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12 juin 2007 2 12 /06 /juin /2007 17:59

Retrouver l'état d’équilibre, mourir.

 

 

Dissociation de ce qui a fait lien, en incessant déséquilibre unificateur de la personne singulière. Joie de la disparition du corps. Chant de la généralisation du défait porté à l’indéfini. Indifférence et indifférenciation de la chair et de la terre. Ma spiritualité est, à ce point précis, tendue entre jaillissement incessant de la vie et physique des mondes suspendus en tension, à distance, donnant juste l’image d’un espace sans contours ni durée.

 

 

Être passé par l’humanité, contingence et hasard des rencontres, peut se raconter. Je n’en veux pas aux religieux qui ont bien maltraité la tranquillité de l’Humanité, pour des jouissances aveugles, pour des pouvoirs vains.

 

 

Ceci ne peut ni se nier ni se rapporter à une quelconque invention d’au-delà : Je suis passé par l’Être, à propos de quoi il est légitime de parler d’infini.

 

 

Si l’humanité apparaît, bouge, émerge comme des montagnes poussées par le magma de leurs fondations, disparaît, change de planète  –quoi ? un saut de puce !- et laisse place à d’autres animaux sociaux, c’est bien l’Histoire et la praxis pour lesquelles il faut s’engager au quotidien  –juste pour éviter que religieux, militaires, dictateurs et juges nuisent-.

 

 

L’Humanitude me comprend comme je comprends l’Humanitude, tel un vaisseau qui m’emporte et que je pilote, que je connais. Je suis vivant, je m’exprime en liaisons signifiées et signifiantes, je rassemble et me rassemble avec Autrui pour aimer. Je suis mort, je suis retourné à l’inertie du vaisseau, je suis désassemblé pour faire assemblement d’autre chose, pour nourrir le singulier qui vit sur un pied, qui tente de passer sa tête par la fenêtre, pour rire.

 

 

Et la Question Sans Réponse virevolte telle une spirale de fin métal, ressort de notre beauté, dynamique de notre danse.

 

 

Souriez, paisibles, vous ne savez rien.

 

 

Vivez, vous rêvez bien.

 

 

Portez ombre et lumière qui sont reliées, ne cherchez pas l’Unique, c’est une des constructions de l’intelligence pour justifier la dominance.

 

 

Aimez tout, regardez tout, aimez vous, aimez moi, aimons nous, aimons nous d’aimer, c’est notre agir commun, portons le mal et le bien qui sont indissociés, ne cherchons pas la vérité qui n’a pas de contraire, axiomatique du mouvement et du déplacement, ce dont Je suis fait est multiple, hors du temps et du spatial.

 

 

Momentanément, je me suis assemblé singulièrement pour vous plaire et vous parler. Je décompose.

 

 

C’est-à-dire je compose, maintenant que je suis mort, le monde du vaisseau, si invisible, au centre de moi, autour de moi.

 

 

Certains savants, ceux qui parlent de sacré, ont bien tenté de me faire croire à la localisation de mon Être, à la boite crânienne de mon âme… et tutti quanti !

 

 

Être en Humanitude, c’est exister en plusieurs : le Sujet (de la phrase), certes, agit en son nom qu’il peut énoncer, et cependant, tout à la fois, il est Sujet parce qu’il est dans la conscience d’Autrui, en équilibre instable passionné, avec Autrui. C’est ainsi que je vous porte en moi, je porte en moi chacun d’entre vous, et chacun me pense en lui, Robinson n’existe pas plus que Dieu.

 

 

L’assemblage est harmonieux même lorsqu’il grince, un son parmi d’autres. Il faut raconter cela aux enfants qui connaissent très bien la mort, eux qui sortent tout juste du vaisseau, et moi qui y retourne. Il ne faut pas jeter le poisson rouge ni la petite souris grise dans la poubelle. Là , il en est aussi de l’Humanitude en émergence, afin de partager amour, équilibration de vie avec les animaux et les objets du monde.

 

 

L’instrument répond à la voix, qui répond au silence, et reprend la même phrase, jusqu’à l’apaisement.

 

 

Gérard Delacour , navire Saint Nicolas, 28 avril 2007.

 

 

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Published by Gérard Delacour - dans Publicat GDelacour(c)
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