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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 11:29

Je regarde ce qu'ils regardent. Un écran de chiffres brusquement animé puis ralenti, comme leurs pouls. Silence, café. 7 heures 30. Heureusement il fait clair, un peu soleil même ! "D-assistance", "Bachelard Génération Sport", "Les Bouchers Tricolores"..., des T-shirts qui passent, et moi qui suis en chemise et pull.

Un qui dénonce tout..., l'autre qui dit: "oui, oui !" et qui rigole. "Quoi?"... "C't'année, ça s'ra pas la plus mauvaise !?" "Derrière moi, y'a un réseau..." Le T-shirt passe. Dans le dos : "Les pros ont leur réseau, Réseau Pro, bois et matériaux". Un autre, artisan, a le mètre métallique à la ceinture et son T-shirt est tout blanc. Que des mecs, si ce n'est "moi-j'essuie-les-verres", une femme entre deux que le maquillage vieillit un peu, à moins que ce ne soit le contraire. Sur cette place de merde dans cette vie de merde. Centre des Finances Publiques, Banque Populaire, un boulanger-pâtissier à la boutique rutilante plastique, entrée-sortie à portes coulissantes, au lieu et place de l'ancienne petite pièce en longueur avec sa porte en bois toujours un peu coincée.

Jogging, elle entre et jette sa dernière bouffée de clope en tournant la tête vers la rue et se dirige vers le fond, avec sa feuille de Rapido. Les mecs commencent à partir, il est huit moins vingt. Ca se calme, le soleil pointe vraiment, vague musique de crin-crin mais d'où? Les mouches butinent d'invisibles reliefs sur les tables marronnasses ou par terre. Les camions font le tour de la statue barbue qui gêne le milieu de la place, voici une benne éclatante, on dirait une remorque de pompiers, ça va à la ferme du haut pour le grain anonyme milliardaire cloné. Un "M'sieurdame" de retraité chauvifiant et lunetteux, petite bouille sympa, short, chaussettes blanches et pompes à scratch -à cet âge on a mal aux pieds, et les lacets non merci !- Pourquoi pas le café chez lui?

Le sucre en poudre s'est généralisé, moins cher que les morceaux enveloppés, moi je les laisse ou j'hésite toujours à les mettre dans ma poche -ces petits paquets longs qui crissent entre les doigts-, pour emporter un peu de cette ambiance publique et collective, ce qui reste des lieux de rencontre mais sans partage. Vite avalé, "enr'voir" sur fond de tasses en faïence entrechoquées fracassantes dans le grand bac d'eau savonneuse, "Allez ! Enr'voir", "orvoir, Michel". Voilà pourquoi ça fait du bien, et c'est bientôt la fin de la semaine, on est vendredi, y a leuromillion ce soir -à défaut d'Europe culturelle-.

Ici la déco, c'est les banderoles PMU vertes. "Allez ! Enrevoir", "orvoir, bonne journée", "oui, merci", en marchant rapidement vers la porte ouverte du Café du Commerce, le seul ouvert à cette heure. Huit heures. La porte, ça laisse entrer les bribes d'aigus lancés par les deux copines qui passent et les fréquences basses des pots d'échappement troués, et aussi les huit coups de huit heures du clocher fortifié, derrière les restes de remparts dans lesquels on a installé les toilettes publiques. En grand nettoyage. Demain, c'est marché.

Et au vik-end, le parigot débarque pour acheter bio, vrai ou faux, et le saucission d'une Auvergne de Bretagne industrielle, et les treillis des "surplus US", sortis des cartons taïwanais. La famille rom, au nom allemand, achète désormais ses paniers d'osier en Europe centrale, car "la mère a mal aux mains" et "le jonc est beaucoup trop cher". Les deux fils font de l'élagage et des gros travaux pour ceux qui ont confiance ou qui n'ont trouvé personne d'autre pour curer leur fosse. On a "voté français" ici aussi, dans cette province qui s'affiche républicaine dans le seul titre de son quotidien.

Le comptable cravaté entre accompagné -un client?-, son père était maçon-couvreur. Je ne vois que sa face rougeaude qui vient vers moi, et ses grosses lunettes. "Encore dans nos murs?..." -J'ai pas compris, je ne veux pas comprendre-. "Oui, merci, ça va", "ça va?!" "oui ça va très bien !" "Ah !..."

Etre étranger, partout, c'est le régime qu'imposent les possesseurs de terres. J'en sais davantage sur leur pays qu'eux-mêmes, mais qu'importe, c'est eux, c'est vrai, qui souffrent ici, hivers glauques et étés envahis par les "doryphores" habitants des villes et leurs belles bagnoles. "Encore..." Oui je suis là, plus pour longtemps et mon plaisir sera de découvrir d'autres paysages, tant que la force de voyager qu'on a dans les tripes...

Place de la République, un souvenir, quoi, et seulement trois euros, moins de la moitié de la même conso à Paname ! Je paye. "Allez ! J'y vais !..." Je ne parviens pas à dire au revoir. Et eux : "Enr'voir !" "Salut !" "Bon, ben..., alors..., orvoir". Tout ce qui ne se dira jamais.

 

 

Place du dictionnaire,  22 juin 2012.

 


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Published by Gérard Delacour - dans Publicat GDelacour(c)
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