Partager l'article ! Question: l'initiation implique-t-elle une démarche spirituelle?: La réponse est : l’initiation est spirituelle par essence. Et e ...
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La réponse est : l’initiation est spirituelle par essence. Et elle n’existe qu’en étant spirituelle. Et : Non, l’initiation ne force pas à une démarche spirituelle consciente.
Dans l’espace, elle est un passage physique, par la disparition-renaissance à soi-même, Phénix vécu collectivement pour participer de l’humaine condition.
Dans le temps, elle est cet avant-après qui fait disparaître l’instant dont la simple évocation renvoie à Dieu et à sa création. L’initiation n’a pas besoin de religion, elle n’a pas besoin de vous relier, de vous lier, car elle est mouvement, dynamique de votre devenir, elle n’a pas besoin de Présence forcée. Que vous-même face à vous-même. C’est pourquoi elle est spiritualité.
La question –le titre- a été posée mécaniquement –je ne veux pas dire bêtement- en utilisant une sémantique de l’efficacité, « impliquer », « démarche », mais qui ne concerne ni l’initiation ni aucune interrogation sur l’Etre. L’initiation n’est ni une action volontariste qui serait le produit d’une décision quelconque, ni un point de départ qui supposerait une arrivée, encore moins des niveaux physiques ou des degrés hiérarchiques de savoir ou de pouvoir.
L’initiation n’implique rien, que soi-même, au sens où je suis tout entier singulièrement concerné car je suis à la fois l’initié et l’initiant. Et je ne marche vers aucun but, je ne démarche pas une pensée quelconque, a fortiori aucune Vérité. Alors ?
Que peut-elle signifier –sémantique-, que peut-elle accompagner –égrégore-, que peut-elle générer –acacia-, cette initiation dont rien n’est écrit nulle part. Elle est dans le mouvement de ma vie, elle éclaire mes pensées, elle soutient mes réalités.
Et si le spiritus, inclus dans le mot, désigne l’esprit -dont nous ne savons rien-, c’est pour désigner la racine d’un travail intérieur, conscient ou non, qu’il n’est pas utile pour moi de renvoyer à une quelconque transcendance –une des façons d’évacuer la question-. Car il faut le dire, et le prendre comme socle de travail : il n’existe pas de réponse à la Question[1]. Puisque l’épithète –moteur homérique- de la « Question de l’Etre » est « Sans Réponse ».
L’initiation est le travail intérieur et collectif –alchimie- sur
D’où l’indispensable soutien de la part de la société qui vous procure la confiance en soi –laïcité-, ce qui est la même chose que la tolérance envers l’Autre. Possible ? Grâce à une garantie politique de la liberté absolue de conscience.
Etre initié-initiant ne se situe pas obligatoirement au plan de la conscience. Bien des humains y parviennent par des voies non discursives et non réflexives. Dire qu’il n’y a pas de « démarche » signifie qu’il n’y a pas de méthode. Il existe des règles qui peuvent se transmettre, c’st le compagnonnage. La spiritualité est coexistantielle à l’Homme, que le besoin en soit explicite ou pas. L’initiation aussi. C’est pourquoi il n’y a sans doute ni initiés, ni non-initiés, je préfère dire qu’il y a des consciences spirituelles et d’autres qui n’en ont pas l’usage explicite, consciemment ou pas.
La conscience de
Chacun sa voie au sens de la dynamique du désir d’Etre. Il n’y a pas de chemin, ni devant, ni derrière. Des passages, des envolées, des portes, des fenêtres, des ouvertures, des clartés, des nuées qui parfois, condensées, retombent en pluie sur Terre des Hommes, des amours, des paix, des attentes tranquilles, des sérénités. Il y a cette certitude commune d’être seul-e à Etre, par delà l’assemblage compté de votre existence, car l’Etre de chacun est une certitude éternelle, cela suffit.
Non qu’il y ait une quelconque continuité à croire et à attendre –toujours cette fameuse confusion entre voie de l’initiation et chemin repérable-, mais je veux dire que mon Etre, posé là dans sa vie actuelle (je parle donc je suis) est une posture éternelle non discutable. J’ai la certitude de mon Etre comme concept d’éternité.
Ainsi avons-nous l’initiation de deux choses, nous nous sommes initiés à deux certitudes : l’assemblage-désassemblage cellulaire, et l’éternité de notre Etre. Que cela n’intéresse pas directement tout le monde ne me gêne pas. Qu’il y ait des récupérateurs, au nom de « vérités révélées », doit être combattu, car ceux-là mélangent sciemment vie-mort du corps et éternité d’on ne sait quel fantôme spirituel, ce qui est détournement, irrespect et délire. Et profit, domination, usurpation.
Mon initiation, au sens où j’entre en harmonie avec ma solitude, porte en même temps toute sa spiritualité, au sens où je communie avec l’Humanitude, et je me sustente, je persiste dans l’Etre en ce mouvement initié de singularité plurielle.
Gérard Delacour, Saint Nicolas des Champs, 12 novembre 2007.