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18 novembre 2005 5 18 /11 /novembre /2005 22:20

Le maître du maître

 

Monsieur Bernex était professeur de français au Petit Lycée Condorcet, rue d’Amsterdam à Paris. Ce devait être dans les années 1960 à 1962.

 

 

 

 

J’écrivais mes rédactions comme d’autres se prenaient pour Rimbaud. Autrement dit, je ne faisais rien de ce qu’il fallait faire pour être académiquement un bon lycéen. J’écrivais mes devoirs par plaisir.

 

 

 

 

Le maître me mettait des notes extrêmes, bien trop élevées, dont tous mes copains avaient compris qu’elles signifiaient son désarroi et son doute, ne sachant ni me déjuger publiquement, ni faire comprendre qu’il ne savait pas comment s’y prendre pour faire de moi un bon élève, chose d’autant plus curieuse qu’il y en avait de vrais ! Monsieur Bernex m’aimait comme je l’aimais, et il ne savait que faire pour s’en sortir.

 

 

 

 

Il m’envoya une lettre, longue de plusieurs pages, pour me faire part de ses conseils. « Peut-être un jour serez-vous écrivain, comme vous semblez vouloir l’être… Si vous choisissez cette voie difficile… Mais en attendant… Vous conformer… Moi-même, j’ai connu de telles contraintes lorsque j’écrivais des poèsies… Croyez votre vieux « didaskalos[1] »… Prenez exemple sur vos camarades… » et il m’en citait un qui était très consciencieux. Il me suppliait de ne pas continuer à lui remettre ma prose lyrique et décousue.

 

 

 

 

Lors d’une séance particulièrement passionnante, il cita ces mots du professeur de Picasso qui se serait mis à genoux devant Pablo dans l’atelier à Madrid et lui aurait dit, alors qu’il avait à peine quinze ans : « Maintenant, c’est toi mon maître ! ». Le malaise s’amplifia lorsqu’il s’aperçut que cela pouvait être interprêté par les plus sournois, qui ne se gênérent pas de le faire.

 

 

 

 

Ce professeur, qui était beaucoup critiqué par les meilleurs éléments de ce lycée qui le traitaient de « gâteux », m’a fait comprendre l’essentiel de la fine dialectique entre la liberté et la contrainte sociale, entre l’idée et la forme. En me respectant et en me plaignant tout à la fois, il me fit découvrir ce que devait être le combat permanent d’une vie d’homme décidé à s’exprimer au sein d’une société conventionnelle.

 

 

 

 

De grand professeur de français, pénétré des meilleurs auteurs, capable de citer de mémoire les vers des frontons du Palais de Chaillot, ces apostrophes si sublimes de Paul Valéry, il passa au statut de vieux magister blanchi dont l’autorité était bafouable, ce qui me consterna. Je faisais un amalgame entre sa mollesse et sa discipline, à cause de lui je quittais mon admiration pour les Lettres, je reniais de mes études tous les génies debout à chaque page de Lagarde et Michard et je crachais sur leurs outretombes…

 

 

 

 

Il mit un coup d’arrêt à ses difficultés et à mes divagations en rompant brusquement le charme.

 

 

 

 

La composition faite en classe, qu’il venait de nous rendre ce jour-là selon le rituel habituel qui le faisait commencer par les plus mauvaises notes, me fut jeté le premier sur mon pupitre, avec cette simple annotation en rouge sur la première page : « Pathos et galimatias ! ».

A partir de ce jour, je dus me mettre à travailler, et je me jurai de ne plus croire en l'admiration d'aucun précepteur.

 

 

                © Gérard Delacour

 

 

 


[1] Didaskalos, celui qui enseigne, le professeur. Il avait écrit ce mot en grec dans sa lettre, ce que je trouvais très chic et fort apprêté. N’étions-nous pas des bourgeois esthètes ?!

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Published by Gérard Delacour - dans Publicat GDelacour(c)
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