Samedi 9 janvier 2010
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C'est Soulages qui le dit clairement: son oeuvre n'est pas sur la toile comme d'habitude, mais devant, dans l'espace du regardeur.
Pour y réussir, Soulages permet au spectateur unique et singulier, placé au point singulier de sa vision, d'inventer pour apprendre le tableau proposé, tel le Prince de la Renaissance, situé au
punctum de la perspective du décor construit pour lui seul.
Le tableau recréé à chaque regard entre ainsi dans le temps du regardeur que je suis.
Soulages sait nous faire entrer dans le temps de sa création, et cela est totalement différent de ma relation habituelle à la peinture.
Jusque là, je voyais sur l'aplat de la toile, figuré ou non, la perspective invisible des couches successives du temps de la création dont seule la dernière m'était visible, comme arrêtée dans cet
instant de contemplation. Comprendre le tableau, c'était devoir réinventer un chemin caché.
Soulages me propose de l'accompagner dans le temps de la création elle-même, le noir -qu'il appelle outrenoir- permettant de passer dans l'espace sacré du temps personnel -est sacré ce qui est
séparé de toute contingence- et paradoxal. Est paradoxal le retournement de l'espace vers le temps du regardeur, comme chez Baudrillard lorsque le Sujet devient objet regardé par l'Objet.
"La présence de la toile est liée à l'instant même" dit Soulages.
Il faut y aller voir!
Avant que ça ferme!
Exposition
SOULAGES
Le Centre Pompidou célèbre, par une importante rétrospective, l'œuvre du plus connu des peintres de la scène française actuelle, Pierre
Soulages.
L'exposition rassemble plus d'une centaine d'œuvres majeures créées de 1946 à aujourd'hui, manifestant la vitalité et la richesse d'un travail toujours en devenir.
Jusqu'au 8 mars 2010 /
Galerie 1 / Niveau 6 / Nocturne tous les jeudis jusqu à 23h.
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