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Alban Berg
La bête sauvage et belle humaine*
LULU, opéra d’Alban Berg (1937)
«A travers ta robe je sens ton corps comme une musique. – Ces chevilles, c’est un Grazioso ; ce ronflement adorable : un Cantabile ; ces
genoux : un Misterioso ; et le puissant Andante de la volupté (..) Je chanterai tes louanges jusqu’à ce que tu en perdes l’esprit. »
(Alwa, fils du Docteur Schön, acte 1)
Si vous voulez enfin comprendre quelque chose à la musique dodécaphonique...
(Vous savez... le grand concert que vous faisiez à 10 ans sur le piano de votre tante!)
Si vous voulez vivre la grande expérience de la voix pure...
(Vous savez... Non!... Là ce ne sont pas des grosses dames ni des barbus bedonnants, c'est la sauvage LULU, « l’acrobate éblouissante** »)
Si vous n'écoutez pas France Musique le dimanche après-midi
(Ni jamais, d'ailleurs... car ça cause trop. Et puis ma cousine, elle n'écoute que Radio Classique),
Valérie CHEVALIER (Directrice de l’Administration Artistique de l’ONL – Opéra National de Lorraine) est invitée de l'émission de Benjamin François
en compagnie de Jean-Pierre DERRIEN, Michel Schneider et Omer Corlaix
pour débattre et comparer différentes versions de "LULU" deuxième et dernier opéra d'Alban Berg.
Lorsque j'ai assisté à LULU pour la première fois, j'ai pensé que jamais je n'en comprendrai une note, mélodie absente et qui paraît folle, désordonnée, totalement impossible à mémoriser.
Trop curieux, je me suis demandé comment est-il possible de supporter ne serait-ce que le premier acte (il y en a deux ou trois suivant les versions***) et même… la première scène!
Non que j'étais tombé dans le redoutable rejet de tout ce qui « ne vous plaît pas »... Mais que cela m’était littéralement inaudible.
Puis j'ai écouté les paroles. Poussé par la même curiosité de découvrir comment scénographes et metteurs-en-scène pouvaient oser en faire quoi que
ce soit, le visionnage de différentes interprétations se sont enchaînées, et peu à peu, j'ai découvert qu'elles m’apparaissaient "de mieux en mieux".
La spécialiste qui était à mes côtés me dit: "Si tu trouves chaque interprétation meilleure que la précédente, c'est parce que tu commences à comprendre et à entendre, ce n'est pas parce qu'elles seraient mieux interprétées...!"
J'ai alors retrouvé ce que chacun peut expérimenter pour la lecture d'un texte, pour la compréhension d'un geste, pour l'acquisition d'une compétence, pour la découverte d'un art: en répétant, en écoutant, en me laissant porter, en acceptant humblement de pénétrer ce monde dodécaphonique étrange, j'ai découvert un vrai plaisir, totalement nouveau. Quelque chose qui pousse à en entendre encore et encore, car ce n'est jamais fini, et que l'on ne souhaite pas que ça s'arrête.
Lorsque l'œuvre s'achève sur des paroles sublimes (« In Ewigkeit ! » pour l’éternité !), vous avez soudain l'envie de recommencer, d'écouter une autre interprétation.
A la radio, bien entendu, l'image fait défaut, et LULU est avant tout une œuvre du théâtre vivant.
Je ne connais pas encore le contenu des débats de l'émission de dimanche, ni toutes les 6 versions explorées au cours de l’émission.
Quelques extraits vidéo
Christine Schäfer & David Kuebler Lulu duo d'amour final 2ème acte (extrait 5’59)
... A SUIVRE...
Notes
Gérard Delacour©, Navire Saint Nicolas, 9 décembre 2011
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L’âge est
chose curieuse, un point entre ce qui n’est plus et ce qui n’est pas et ne sera bientôt plus. Évidence insaisissable du temps, de la durée incompréhensible de la vie.
Donc ce qui se joue dans ces gâteaux éphémères est tout autre chose que la commémoration. Point de la naissance, dire la fin dans le début. Dire la continuité, tout se trouve dans ce moment sans marque, sans heure, même si on la connaît ou si elle est notée sur l’acte de naissance du bambin, papier ancien déjà qui atteste, d’une main qui s’est elle aussi arrêtée.
Joie de la présence, je vais regarder ce visage d’ami qui ne change pas, qui s’est transformé sans moi, sans lui, sans que nous y puissions quoi que ce soit. Soixante et dix ans, alliance de la sagesse de l’entrée en sexagénariat et de la solitude du gamin qui sort à peine de la première enfance…
Il y a bien les deux en toi, l’Homme qui a vécu, qui n’a pas tout dit, qui ne dira pas tout, et l’ado qui ne veut pas renoncer à ça… cet inachèvement indispensable pour vivre.
L’amitié vit de la proximité lointaine, oxymore qui, comme la clarté obscure, éclaire formidablement ce que nous ressentons, et ne se compare pas. Les Grecs y voyaient les deux parties de l’être primordial, pure chimère de l’esprit pour tenter d’exclure la solitude primordiale, et nier l’absence bien présente dans la question sans réponse.
L’anniversaire est chose curieuse, qui, « versus » chaque année, est bien au delà du compte exact, celui qu’on retient quand il est arrêté. Revenir comme un cercle qui avance, spirale bien connue qui ne dit rien de plus que son absence de début et de fin. Suspendu, te voilà à 60 ans et à 10 ans, éternellement dans les cœurs de tes proches, dont je suis, tu es ce double good man à la tête sans plafond, à l’équinoxe débarrassée des stupides équilibres, cet homme que tu es, tels les tziganes qui font de la musique de chambre avec, pour chambre, la voûte étoilée.
"Le sujet singulier" (photo G.Delacour)
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Quelques photos - Août 2011
<---- Nouvel album "AOUT 2011" (colonne de gauche)
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