’établissent entre personnes et groupes appartenant a des cultures différentes. C’est ce fait relationnel qui fonde véritablement l’interculturel même s’il entraîne avec lui tout un arrière plan de représentations, de valeurs, de codes, de styles de vie ou encore de modes de penser propre à chaque culture. L’interculturel présuppose bien une interaction dans et à travers laquelle deux entités se constituent autant qu’elles communiquent.

 


- Je vous prie d’avoir l’amabilité d’expliquer aux lecteurs de SINTEZA les particularités de la publication CHARLIE HEBDO et aussi la culture de la presse de satire et de la caricature en France. Comme fin connaisseur de l’Occident, mais aussi de l’islam, quelle est votre opinion sur le discours de Charlie Hebdo en termes de liberté de l’expression? (Quelques publications des Etats Unis, par exemple – New York Times, AP etc. – ont refuse a publier les caricatures de Charlie Hebdo expliquant que les règles internes leur interdisent de publier des images qui violent les sensibilités religieuses des lecteurs. Wall Street Journal a publié quelques dessins animés, mais aucun qui représente le prophète)

 

J'ai déjà répondu en partie à cette question plus haut. La France a été marquée dans son histoire intellectuelle par la dimension critique. Cette spécificité française à laquelle on est confronté dès la petite enfance n'est pas reconnue ni partagée par d'autres cultures. Nous devrions certes y faire plus attention pour éviter de blesser nos interlocuteurs.

Ne pas oublier cependant que c'est la Révolution française de 1789 qui a supprimé le délit de blasphème dans la loi! Pour autant,  je pense qu'on peut se moquer de tout : cela évite en premier lieu de se prendre trop au sérieux, ce qui est une bonne chose! Il faut aussi répéter qu'être athée n'est pas une anomalie et que la laïcité signifie bien le respect des croyances de chacun. Ce respect essentiel n'est pas reconnu dans les pays à dominante religieuse et c'est dommage! On voudrait nous faire croire que le religieux est "naturel" et par conséquent qu'il doit être hors discours critique! Je ne partage pas ce point de vue, bien au contraire.

Ne pas oublier non plus que Charlie ne faisait pas que s'attaquer à l'islam : nombre des ses dessins se sont aussi attaqués au christianisme ou au judaïsme. Cependant leur propos n'était pas de stigmatiser telle ou telle religion mais de dénoncer "les cons" qui,  au nom d'un idéal de religion falsifié, en venaient à s'autoriser des actions injustifiables.

 

 

 

______________________________________________

MERCI à Michel BOURSE de m'avoir communiqué cet article.

MERCI DE VOTRE PARTICIPATION AU DEBAT

Vous pouvez intervenir en cliquant ci-dessous sur "commentaire"

MahomMiroir

 

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 08:22

Quelle est cette question où certains veulent voir un problème (ce qui n'est pas la même chose)?

Voici la vidéo d'un débat pour éclairer les postures et les positions:

 

Emission "28 minutes" sur Arte le 30 septembre 2014 (donc... 28' de vidéo)

Débat entre

Edwy Plenel, journaliste, directeur de MEDIAPART

et

Alain Finkielkraut, écrivain, académicien

autour de l'identité française et l'Islam.

 

 

J'ai lu les deux livres indiqués, Alain FINKELKRAUT, "L'identité malheureuse" et Edwy PLENEL, "Pour les musulmans". Mon avis importe peu, je n'ai aucune légitimité pour prendre publiquement la parole.

Pour moi, il est impossible de vivre dans la haine, sauf à y trouver un plaisir tel -bien visiblement hystérique- que l'économie libidinale du Sujet s'y trouve enrichie davantage que par le plaisir que procure la pensée complexe.

La vision de la complexité, telle que décrite par exemple par Edgar MORIN, est la mienne et je la partage avec Edwy PLENEL.

 

 

Je rappelle que vos commentaires sont les bienvenus, mais... phénomène curieux : mes quelques "posts" sur les questions vives contemporaines ne provoquent AUCUNE réaction des lecteurs...

Pour ma part, je m'efforce de donner des informations, sans travestir mes idées car nul d'entre nous ne peut prétendre à l'objectivité, mais je veille à ne pas faire de ce blog une tribune assourdissante et partiale.

L'autocensure fonctionne donc bien dans ce pays, c'est un des signes du recul de la République démocratique.

 

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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 10:44

 

« Le manifeste de Beyrouth », par Samir Frangié, Farès Souaid, Mohamed Hussein Chamseddine et Saoud Al-Maoula, Le Monde, 22 juin 2004. Ce texte qui circule au Liban a été approuvé au moment de sa publication par 2000 personnes.


 

 

Nous avons connu toutes les guerres et cru que la violence pouvait être un levier du changement. Nous avons vécu toutes les ségrégations et nous avons imposé et subi toutes les purifications communautaires. Nous avons fait de la religion une identité milicienne et avons rejeté toutes les valeurs dont elle était porteuse. Nous avons recherché l’aide des autres dans les guerres et avons, de ce fait, abdiqué notre indépendance et notre souveraineté. Nous avons été finalement réduits au rang de simples instruments dans « la guerre des autres » sur le sol de notre patrie. Nous reconnaissons notre responsabilité commune, chrétiens et musulmans, dans la guerre qui a ravagé notre pays, et nous estimons que cette reconnaissance est la condition essentielle pour tirer les leçons de la guerre et ne pas être condamnés à répéter nos erreurs. Nous avons retenu la leçon même si elle nous a été enseignée au prix de nombreuses morts et destructions.


Nous savons aujourd’hui que la violence n’entraîne que la destruction et la mort et que chrétiens et musulmans sont désormais liés par un même destin, pour le meilleur et pour le pire. Nous pouvons en faire un destin d’ouverture et d’avenir si nous réhabilitons le modèle de convivialité en le libérant des pesanteurs communautaires et des querelles politiciennes, si nous comprenons que l’ouverture à l’autre ne doit pas se limiter au voisinage ou à la simple coexistence, si nous savons gérer les différences en ayant recours au dialogue et au compromis et si nous faisons face aux courants extrémistes. Par contre, si nous restons prisonniers du passé et que nous nous opposons sur les priorités nationales sans voir leur complémentarité, nous pouvons en faire un destin de déchéance.


Nous savons que notre indépendance et notre souveraineté dépendent de notre volonté de rester unis et de créer un État dont l’existence ne soit plus tributaire des changements régionaux et dont le fonctionnement ne soit plus en permanence entravé par les rivalités communautaires. Nous ne voulons plus continuer d’accepter de vivre dans la honte d’un État qui ne respecte pas l’accord qui a mis fin à la guerre, qui ne respecte pas les lois qu’il édicte, qui n’a de cesse de dénigrer notre histoire nationale, qui, pour justifier la tutelle qui nous est imposée, proclame que nous sommes incapables de nous gouverner. Nous ne voulons plus de la honte d’un État corrompu dont le fondement principal est la peur dans laquelle il maintient les Libanais par rapport à eux-mêmes et par rapport aux autres. Nous, Libanais de toutes les confessions et de toutes les régions, estimons que le changement est désormais possible parce que nous sommes aujourd’hui plus forts qu’hier parce que nous avons décidé de compter sur nous-mêmes, parce que nous considérons que ce qui nous lie est beaucoup plus important que ce qui nous divise, parce que nous avons compris que seul le respect du droit nous rend égaux, parce que nous pensons que nous pouvons vivre ensemble égaux et différents. Notre expérience et notre influence via la diaspora nous donnent une chance de contribuer à sortir le monde arabe de la stagnation au moment ou la communauté internationale cesse de soutenir les régimes forts et saisi l’importance du modèle démocratique consensuel libanais.


Nous voulons dire à la Syrie que nous ne voulons pas la combattre, mais nous voulons retrouver notre droit à disposer de nous-mêmes. Nous sommes solidaire de la Syrie, mais cette solidarité ne peut se faire tant que le Liban n’est pas reconnu et continue d’être instrumentalisé. Nous voulons parvenir à un compromis historique avec la Syrie.


Nous voulons dire à nos frères palestiniens que nous avons définitivement tourné la page de la guerre dont nous avons tous été victimes. Seul un Liban indépendant et souverain peut les aider à obtenir la reconnaissance de leurs droits nationaux, facteur essentiel de stabilité pour le Liban. Nous rejetons l’exploitation qui est faite de la présence des réfugiés palestiniens au Liban et nous demandons l’octroi aux réfugiés de leurs droits humanitaires. L’État doit, en accord avec l’Autorité palestinienne, exercer sa pleine souveraineté sur les camps palestiniens du Liban et la création d’un État indépendant en Palestine contribuera grandement à régler le problème des réfugiés au Liban.


Nous voulons dire à nos frères arabes que l’arabité ne peut servir de base à une complémentarité entre les pays arabes que si elle se fonde sur le respect mutuel, la reconnaissance du pluralisme, la liberté et l’ouverture sur le monde. Il faut prendre position contre les logiques d’affrontement. Nous nous sommes opposés à la guerre en Irak et nous œuvrons à la création d’un monde plus juste et équilibré. Nous refusons toute tutelle extérieure qui s’exercerait au nom des valeurs de la démocratie et des principes des droits de l’homme. Nous rejetons également toute vision qui, au nom du fondamentalisme religieux, s’approprie la vérité et divise le monde en deux camps antagonistes.


Parmi les signataires de ce texte figurent des personnes qui ont participé à la guerre du Liban, dans un camp ou dans l’autre, mais en ont tiré les enseignements, et d’autres qui ont subi la guerre sans la faire et qui sont aujourd’hui profondément déçues par les occasions manquées de l’après-guerre. Ce texte s’adresse à tous nos concitoyens pour engager avec eux un dialogue sur les thèmes contenus dans cet appel, et parvenir à lancer une nouvelle dynamique pour jeter les bases d’un « autre Liban » dans le cadre d’un « autre monde arabe ».

 

Opposant chrétien maronite à la présence syrienne au Liban, Samir Frangié est l’instigateur de l’appel de Beyrouth.

Farès Souaid est député libanais chrétien maronite et porte-parole de l’association Solide (Soutien aux Libanais détenus et exilés). Il est l’un des rédacteur de l’appel de Beyrouth.

Mohamed Hussein Chamseddine est membre du Congrès permanent du dialogue libanais. Il est l’un des rédacteur de l’appel de Beyrouth.

Saoud Al-Maoula est membre du Comité arabe de dialogue islamo-chrétien, tous deux musulmans chiites. Il est l’un des rédacteur de l’appel de Beyrouth.

 

 

(Sources: Le Monde, Réseau Voltaire, Manifeste des Libertés)

Le Monde (France)
Diffusé à 400 000 exemplaires, Le Monde est le quotidien phare d’un vaste groupe de presse français comprenant des quotidiens régionaux (Le Midi libre, L’Aveyronnais, etc.), des revues catholiques (Télérama, la Vie, Le Monde des religions, etc.), des revues culturelles (Notre histoire, Les Cahiers du cinéma, etc.), des publications pour le jeunesse (Papoum, P’tites princesses, etc.) et des revues de politique étrangère (Le Monde diplomatique, Courrier international).

 

 

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 09:04

Mahana Delacour propose des "nourritures sculptées".

Les sources de son inspiration sont multiples : cultures asiatiques, musiques, oeuvres peintes, dessins, volumes...

 

La relation entre la scénographie, le "offrir-là" excitant nos papilles, et la (re)présentation de ces nourritures est au coeur de sa recherche artistique.

 

C'est beau, c'est bon, c'est jouissif, c'est consommable en sérénité, tout ce qu'il faut, quoi...!

 

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Fruits de Bali délicieux, le quotidien ordinaire redessiné par m-a-h-a-n-a (photo MahanaDelacour©)

 

 

En voir davantage sur le blog de m-a-h-a-n-a

 


 

Mahana Delacour, artiste du groupe "YouAreHere2014"


Qu'est-ce que "YouAreHere2014"?

You Are Here is an experience-based art project that will take place at Kingsgate Gallery and independent shops, cafes and public spaces along Kilburn High Road during October and November 2014.
 
Organised by Camden Arts Centre’s Front of House Volunteers, this project is supported by Camden Arts Centre and Kingsgate Workshops Trust and aims to develop and nurture young artists, curators, art educators and administrators of the future.
En voir davantage sur YouAreHere2014
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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 15:30

La théorie du genre, ça n'existe pas.

Cela existe seulement pour ses détracteurs! Absurdité que celle de contester quelque chose qui n'existe pas... pour le faire exister malgré tout!

 

Ce que j'en pense:
Il est clair que la "théorie du genre" est une perversité intellectuelle des ultraconservateurs étatsuniens, reprise en coeur par les intégristes catholiques européens...

 

 

Voici un résumé en quelques lignes, donné par le journal Le Monde (26 février 2014)

 

1. La théorie du genre, c'est quoi ?

La « théorie du genre » est avant tout une invention de ses détracteurs.

Ce qui existe, ce sont les « gender studies », venues des Etats-Unis. Un champ d'études universitaires né dans les années 1960, en parallèle du développement du féminisme. Son propos : étudier la manière dont la société associe des rôles à chaque sexe. Exemples : « pourquoi les hommes font moins le ménage », « pourquoi une femme mécanicienne ou un homme sage-femme paraissent insolites », etc.

L'un des postulats de ces études était de distinguer le « genre », la construction sociale (les filles aiment le rose, les garçons le bleu) du sexe physique. D'où le recours croissant à l'utilisation du terme « genre », par exemple pour dénoncer les « stéréotypes de genre ».

Ce qui n'existe pas : Mais il n'y a pas de « théorie » au sens idéologique ou scientifique du terme, pas de programme secret ou caché visant à « manipuler » les enfants.

 

2. Pourquoi dit-on qu'elle est « enseignée dans les écoles » ?

La dénonciation des dangers de la « théorie du genre » n'est pas neuve : dès 2011, la sphère catholique traditionaliste partait en guerre contre l'introduction de cette notion de « genres » dans les manuels de Sciences de la vie et de la Terre (SVT) de première. En réalité, ce fantasme d'une « idéologie du genre » est venu des Etats-Unis et des groupes ultraconservateurs, qui ont inspiré leurs homologues en Europe. En réalité, la loi prévoit l'enseignement de l'égalité homme-femme à l'école depuis 1989, et des cours d'éducation sexuelle sont prévus à l'école depuis une loi de 2001.

On n'enseigne donc aucune « théorie du genre » dans les écoles, même si des réflexions sont menées autour des questions d'égalité homme-femme par nombre d'acteurs, dont les syndicats. Les « anti » citent ainsi régulièrement une étude du syndicat Snuipp sur la question, en général sans préciser qu'il s'agit d'une réflexion syndicale et pas du programme officiel.

 

3. Qu'est ce que les « ABCD de l'égalité » ?

C'est la nouveauté de l'année 2013 : l'éducation nationale teste, dans 600 classes de 275 écoles, de la maternelle au CM2, des séquences pédagogiques sur les questions d'égalité homme-femme, les « ABCD de l'égalité ». Ils ne parlent pas de sexualité et donc encore moins d'homosexualité. Ils consistent en des séries d'exercices et d'activités destinés à interroger sur les rôles masculin et féminin en société : pourquoi les filles jouent à la poupée et les garçons au ballon, etc.

 

 

 

Voici en 1'58" la réponse de Najat Vallaud-Belkacem —vous savez..., la "provocation"!—, à l'accusation d'être une "idéologue de la théorie du genre" (déclaré ce jeudi 4 septembre par Henri Guaino):

 

 

 

 

Pour approfondir si vous le souhaitez (Le Monde):

Cinq intox sur la « théorie du genre »

Masculin-féminin : cinq idées reçues sur les études de genre

L' « ABCD de l'égalité », au cœur de la polémique sur la « théorie du genre »

 

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 08:39

 

Un montage de deux minutes pour commencer septembre 2014, une vidéo réalisée par des étudiants.

 

En le regardant à différentes reprises, voyons-nous des images différentes?

 

 

 

L'histoire des événements connus de l'Humanité (2'10"):

 

 

 

Source : http://marcbrecy.perso.neuf.fr/history.html

 

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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 07:56

40 ans dédiés à la formation, en ce jour anniversaire, cela se fête!


Voici une vidéo empruntée en exemple à un site qui offre des centaines de petites démonstrations utiles, du même genre pratique...

Ce n'est pas de la formation car il faut se débrouiller seul pour comprendre, mais c'est instructif, drôle et sympathique!


"Attendez-vous à savoir comment on enfile un suppositoire... La majorité de mes chers auditeurs et de mes très chères auditrices vont apprendre quelque chose " aurait dit Geneviève Tabouis (1892-1985)

 

A vos commentaires, ensuite!

 

 

 

Source : l'excellent site PRATIKS

 

 

 

En hommage à Geneviève TABOUIS, en hommage à toute connaissance bien digérée: 

Le Sommet de Dublin par Geneviève Tabouis (RTL, 2 décembre 1975)

Les discussions sont tendues lors du sommet européen de Dublin les 10 et 11 mars 1975. Le Royaume-Uni s'oppose aux huit autres membres des Communautés européennes en demandant la renégociation de ses conditions d'adhésion.
Le Sommet de Dublin par Geneviève Tabouis (RTL, 2 décembre 1975)
Cliquer sur les photos ou ici, pour entendre (3'40")
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D'autres "nouvelles de demain" de Geneviève Tabouis? (38 secondes)

 

 

 

 

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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 17:24

L'iranienne Maryam Mirzakhani reçoit la médaille Fields, "le prix Nobel" des mathématiques.

 

 

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Tout le monde en parle (cliquer pour voir les sites),

même ceux qui n'auraient pas voulu...

 

 

 

Un commentaire?


Mon choix:

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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 08:55

VIDEO LIVE - Quand Rosetta rencontre sa comète

Dans trois mois, Philaé se posera sur la comète Churyoumov-Guérasimenko (illustration).

© CNES - 2014 / DUCROS David

 

Au terme d’un voyage de 10 ans, la sonde spatiale européenne Rosetta doit se mettre ce mercredi en orbite autour de la comète Churyoumov-Guérasimenko.

 

Le chemin a été long : 6,5 milliards de kilomètres depuis 2004, depuis que la sonde européenne a été lancée par la fusée Ariane. Aujourd’hui, Rosetta commence la première partie d’une mission qui durera 18 mois : se rapprocher de la comète Churyoumov-Guérasimenko, réduire l’écart de 100 à 10 km, et calquer sa vitesse sur celle de sa compagne. Pendant ce temps, elle procèdera à la collecte de toutes les données possibles et imaginables.

 

►►► ALLER PLUS LOIN | La chimiste Christelle Briois, spécialiste de l’étude des comètes au sein du laboratoire du CNRS à Orléans, est l'invitée de Bruno Duvic à 7h50


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CE MERCREDI 6 AOUT 2014
EN DIRECT A PARTIR DE 10H : suivre la mise en orbite de Rosetta (jusqu'à 14h30)
Watch live streaming video from eurospaceagency at livestream.com

 

 

 

La trajectoire de la sonde Rosetta © CNES - 2014 / Michel Regy

 

 

11 novembre 2014 : 2e partie de la mission

C’est à cette date que la sonde larguera Philaé, un petit atterrisseur qui se posera sur la comète. C’est une première et ça risque de ne pas être une mince affaire. Xavier Pénaud, médiateur à la cité de l’espace : « Ce n’est pas facile de se poser sur une comète qui est en train de tourner autour du soleil, dont on ne connaît pas vraiment la texture de surface. Est-ce que c’est dur ? Est-ce qu’il y a une croûte ? »

 

Le défi de Philae, expliqué à Sohie Bécherel par Xavier Pénaud, de la cité de l’espace:

 

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Le but de la mission 

Approcher la comète, sur une longue période. Des passages près des comètes, à quelques centaines de kilomètres, ont déjà été effectués, mais à des vitesses bien supérieures, autour de 100.000 km/h. On ne pouvait l’observer que pendant quelques minutes.

 

Observer la matière de la comète, au fur et à mesure qu’elle s’approche du soleil. Pour comprendre notamment le processus du dégazage.

 

Essayer de découvrir des molécules complexes dans le sol de la comète. C’est Philae, qui est chargé d’étudier la composition chimique de la comète.

 

Les objectifs scientifiques, résumés par Philippe Gaudon, responsable de mission au CNES, le Centre National d’Etudes Spatiales.

 

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Pourquoi étudier les comètes ?

« On a compris que ce sont des indicateurs des origines de notre système solaire », explique Chantal Levasseur-Regourd, astrophysicienne, professeur honoraire à l’université Pierre et Marie Curie, et spécialiste des comètes.

 

Ce sont presque des fossiles. [..] Toutes ces comètes se sont formées à l’origine du système solaire et ont été stockées aux confins du système solaire.


 

 

 

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Source : site de FRANCE INTER, Oanna Favennec, Sophie Bécherel | 06 Août 2014 à 05:00
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