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"Les 8 portées de l'information"

Sur le repérage et l'extraction de l'information, du Savoir à la Connaissance
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"APPRENDRE COMME INVENTER, pour introduire le concept didactique d'insension"

Thèse de doctorat Sc. de l'Education - 2010
Résumé et téléchargement sur: 

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Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 17:49

 

 

Arvo-Part.png

Le site

 

Arvo Pärt, compositeur estonien.

Allez écouter des extraits

(malheureusement disponibles seulement en MP3)ArvoPart2.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Un beau cadeau :

"Lamentate, Hommage à Anish Kapoor et sa culture Marsyas", pour piano (Ralph Von Raat) et orchestre (dir. JoAnn Faleta, Netherlands Radio Chamber Philarm.), 2003, CD Naxos 8.572525P2011

 

ArvoPart1.jpg

Cela fait des années que je l'entends comme un des créateurs contemporains majeurs.

Profondeur, l'imprononçable de la musique.

 

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Par Gérard Delacour
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Samedi 10 décembre 2011 6 10 /12 /Déc /2011 17:02

AlbanBerg1885-1935
Alban Berg

 


La bête sauvage et belle humaine*

LULU, opéra d’Alban Berg (1937)LauraAikinZurich3

 

«A travers ta robe je sens ton corps comme une musique. – Ces chevilles, c’est un Grazioso ; ce ronflement adorable : un Cantabile ; ces genoux : un Misterioso ; et le puissant Andante de la volupté (..) Je chanterai tes louanges jusqu’à ce que tu en perdes l’esprit. »
(Alwa, fils du Docteur Schön, acte 1)

 

 

Si vous voulez enfin comprendre quelque chose à la musique dodécaphonique...

(Vous savez... le grand concert que vous faisiez à 10 ans sur le piano de votre tante!)

 

Si vous voulez vivre la grande expérience de la voix pure...

(Vous savez... Non!... Là ce ne sont pas des grosses dames ni des barbus bedonnants, c'est la sauvage LULU, « l’acrobate éblouissante** »)

 

Si vous n'écoutez pas France Musique le dimanche après-midi 

(Ni jamais, d'ailleurs... car ça cause trop. Et puis ma cousine, elle n'écoute que Radio Classique),

 

 

 

 

LuluSymphonie  

 

 

Valérie CHEVALIER (Directrice de l’Administration Artistique de l’ONL – Opéra National de Lorraine) est invitée de l'émission de Benjamin François

en compagnie de Jean-Pierre DERRIEN, Michel Schneider et Omer Corlaix

pour débattre et comparer différentes versions de "LULU" deuxième et dernier opéra d'Alban Berg.

 

 France Musique 14h à 16h
ce dimanche 11 décembre

Cliquez pour voir le détail de l'émission:

Présentation de l’émission, programmation musicale et présentation des intervenants

  Le Jardin des critiques
par Benjamin François
Alban BERG : Lulu - avec Valérie Chevalier, Jean-Pierre Derrien,
Omer Corlaix et Michel Schneider

 

Petitbon3Barcelone

 

Lorsque j'ai assisté à LULU pour la première fois, j'ai pensé que jamais je n'en comprendrai une note, mélodie absente et qui paraît folle, désordonnée, totalement impossible à mémoriser.

Trop curieux, je me suis demandé comment est-il possible de supporter ne serait-ce que le premier acte (il y en a deux ou trois suivant les versions***) et même… la première scène!

Non que j'étais tombé dans le redoutable rejet de tout ce qui « ne vous plaît pas »... Mais que cela m’était littéralement inaudible.


Petitbon Puis j'ai écouté les paroles. Poussé par la même curiosité de découvrir comment scénographes et metteurs-en-scène pouvaient oser en faire quoi que ce soit, le visionnage de différentes interprétations se sont enchaînées, et peu à peu, j'ai découvert qu'elles m’apparaissaient "de mieux en mieux".

La spécialiste qui était à mes côtés me dit: "Si tu trouves chaque interprétation meilleure que la précédente, c'est parce que tu commences à comprendre et à entendre, ce n'est pas parce qu'elles seraient mieux interprétées...!"

J'ai alors retrouvé ce que chacun peut expérimenter pour la lecture d'un texte, pour la compréhension d'un geste, pour l'acquisition d'une compétence, pour la découverte d'un art: en répétant, en écoutant, en me laissant porter, en acceptant humblement de pénétrer ce monde dodécaphonique étrange, j'ai découvert un vrai plaisir, totalement nouveau. Quelque chose qui pousse à en entendre encore et encore, car ce n'est jamais fini, et que l'on ne souhaite pas que ça s'arrête.

Lorsque l'œuvre s'achève sur des paroles sublimes (« In Ewigkeit ! » pour l’éternité !), vous avez soudain l'envie de recommencer, d'écouter une autre interprétation.

 

A la radio, bien entendu, l'image fait défaut, et LULU est avant tout une œuvre du théâtre vivant.

Je ne connais pas encore le contenu des débats de l'émission de dimanche, ni toutes les 6 versions explorées au cours de l’émission.

 


Lulux

 

 

 

  lulu3 HA Kultur Sal 507334b LauraAikin2Paris lisasaffer richardcoxon

 

 

Quelques extraits vidéo

Christine Schäfer & David Kuebler Lulu duo d'amour final 2ème acte (extrait 5’59)

Patricia Petibon in ''Lulu'' (extrait 34’32)

 

Patricia Petibon in ''Lulu'' (extrait 2’59)

 

  ... A SUIVRE...

 

Notes

  • et ** - Paroles du Dompteur dans le prologue.
  • *** Claude Samuel écrit : « Après la mort d’Alban, en 1935, Hélène Berg aurait proposé à Schoenberg puis à Webern – le maître et le compagnon – d’achever le troisième acte, ils se seraient récusés. Mais, au cours des quarante années qui suivront (elle décédera en 1976, à l’âge de quatre-vingt seize ans), elle fera en sorte que nul ne puisse consulter la partition et constater, en effet, que le troisième acte, avec quelques aménagements et compléments, ce dont se chargera habilement le compositeur autrichien Friedrich Cerha, était tout à fait jouable. Et la création d’une Lulu intégrale, le 24 février 1979, dans l’inoubliable mise en scène de Patrice Chéreau et sous la direction de Pierre Boulez, fut l’un des grands moments de l’histoire de Garnier sous l’ère Liebermann. »
    Il écrit aussi : « Quant à la partition, sur laquelle on glosa tant au départ parce que Berg y avait utilisé la technique schoenbergienne des douze sons, elle suit un mouvement d’époque : l’expressionnisme survolté, cousin germain du langage du premier Strauss et du jeune Schoenberg, mais avec d’extraordinaires raffinements d’écriture que seules peuvent révéler la lecture et l’étude approfondie de la partition. »
     

 

 

Gérard Delacour©, Navire Saint Nicolas, 9 décembre 2011

 

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Par Gérard Delacour
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Mardi 22 novembre 2011 2 22 /11 /Nov /2011 17:52

danielle-mitterrand-le-28-aout-2010-10323425qkkvf_2155.jpg Présidente de  la Fondation FRANCE LIBERTES

DROIT A L'EAU

DROIT DES PEUPLES

RECONSIDERER LA RICHESSE

 

 

 

 

 

 

Le mot d'ATTAC France

DMitt2.jpg "Danielle Mitterrand est décédée. Nous nous associons à la peine de ses proches, de nos amis de la fondation France Libertés et de tous ceux qui, en France et dans le monde, ont partagé jusqu'au bout ses combats, ses résistances, ses indignations. Nous n'oublions pas qu'elle fut associée aux grands moments du mouvement altermondialiste, dans le Chiapas près du sous-commandant Marcos, à Porto Alegre et dans les forums sociaux mondiaux. Elle a partagé avec nous, à l'occasion de plusieurs universités d'été, son combat pour la reconnaissance de l'accès à l'eau comme un droit humain fondamental. Nous aurons à cœur de poursuivre ce combat qu'elle incarnait comme femme libre, à la fois attentive, sensible et intraitable. Merci Danielle.

Attac France,
Paris le 22 novembre 2011"

 

 

 

FMITT.jpg

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Par Gérard Delacour
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Jeudi 17 novembre 2011 4 17 /11 /Nov /2011 17:40

Car Internet, c'est comme un avion, c'est seulement utile quand ça fonctionne bien.

Et Face de Bouc, c'est plein de boutons auxquels JE ne comprends RIEN.

De toutes façons, il faut des heures d'apprentissage et de préparation pour quelques minutes de vol!

 

 

Par Gérard Delacour
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Jeudi 10 novembre 2011 4 10 /11 /Nov /2011 11:51

Le 5 novembre, a eu lieu la finale du concours international Long-Thibaud-Crespin, au Théâtre du Chatelet.

Ecoutez ce superbe concert en cliquant ci-dessous sur le carré "ARTE Live Web":

 

crespin.png

 

Dernière extension en date du concours Long-Thibaud qui, depuis 1943 consacre les meilleurs jeunes pianistes et jeunes violonistes, le concours Long-Thibaud-Crespin récompense pour la première fois cette année les meilleurs jeunes interprètes vocaux d’art lyrique.

 

L’association du nom de Régine Crespin à ce concours à tout son sens : la cantatrice disparue en 2007 a elle-même été repérée au concours des plus belle voix de France après la guerre.

 

Après des épreuves de sélections dans 14 villes du monde, les finalistes s’affrontent au théâtre du Chatelet sous l’œil du jury présidé par le grand directeur Autrichien Alexander Pereira. Ils sont accompagnés par l’Orchestre national de France, dirigé par Bertrand de Billy.

Directeur artistique du concours : Didier de Cottignies, directeur artistique de l'Orchestre de Paris

Président du jury : Alexander Pereira, directeur du Festival de Salzbourg

Membres du jury :

  • Vincenzo de Vivo, directeur artistique du Teatro Comunale de Bologne et consultant artistique du Teatro Carlo Felice de Gênes, vice-président du jury 
  • Eva Wagner-Pasquier, directrice du Festival de Bayreuth
  • Dominique Meyer, directeur du Staatsoper de Vienne
  • Maria Cristina Mazzavillani Muti, fondatrice du Festival de Ravenne
  • Fortunato Ortombina, directeur artistique de la Fenice de Venise
  • Keiko Manabe, directrice artistique du Suntory Hall de Tokyo
  • Jonathan Friend, administrateur artistique du Metropolitan Opera de New York
  • Valérie Chevalier, directrice de l'administration artistique de l'Opéra National de Lorraine
  • Sophie de Lint, directrice de l'administration artistique de l'Opéra de Zurich
  • Bertrand de Billy, chef d'orchestre
  • Jean-Paul Scarpitta, surintendant de l'Opéra de Montpellier
  • Erna Metdepenninghen, journaliste, présidente d'honneur de l'Union de la Presse musicale belge.

 

Palmares :

 

- Premier Grand Prix, prix Régine Crespin : Kiwhan Sim

- Deuxième Grand Prix, prix de la Fondation Long-Thibaud-Crespin : Roman Burdenko

- Troisième Grand Prix, prix de la Ville de Nîmes : Ida Falk Windland

- Quatrième Prix, prix Groupe Henner : Marie-Adeline Henry

- Cinquième Prix, prix des Amis Long-Thibaud-Crespin : Marina Bucciarelli

- Sixième Prix, prix du Cercle Richard Wagner de Paris : Yulia Lezhneva

- Prix de Son Altesse sérénissime le Prince Albert II de Monaco, prix de la meilleure interprétation d'une oeuvre en langue française : Marie-Adeline Henry

- Prix du public, prix de la Banque transatlantique : Ida Falk Windland

- Prix de l'Orchestre national de France : Roman Burdenko

 

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Par Gérard Delacour
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Mardi 25 octobre 2011 2 25 /10 /Oct /2011 23:14

J'ai reçu ceci, écrit par une prof de Nancy.

Alors, comme j'y retrouve bien des émotions et des difficultés connues de moi, même si j'ai toujours puisé autre chose ailleurs, afin de trouver, de toutes les façons possibles, des qualités à mes élèves (grands, il est vrai, jeunes adultes et/ou adultes). Je n'en suis donc jamais arrivé personnellement à ce degré de dépression, de souffarnce, de torture "propre", qui ressemble, je le dis en passant, à ce qui se passe dans l'entreprise.

Dans les enseignements universitaires, j'ai commencé à découvrir une partie de la situation décrite dans le texte ci-dessous. Comme ma retraite est maigre, j'ai mordu mes lèvres, j'ai serré mes poings (oui, oui!) et j'y suis allé. Et j'ai arrêté, avant de me haïr moi-même d'être contraint de détester les étudiants, situation impossible, contraire à tous mes engagements, de toute ma vie. Je me suis écarté du danger.

A la première publication de ce texte, il m'a été -immédiatement- suggéré par un ami, que ce texte était "vraiment n'importe quoi!" et j'en suis renversé. Enseignant lui-même, cet ami a une longue expérience d'enseignement et de travaux pratiques en université, avec des populations diverses. Il est enthousiaste, tant mieux. Et il me signale le "lumineux article de Michel Serres dans LIBÉ" (sic), dont je ne préfère ne rien dire pour le moment.

Donc, pour tenter d'éclairer ce qui est en jeu, entre un témoignage d'une part, et la déclaration d'un "philosophe" contemporain pour un journal d'autre part, je publie ici les deux textes.

 

 

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TEXTE REÇU CE 26 OCTOBRE 2011

 

Le 19/10/2011

Aux journalistes, politiques, syndicalistes qui voudront bien se faire l’écho de la détresse, de la colère et non du “malaise” de notre profession. Par avance merci.

 


 

“Je le fais pour vous...” a dit notre collègue, Lise B. professeur de Béziers, qui, en proie à un désespoir absolu, s’est immolée dans la cour de son lycée.

Qui, “vous” ? Vous, chers élèves, dont je ne cherche pas à me faire aimer avant toute chose, car je veux rester sourde à la cote d’amour censée mesurer ma valeur au sein de la “communauté éducative”. Vous ne serez jamais, pour moi, “les gamins” dont il est question dans les salles des “profs”, car je ne serai jamais ni votre mère, ni votre copine. Mais savez-vous encore la différence entre un professeur, une mère et une copine ? Ce n’est pas un père trop souvent absent, irresponsable ou immature lui- même, très souvent votre meilleur copain, qui vous l’apprendra!

Oui, je continuerai à réclamer le silence en début de cours et à vous laisser debout tant qu’il ne sera pas de qualité. Ce n’est pas là volonté militariste de vous humilier, mais condition nécessaire à mon enseignement : délimitation d’un espace, la classe, où l’on doit entendre la parole d’autrui : celle des grands auteurs dont les textes que nous lisons font entendre la voix, respect de la mienne, simple passeuse de savoir, chargée de structurer votre... parole, afin que vous puissiez, à votre tour, vous faire entendre et être pris au sérieux, respect de la voix de vos camarades qui s’exercent à formuler leur pensée.

Mais veut-on encore vous apprendre à penser ?

Oui, je continuerai à faire la chasse aux portables et aux I-Pods en cours pour les mêmes raisons.

Oui, je sanctionnerai, autant que mes forces me le permettront – mais il ne faut préjuger de rien, l’usure gagne – vos retards systématiques, votre désinvolture, vos comportements égocentriques, insolents, agressifs et insultants, car je suis un être humain, nanti d’un système nerveux qui n’est pas à toute épreuve, mais conserve le sens de la dignité, de la mienne comme de la vôtre.

Non, je ne ferai pas de stage pour apprendre à “gérer les conflits” et mon propre stress, comme si des ficelles psycho-techniques pouvaient se substituer à la loi qui doit être appliquée, à l’ordre que l’institution doit avant tout garantir, afin de nous protéger vous et moi contre tout acte de violence verbale ou physique, condition sine qua non pour commencer à pouvoir travailler. Non, le “prof” n’est pas un outil qu’on doit rendre plus performant pour vous mater, vous manipuler ou vous séduire.

Non, je ne négocierai pas mes notes, malgré les pressions : celles de l’administration qui sait si bien faire porter la responsabilité d’une moyenne de classe trop basse au professeur, toujours trop exigeant et trop sévère ; celle de nos inspecteurs qui nous “invitent à l’indulgence” dans les commissions d’harmonisation du Brevet et du Bac et nous enjoignent de revenir sur les copies aux notes trop basses ; celles de vos parents qui, dans leur grande majorité, s’alarment à la première de vos faiblesses et me font savoir que “l’année dernière, ça marchait pourtant si bien avec M. Machin” (lequel n’hésitait pas, pour avoir la paix, à surnoter de la manière la plus démagogique qui soit) ; et celles que vous-mêmes savez si bien exercer sur les “adultes” d’aujourd’hui, plus prompts à laisser faire, à négocier des contrats, qu’à faire respecter des règles, sans faiblir – sachant qu’ils n’en tireront jamais aucune gratification immédiate – et qui semblent devenus incapables de supporter cette frustration inhérente à leur fonction d’enseignant et maintenant d’éducateur.
Non, je ne me transformerai pas en animatrice de MJC , pour ne pas “vous prendre la tête”, ou parce que apprendre et travailler vous “gave”.

Vous ?

Vous, chers collègues, broyés un peu plus chaque jour par une institution qui ne vous protège plus, en dépit de l’article 11 du code de la Fonction Publique qui est encore censé protéger le fonctionnaire contre les outrages ou délits exercés à son encontre dans l’exercice de ses fonctions.

Vous qui jonglez désespérément avec les impératifs de vos programmes qu’il vous faut boucler impérativement dans l’année, mais que l’on vous enjoint d’adapter à chacun de vos élèves dont les niveaux sont, d’une année sur l’autre, plus disparates au sein d’une même classe (puisque les plus perdus passent dans la classe supérieure “au bénéfice de l’âge” ou malgré l’avis des professeurs).

Vous qui vous efforcez de maintenir encore les apparences, alors que tout le système est fissuré ; vous qui direz au conseil de classe : “ Tout va très bien Madame la Marquise” ou “ Avec moi ça se passe bien”, alors que vous pouvez, sans guère vous tromper, annoncer en début d’année, qui sera reçu ou non au Brevet, car les jeux sont faits en septembre et que, pour l’essentiel, vos cours sont devenus très souvent une garderie culturelle où vous tentez de maintenir laborieusement une relative paix sociale, en limitant vos exigences, en surnotant, en renonçant un peu plus chaque jour à transmettre ce que vous avez reçu, car “l’enfant, au centre du système, doit construire lui-même son savoir”, choisir ses matières, ses options, pour un projet devenu essentiellement professionnel. Les valeurs humanistes qui vous ont structurés sont chaque jour un peu plus bafouées au sommet de l’Etat. Il s’agit maintenant d’évaluer des compétences à travers des grilles d’évaluation fabriquées par et pour l’entreprise, au niveau européen, compétences dites souvent transversales qui n’ont plus rien à voir avec l’acquisition de savoirs exigeants dans des disciplines bien précises. Le livret de compétences doit garantir “l’employabilité future” de ceux qui sortiront du système sans diplôme national reconnu et sans qualifications.

Vous, les professeurs d’Humanités (latin et grec) dont il est de bon ton de ridiculiser vos enseignements, que l’on s’est employé à reléguer très tôt ou très tard dans la journée du collégien ou du lycéen, de manière à faire chuter inexorablement les effectifs ; vous qui transmettez les fondements de notre culture et qu’on met en concurrence en 3ème avec l’option DP3, découverte de l’entreprise...

Vous qui enseignez une option que nos élèves-consommateurs peuvent essayer au gré de leur fantaisie et abandonner sur une simple lettre de parents qui obtiendra l’arrêt souhaité, pour peu que les notes de latin du chérubin ne lui fassent baisser sa moyenne.

Vous qui vous sentez responsables, voire coupables, du désintérêt que ces matières suscitent, vous à qui vos inspecteurs-formateurs suggèrent de rendre vos cours plus attractifs (sorties, jeux, Olympiades...) tout en vous sommant de vous conformer aux Instructions Officielles qui ne transigent pas avec les connaissances grammaticales
à acquérir. Vous dont les classes ne doivent jamais s’ennuyer ! Vous qui êtes, même aux yeux de vos collègues, le prof ringard qui persiste à enseigner des savoirs désuets et inutiles et qui ne devrait pas se plaindre... vu ses effectifs réduits.

Vous qui vieillissez, vous qui vous fatiguez plus vite, vous qui êtes maintenant une loque en fin de journée, lasse du bruit et des tensions incessantes, à qui le système demande désormais de rendre compte chaque jour, sur un cahier de textes numérique, de ce que vous avez fait en classe, heure par heure ; vous que Big Brother place ainsi sous le contrôle permanent de vos supérieurs et des parents d’élèves ; vous qui pourrez dorénavant recevoir chaque soir, chez vous, des mails d’élèves, ou de leurs parents, jugeant normal de vous interpeller par écrit et attendant bien sûr de vous la réponse rapide qui leur est due. Vous qu’on flique honteusement comme on ne le fait pour aucune profession. Vous à qui la société entière peut ainsi demander des comptes à tout moment ; vous qu’on livre à toutes les pressions aisément imaginables et qu’on place dans la situation de devoir vous justifier, de vous défendre sans cesse, car vous êtes devenu le fonctionnaire, bouc-émissaire par excellence, livré régulièrement en pâture à l’opinion publique.

Vous qui ne comprenez pas l’engouement aveugle, incompréhensible de vos jeunes collègues pour l’informatique, le numérique, censés séduire “nos nouveaux publics” et stimuler leur envie d’apprendre, alors qu’ils se lassent du gadget pédagogique comme ils se lassent si vite de tout dans un monde consumériste où le seul principe qui vaille est le “tout, tout de suite”, dans un tourbillon de désirs sans cesse renouvelés et toujours insatisfaits.

Vous qui en perdez le sommeil ; vous qui ne pouvez travailler avec ce couteau sous la gorge, vous qui tentez de reconstruire chaque soir une image acceptable de vous-même au travail avant de vous en remettre au somnifère ou à l’anxiolytique qui vous permettra, enfin, de dormir, car vous ne pouvez imaginer tenir vos classes demain sans ces heures de sommeil.

Vous qui travaillez en apnée entre ces périodes de vacances que tous vous envient et vous reprochent, ultimes bouées qui vous permettent de vous reconstituer avant de découvrir, à chaque rentrée, que la situation se détériore irrémédiablement et que vous êtes, vous, professeur, jeune ou vieux, en première ligne chaque jour, de moins en moins sûr de tenir, si une volonté politique ne rappelle pas, très vite à chacun (parent, élève, professeur) la place qui devrait être la sienne dans une institution laïque et républicaine, si elle ne vous rend pas de toute urgence votre dignité, votre autorité, et des conditions de travail et de salaire décentes.

Vous, parents, élèves, professeurs, qui espérez qu’on tirera une leçon du sacrifice de notre collègue...

Quelle leçon ? Telle est la question !


M.C. Perrin-Faivre, professeur de Lettres à Nancy


 

 

 

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ARTICLE - Michel Serres - Nouvel Obs

 

Petite Poucette, la génération mutante

Entretien

Philosophe et historien des sciences, Michel Serres réclame l’indulgence pour les jeunes, obligés de tout réinventer dans une société bouleversée par les nouvelles technologies.

72 commentaires

Par PASCALE NIVELLE

Michel Serres, mars 2010. (AFP)

Michel Serres, diplômé de l’Ecole navale et de Normale Sup, a visité le monde avant de l’expliquer à des générations d’étudiants. Historien des sciences et agrégé de philosophie, ancien compagnon de Michel Foucault, avec qui il a créé le Centre universitaire expérimental de Vincennes en 1968, il a suivi René Girard aux Etats-Unis, où il enseigne toujours, à plus de 80 ans. Ce prof baroudeur, académicien pas tout à fait comme les autres, scrute les transformations du monde et des hommes de son œil bleu et bienveillant. Son sujet de prédilection : la jeune génération, qui grandit dans un monde bouleversé, en proie à des changements comparables à ceux de la fin de l’Antiquité. La planète change, ils changent aussi, ont tout à réinventer. «Soyons indulgents avec eux, ce sont des mutants», implore Michel Serres, par ailleurs sévère sur sa génération et la suivante, qui laisseront les sociétés occidentales en friche. Entretien.

Vous annoncez qu’un «nouvel humain» est né. Qui est-il ?

Je le baptise Petite Poucette, pour sa capacité à envoyer des SMS avec son pouce. C’est l’écolier, l’étudiante d’aujourd’hui, qui vivent un tsunami tant le monde change autour d’eux. Nous connaissons actuellement une période d’immense basculement, comparable à la fin de l’Empire romain ou de la Renaissance.

Nos sociétés occidentales ont déjà vécu deux grandes révolutions : le passage de l’oral à l’écrit, puis de l’écrit à l’imprimé. La troisième est le passage de l’imprimé aux nouvelles technologies, tout aussi majeure. Chacune de ces révolutions s’est accompagnée de mutations politiques et sociales : lors du passage de l’oral à l’écrit s’est inventée la pédagogie, par exemple. Ce sont des périodes de crise aussi, comme celle que nous vivons aujourd’hui. La finance, la politique, l’école, l’Eglise… Citez-moi un domaine qui ne soit pas en crise ! Il n’y en a pas. Et tout repose sur la tête de Petite Poucette, car les institutions, complètement dépassées, ne suivent plus. Elle doit s’adapter à toute allure, beaucoup plus vite que ses parents et ses grands-parents. C’est une métamorphose !

Cette mutation, quand a-t-elle commencé ?

Pour moi, le grand tournant se situe dans les années 1965-1975, avec la coupure paysanne, quand la nature, notre mère, est devenue notre fille. En 1900, 70% de la population française travaillait la terre, ils ne sont plus que 1% aujourd’hui. L’espace vital a changé, et avec lui «l’être au monde», que les philosophes allemands comme Heidegger pensaient immuable. La campagne, lieu de dur travail, est devenue un lieu de vacances. Petite Poucette ne connaît que la nature arcadienne, c’est pour elle un terrain de loisirs et de tourisme dont elle doit se préoccuper. L’avenir de la planète, de l’environnement, du réchauffement climatique… tout est bousculé, menacé.

Prenons l’exemple du langage, toujours révélateur de la culture : il n’y a pas si longtemps, un candidat au concours de l’Ecole normale était interrogé sur un texte du XIXe siècle qui parlait de moissons et de labourage. Le malheureux ignorait tout le vocabulaire ! Nous ne pouvions pas le sanctionner, c’était un Petit Poucet qui ne connaissait que la ville. Mais ce n’est pas pour ça qu’il était moins bon que ceux des générations précédentes. Nous avons dû nous questionner sur ce qu’étaient le savoir et la transmission.

C’est la grande question, pour les parents et les enseignants : que transmettre entre générations ?

Déjà, Petit Poucet et Petite Poucette ne parlent plus ma langue. La leur est plus riche, je le constate à l’Académie française où, depuis Richelieu, on publie à peu près tous les quarante ans le dictionnaire de la langue française. Au siècle précédent, la différence entre deux éditions s’établissait à 4 000 ou 5 000 mots. Entre la plus récente et la prochaine, elle sera d’environ 30 000 mots. A ce rythme, nos successeurs seront très vite aussi loin de nous que nous le sommes du vieux français !

Cela vaut pour tous les domaines. A la génération précédente, un professeur de sciences à la Sorbonne transmettait presque 70% de ce qu’il avait appris sur les mêmes bancs vingt ou trente ans plus tôt. Elèves et enseignants vivaient dans le même monde. Aujourd’hui, 80% de ce qu’a appris ce professeur est obsolète. Et même pour les 20% qui restent, le professeur n’est plus indispensable, car on peut tout savoir sans sortir de chez soi ! Pour ma part, je trouve cela miraculeux. Quand j’ai un vers latin dans la tête, je tape quelques mots et tout arrive : le poème, l’Enéide, le livre IV… Imaginez le temps qu’il faudrait pour retrouver tout cela dans les livres ! Je ne mets plus les pieds en bibliothèque. L’université vit une crise terrible, car le savoir, accessible partout et immédiatement, n’a plus le même statut. Et donc les relations entre élèves et enseignants ont changé. Mais personnellement, cela ne m’inquiète pas. Car j’ai compris avec le temps, en quarante ans d’enseignement, qu’on ne transmet pas quelque chose, mais soi. C’est le seul conseil que je suis en mesure de donner à mes successeurs et même aux parents : soyez vous-mêmes ! Mais ce n’est pas facile d’être soi-même.

Vous dites que les institutions sont désuètes ?

Souvenez-vous de Domenech qui a échoué lamentablement à entraîner l’équipe de France pour le Mondial de foot. Il ne faut pas lui en vouloir. Il n’y a plus un prof, plus un chef de parti, plus un pape qui sache faire une équipe ! Domenech est en avance sur son temps ! Il faudrait de profondes réformes dans toutes les institutions, mais le problème, c’est que ceux qui les diligentent traînent encore dans la transition, formés par des modèles depuis longtemps évanouis.

Un exemple : on a construit la Grande Bibliothèque au moment où l’on inventait Internet ! Ces grandes tours sur la Seine me font penser à l’observatoire qu’avaient fait construire les maharajahs à côté de Delhi, alors que Galilée, exactement à la même époque, mettait au point la lunette astronomique. Aujourd’hui, il n’y a que des singes dans l’observatoire indien. Un jour, il n’y aura plus que des singes à la Grande Bibliothèque. Quant à la politique, c’est un grand chantier : il n’y a plus de partis, sinon des machines à faire élire des présidents, et même plus d’idéaux. Au XIXe siècle, on a inventé 1 000 systèmes politiques, des marxistes aux utopistes. Et puis plus rien, c’est bizarre non ? Il est vrai que ces systèmes ont engendré 150 millions de morts, entre le communisme, la Shoah et la bombe atomique, chose que Petite Poucette ne connaîtra pas, et tant mieux pour elle. Je pense profondément que le monde d’aujourd’hui, pour nous, Occidentaux, est meilleur. Mais la politique, on le voit, n’offre plus aucune réponse, elle est fermée pour cause d’inventaire. Ceci dit, moi non plus, je n’ai pas de réponses. Si je les avais, je serais un grand philosophe.

La seule façon d’aborder les conséquences de tous ces changements, c’est de suspendre son jugement. Les idéalistes voient un progrès, les grognons, une catastrophe. Pour moi, ce n’est ni bien ni mal, ni un progrès ni une catastrophe, c’est la réalité et il faut faire avec. Mais nous, adultes, sommes responsables de l’être nouveau dont je parle, et si je devais le faire, le portrait que je tracerais des adultes ne serait pas flatteur. Petite Poucette, il faut lui accorder beaucoup de bienveillance, car elle entre dans l’ère de l’individu, seul au monde. Pour moi, la solitude est la photographie du monde moderne, pourtant surpeuplé.

Les appartenances culturelles n’ont-elles pas pris de l’importance ?

Pendant des siècles, nous avons vécu d’appartenances, et c’est ce qui a provoqué bien des catastrophes. Nous étions gascons ou picards, catholiques ou juifs, riches ou pauvres, hommes ou femmes. Nous appartenions à une paroisse, une patrie, un sexe… En France, tous ces collectifs ont explosé, même si on voit apparaître des appartenances de quartier, des communautés autour du sport. Mais cela ne constitue pas les gens. Je suis fan de rugby et j’adore mon club d’Agen, mais cela reste du folklore, l’occasion de boire de bons coups avec de vrais amis… Quant aux intégrismes, religieux ou nationalistes, je les apparente aux dinosaures. Ma Petite Poucette a des amis musulmans, sud-américains, chinois, elle les fréquente en classe et sur Facebook, chez elle, partout dans le vaste monde. Pendant combien de temps lui fera-t-on encore chanter «qu’un sang impur abreuve nos sillons» ?

Que répondez-vous à ceux qui s’inquiètent de voir évoluer les jeunes dans l’univers virtuel des nouvelles technologies ?

Sur ce plan, Petite Poucette n’a rien à inventer, le virtuel est vieux comme le monde ! Ulysse et Don Quichotte étaient virtuels. Madame Bovary faisait l’amour virtuellement, et beaucoup mieux peut-être que la majorité de ses contemporains. Les nouvelles technologies ont accéléré le virtuel mais ne l’ont en aucun cas créé. La vraie nouveauté, c’est l’accès universel aux personnes avec Facebook, aux lieux avec le GPS et Google Earth, aux savoirs avec Wikipédia. Rendez-vous compte que la planète, l’humanité, la culture sont à la portée de chacun, quel progrès immense ! Nous habitons un nouvel espace… La Nouvelle-Zélande est ici, dans mon iPhone ! J’en suis encore tout ébloui !

Ce que l’on sait avec certitude, c’est que les nouvelles technologies n’activent pas les mêmes régions du cerveau que les livres. Il évolue, de la même façon qu’il avait révélé des capacités nouvelles lorsqu’on est passé de l’oral à l’écrit. Que foutaient nos neurones avant l’invention de l’écriture ? Les facultés cognitives et imaginatives ne sont pas stables chez l’homme, et c’est très intéressant. C’est en tout cas ma réponse aux vieux grognons qui accusent Petite Poucette de ne plus avoir de mémoire, ni d’esprit de synthèse. Ils jugent avec les facultés cognitives qui sont les leurs, sans admettre que le cerveau évolue physiquement.

L’espace, le travail, le savoir, la culture ont changé. Et le corps ?

Petite Poucette n’aura pas faim, pas soif, pas froid, sans doute jamais mal, ni même peur de la guerre sous nos latitudes. Et elle vivra cent ans. Comment peut-elle ressembler à ses ancêtres ? Ma génération a été formée pour la souffrance. La morale judéo-chrétienne, qu’on qualifie à tort de doloriste, nous préparait tout simplement à supporter la douleur, qui était inévitable et quotidienne. C’était ainsi depuis Epicure et les Stoïciens.

Savez-vous que Louis XIV, un homme pas ordinaire, a hurlé de douleur tous les jours de sa vie ? Il souffrait d’une fistule anale, qui n’a été opérée qu’au bout de trente ans. Son chirurgien s’est entraîné sur plus de 100 paysans avant… Aujourd’hui, c’est un coup de bistouri et huit jours d’antibiotiques. Je suis le dernier client de mon dentiste qui refuse les anesthésies, il n’en revient pas ! Ne plus souffrir, c’est un changement extraordinaire. Et puis, on est beaucoup plus beau aujourd’hui. Quand j’étais petit, les paysans étaient tous édentés à 50 ans ! Et pourquoi croyez-vous que nos aïeux faisaient l’amour habillés, dans le noir ? La morale, le puritanisme ? Rigolade ! Ils étaient horribles, tout simplement. Les corps couverts de pustules, de cicatrices, de boutons, ça ne pouvait pas faire envie. La fraise, cette collerette que portaient les nobles, servait à cacher les glandes qui éclataient à cause de la petite vérole ! Petite Poucette est jolie, elle peut se mettre toute nue, et son copain aussi. Quand on la prend en photo, elle dit «cheese», alors que ses arrière-grands-mères murmuraient «petite pomme d’api» pour cacher leurs dents gâtées.

Ce sont des anecdotes révélatrices. Car c’était au nom de la pudeur, et donc de la religion et de la morale, qu’on se cachait. Tout cela n’a plus cours. Je crois aussi que le fait d’être «choisi» lorsqu’on naît, à cause de la contraception, de l’avortement, est capital dans ce nouvel état du corps. Nous naissions à l’aveuglette et dans la douleur, eux sont attendus et entourés de mille soins. Cela ne produit pas les mêmes adultes.

L’individu nouveau a une très longue vie devant lui, cela change aussi la façon d’appréhender l’existence…

Une longue vie devant et aussi derrière lui. L’homme le plus cultivé du monde des générations précédentes, l’uomo di cultura, avait 10 000 ans de culture, plus un peu de préhistoire. Petite Poucette a derrière elle 15 milliards d’années, du big bang à l’homo sapiens, le Grand Récit n’est plus le même ! Et on est entrés dans l’ère de l’anthropocène et de l’hominescence, l’homme étant devenu l’acteur majeur du climat, des grands cycles de la nature. Savez-vous que la communauté humaine, aujourd’hui, produit autant de déchets que la Terre émet de sédiments par érosion naturelle. C’est vertigineux, non ? Je suis étonné que les philosophes d’aujourd’hui, surtout préoccupés par l’actualité et la politique, ne s’intéressent pas à ce bilan global. C’est pourtant le grand défi de l’Occident, s’adapter au monde qu’il a créé. Un beau sujet philosophique.

Crédit photo (édition journal papier): Jérôme Bonnet.

 

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Par Gérard Delacour
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Jeudi 22 septembre 2011 4 22 /09 /Sep /2011 11:12

Un premier prix (Greater Idaho Falls Science Fair, 26 avril 2011) à cet étudiant "very clever" qui vient de démontrer à quel point nous sommes pavlov-tiquement conditionnés... par une "junk science" (science merdique) et "spreading fear" (peur répandue) sur tout ce qui nous entoure.

Son projet était de faire signer d'urgence une pétition:

Pour le controle strict et l'élimination totale de la subsatnce chimique "dihydrogen monoxide"

car celle-ci:

- peut causer une sudation extrême et faire vomir,

- fait partie des composants majeurs des pluies acides,

- peut causer de terribles brûlures à l'état gazeux,

- peut tuer par inhalation accidentelle,

- contribue fortement à l'érosion des sols,

- diminue significativement l'efficacité des freins d'automobiles,

- a été trouvé dans les tumeurs de patients en phase terminale.

danger.gif

 

La demande pour signer la pétition a été présentée à 50 personnes. En voici le résultat:

- 43 personnes ont signé la pétition,

- 6 ne l'ont pas signée,

- 1 personne seulement a rigolé car elle savait qu'il s'agit du nom chimique de l'EAU (H2O)

 

La conclusion s'impose d'elle-même...

Le POISON, c'est l'ignorance et son usage par certains.

 

Source de cet article

 

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Par Gérard Delacour
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Jeudi 22 septembre 2011 4 22 /09 /Sep /2011 02:04

P1000129_4.jpgL’âge est chose curieuse, un point entre ce qui n’est plus et ce qui n’est pas et ne sera bientôt plus. Évidence insaisissable du temps, de la durée incompréhensible de la vie.

Donc ce qui se joue dans ces gâteaux éphémères est tout autre chose que la commémoration. Point de la naissance, dire la fin dans le début. Dire la continuité, tout se trouve dans ce moment sans marque, sans heure, même si on la connaît ou si elle est notée sur l’acte de naissance du bambin, papier ancien déjà qui atteste, d’une main qui s’est elle aussi arrêtée.

Joie de la présence, je vais regarder ce visage d’ami qui ne change pas, qui s’est transformé sans moi, sans lui, sans que nous y puissions quoi que ce soit. Soixante et dix ans, alliance de la sagesse de l’entrée en sexagénariat et de la solitude du gamin qui sort à peine de la première enfance…

Il y a bien les deux en toi, l’Homme qui a vécu, qui n’a pas tout dit, qui ne dira pas tout, et l’ado qui ne veut pas renoncer à ça… cet inachèvement indispensable pour vivre.

L’amitié vit de la proximité lointaine, oxymore qui, comme la clarté obscure, éclaire formidablement ce que nous ressentons, et ne se compare pas. Les Grecs y voyaient les deux parties de l’être primordial, pure chimère de l’esprit pour tenter d’exclure la solitude primordiale, et nier l’absence bien présente dans la question sans réponse.

L’anniversaire est chose curieuse, qui, « versus » chaque année, est bien au delà du compte exact, celui qu’on retient quand il est arrêté. Revenir comme un cercle qui avance, spirale bien connue qui ne dit rien de plus que son absence de début et de fin. Suspendu, te voilà à 60 ans et à 10 ans, éternellement dans les cœurs de tes proches, dont je suis, tu es ce double good man à la tête sans plafond, à l’équinoxe débarrassée des stupides équilibres, cet homme que tu es, tels les tziganes qui font de la musique de chambre avec, pour chambre, la voûte étoilée.

 

 

"Le sujet singulier" (photo G.Delacour)

 

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Par Gérard Delacour
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Dimanche 18 septembre 2011 7 18 /09 /Sep /2011 18:08

Première chose : en bas de l'image cliquez 1 fois sur les lettres bleues "HD" -> vous obtenez l'indication "HD OFF" qui disparaît d'elle-même,

puis cliquez au centre de l'image et admirez l'inspiration et le travail du photographe (3'08"):

 

This was filmed between 4th and 11th April 2011. I had the pleasure of visiting El Teide.
Spain´s highest mountain @(3718m) is one of the best places in the world to photograph the stars and is also the location of Teide Observatories, considered to be one of the world´s best observatories.

The goal was to capture the beautiful Milky Way galaxy along with one of the most amazing mountains I know El Teide. I have to say this was one of the most exhausting trips I have done. There was a lot of hiking at high altitudes and probably less than 10 hours of sleep in total for the whole week. Having been here 10-11 times before I had a long list of must-see locations I wanted to capture for this movie, but I am still not 100% used to carrying around so much gear required for time-lapse movies.

A large sandstorm hit the Sahara Desert on the 9th April (http://bit.ly/g3tsDW) and at approx 3am in the night the sandstorm hit me, making it nearly impossible to see the sky with my own eyes.

Interestingly enough my camera was set for a 5 hour sequence of the milky way during this time and I was sure my whole scene was ruined. To my surprise, my camera had managed to capture the sandstorm which was backlit by Grand Canary Island making it look like golden clouds. The Milky Way was shining through the clouds, making the stars sparkle in an interesting way. So if you ever wondered how the Milky Way would look through a Sahara sandstorm, look at 00:32.

Available in Digital Cinema 4k.

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Music by my friend: Ludovico Einaudi - "Nuvole bianche" with permission.
Please support the artist here:
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Thank you to my sponsors:
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http://www.dynamicperception.com/  (Best dolly in the world!)

 

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Par Gérard Delacour
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Vendredi 9 septembre 2011 5 09 /09 /Sep /2011 17:12

Comme vous n'allez pas y aller voir...

...je vous l'apporte ici, cette page de France Culture, en cette semaine d'événements autour du trentenaire de la mort de Jacques LACAN.

lacan1 LACAN, personne ne peut dire l'avoir connu. moi, je m'y suis reconnu et je m'y reconnais encore, depuis ces heures passées, place du Panthéon, à tenter d'entendre sa parole. Nous étions dérangés par le spectacle donné en salle, ses admiratrices allongées par terre devant la petite estrade, main tendue avec le micro tendu, et leurs premiers enregistreurs à K7, tel celui que j'avais installé dans l'intérieur de ma veste en 1968 pour enregistrer dans la rue.

Peut-être Jean OURY peut-il parler de LACAN. Et fort peu d'autres. François PERRIER aurait pu, mais il est mort.

Lacan, en traquant le discours de l'inconscient, a déclenché la haine, comme toujours. Lacan a démontré que la vérité est dans le singulier, c'est-à-dire dans le véritable qui se parle. C'est pourquoi la Parole c'est l'Autre. Et la Parole de l'analysant-analysé est désirée par l'analyste-désirant. Ça coince lorsque l'analyste devient désirable...

L'analyste permet la passe : passer ma vérité singulière.

De Jacques LACAN, j'en pense avant tout que c'était un homme libre.

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Disponible sur le site de l'INA : Jacques LACAN, Psychanalyse

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Source : France Culture

Spéciale Jacques Lacan

09.09.2011 - à 10:00

 

  Écouter l'émission 

avec des extraits sonores de Jacques LACAN 


Invité(s) :
Alain Vanier, psychanalyste, professeur à l’Université Paris Diderot
Anahit Dasseux Ter-Mesropian, psychanalyste
Danièle Brun, psychanalyste, professeur émérite à l'université Paris-Diderot. Elle est l'auteur de Mères Majuscules paru en janvier 2011 aux éditons Odile Jacob.
Jean Allouch, exerce la psychanalyse à Paris
Colette Soler, psychanalyste formée par Jacques Lacan, pratique et enseigne la psychanalyse à Paris
Ursula Renard, psychologue-psychanalyste
Alain Abelhauser, psychanalyste et professeur des Universités (psychopathologie clinique)

 

 

Lacan, grandeur et dissidence 

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>> Lacan, grandeur et dissidence (1)      |   Souvenirs du divan (2)


© Seuil/ Jerry Bauer

 Il y a trente ans, le 9 septembre 1981, Jacques Lacan s'éteignait à Paris après quatre-vingts années d'une existence à la fois riche et émaillée de controverses.

 

>>> Retrouvez toutes les émissions consacrées à Jacques Lacan sur l'antenne de France Culture :

- Les Matins d'été du 10 août dernier avec Jacques-Alain Miller ;

- dimanche 3 septembre,  portrait de Jacques Lacan dans Une vie, une oeuvre ;

- La Grande Table du 7 septembre ;

- vendredi 9 septembre :  Les Matins avec Jean-Claude Milner ; Les Nouveaux Chemins de la connaissance par Philippe Petit ; Hors-Champs avec Elisabeth Roudinesco.

- enfin, du 26 au 30 septembre, une semaine de Hors-Champs sur Lacan.


En dates et en concepts, retour, ici, sur cette célèbre figure de la psychanalyse avec, disséminées dans cette page, quelques interventions de Jean Oury, docteur en psychanalyse et ancien membre de l’Ecole freudienne de Paris, qui viennent éclairer le propos.

 

Une jeunesse turbulente

Jacques-Marie Emile Lacan naît au tout début du 20e siècle, le 13 avril 1901. Elevé par des parents catholiques dans un climat de grande religiosité, l’enfant se révèle vite despotique et vaniteux. Il découvre Spinoza alors qu'il n'est âgé que de 14 ans. Au collège Stanislas, il est initié à la critique de la religion par Jean Baruzi, son professeur de philosophie, tandis qu'à 20 ans, la lecture qu’il fait de Nietzsche achève de l'éloigner de la foi.

Au grand dam de sa famille - son père le voyait devenir moutardier - Lacan, qui a hésité à faire de la politique, commence des études de médecine à l'automne 1919. Le jeune homme rêve de se faire un nom. Pendant ses années estudiantines, il côtoie aussi bien les cercles surréalistes que maurrassiens, fréquentations qui le conduisent à s'interroger sur le langage et sa structure. Il affirmera plus tard : "L'inconscient est structuré comme un langage", puis "l’enfant à naître est déjà, de bout en bout, cerné dans ce hamac de langage qui le reçoit et en même temps l’emprisonne."

 

Des débuts remarqués

Lors de sa spécialisation en psychiatrie, Lacan suit les cours du psychiatre Gaétan Gatien de Clérambault. Elisabeth Roudinesco rapporte* qu'accusé par Clérambault de l’avoir plagié dans son premier texte doctrinal, Lacan, en plein milieu d’une réunion de la Société médico-psychologique, lui retourna la charge avec un aplomb incroyable.

                                     * Jacques Lacan. Esquisse d'une vie, histoire d'un système de pensée, Fayard, 1993

 

En 1932, il soutient une thèse en psychiatrie qui traîte de la psychose paranoïaque et témoigne de son intérêt d’alors pour le surréalisme. Noyau clinique de son travail : le cas de Marguerite Pantaine, plus connue sous le nom d'Aimée, qui avait tenté d'assassiner la comédienne Huguette Duflos. Fasciné, Lacan observe sa patiente pendant un an à l'hôpital Sainte-Anne.

Il adresse sa thèse à Freud qui lui répond simplement : "Merci de l'envoi de votre thèse." Cette dernière n'en sera pas moins encensée en 1933 par des personnalités telles qu'Henri Ey, Paul Nizan, René Crevel, Salvador Dali, Jean Bernier.... C'est l'année suivante que Lacan opère une bascule de la psychiatrie vers la psychanalyse.

1933. Le fait divers des soeurs Papin embrase la presse. Il s'y intéresse vivement, estimant qu'il ne s'agit pas là d'une affaire liée à la lutte des classe, mais bien d'un cas de structure paranoïaque (les servantes auraient vu en leurs maîtresses, un idéal à détruire). La même année, Lacan épouse Marie-Louise Blondin avec laquelle il a trois enfants. Par la suite, Sylvia Bataille, la femme de Georges Bataille, devient sa maîtresse et donne naissance à leur fille Judith. Le dorénavant "docteur Lacan" commence à recevoir son premier analysant. Il est également nommé chef de clinique et se met à suivre le séminaire d’Alexandre Kojève sur Hegel. D’aucuns affirment aujourd’hui qu’il s’est nettement approprié la pensée du philosophe, notamment concernant la conception du désir.

Un an plus tard, Lacan intègre la Société psychanalytique de Paris et s'attire du même coup les foudres de son analyste, Rudolph Loewenstein : en effet, bien qu’il ait promis d’y rester, il déserte le divan de ce dernier dès sa titularisation. 

En 1936, à Marienbad, Lacan communique à propos de sa très fameuse théorie du « Stade du miroir ». D’après celle-ci, reprise de Wallon, l’enfant âgé de 6 à 18 mois construit son identité à la fois grâce à son reflet, qu’il perçoit dans le miroir, et à la présence de l’autre, qu’il peut lui opposer.

 

Concepts majeurs, grandeur et dissidence

Durant la Seconde Guerre mondiale, le psychanalyste fréquente le milieu intellectuel (Sartre, Camus, Beauvoir…), ce qui lui permet d’acquérir une petite clientèle privée. Cependant, il n’écrit pas. C’est seulement après le conflit que son enseignement prend de l’essor. Pour Elisabeth Roudinesco, « il devi[ent alors] pour la France, le maître à penser que Lowenstein n’avait pas été. » Vers 1948, sa pratique privée se développe fortement et il décide de n'exercer plus qu'en libéral. Son cabinet jouxte son appartement privé au numéro 5 de la rue de Lille.

Au début des années 50, Lacan est définitivement considéré comme un hérétique par le milieu très austère de la psychanalyse. À cause de sa réinterprétation de l’héritage freudien et de la proximité de son enseignement avec le structuralisme bien sûr, mais pas seulement. Car, au-delà même de ses très fameuses "séances courtes" qu'il se fait grassement payer, le personnage dérange par sa singularité, sa grandiloquence, son appétence de liberté totale traduite par un refus de céder sur son désir. "Que veux-tu vraiment ?", a-t-il coutume de demander à ses analysés. Et plus il bouscule les cadres, plus il triomphe à l'extérieur.

Vers 1953, Lacan, plus ou moins mis au ban de diverses societés psychanalytiques, prend la décision de se consacrer à la formation des futurs analystes. C'est désormais en public qu'il poursuit son séminaire à Sainte-Anne.

 

L'Origine du monde, de Courbet.

Lacan en fit l'acquisition en 1955 pour sa maison de campagne ; il demanda à André Masson de confectionner un cache en bois afin de maintenir au secret cette toile susceptible de choquer (et afin de figurer les strates de l'inconscient ?)


En 1960-1961, il prononce son célèbre séminaire sur Le transfert dans sa disparité subjective, sa prétendue situation, ses excursions techniques 

Elisabeth Roudinesco raconte qu'à cette époque "Lacan était un maître entouré de disciples. En 1970, il était devenu un tyran adoré par les foules, contesté par des rebelles, servi par des courtisans et bientôt défendu par le cercle restreint de sa nouvelle garde familiale."

En 1964, ce nouveau prophète de la psychanalyse fonde sa propre école, L’Ecole freudienne de Paris :

"Je fonde, aussi seul que je l'ai toujours été dans ma relation à la cause psychanalytique, l'Ecole française de Psychanalyse..."

Chassé de Sainte-Anne fin 1963, Lacan transfère son séminaire à l'Ecole Normale supérieure de la rue d'Ulm, grâce à l'intervention de Louis Althusser et Claude Lévi-Strauss. Cinq ans plus tard, il s'établira à la Faculté de Droit du Panthéon, la Direction de l'ENS lui reprochant le caractère mondain et "incompréhensible" de ses conférences.

En décembre 1966, année de la publication de ses Ecrits, Lacan prononce un texte en hommage à Lewis Caroll sur les ondes de France Culture. Il y définit la construction du sujet à travers trois concepts qui, depuis, ont fait couler des flots d'encre : "C’est bien là le secret, et qui touche au réseau le plus pur de notre condition d’être : le symbolique, l’imaginaire et le réel. Les trois registres par lesquels j’ai établi un enseignement qui ne prétend pas innover mais rétablir quelques rigueurs dans l’expérience de la psychanalyse"

1969. Pour lutter contre la montée du bureaucratisme, il élabore au sein de son école une pratique expérimentale qu’il appelle « la passe » et qui se révélera être un sujet de dissension entre les analystes.


En 1970-1971, le psychanalyste délivre un séminaire sur le semblant, dans lequel il s’interroge sur les relations humaines au quotidien.

 

Bilan d'une existence décriée

Lacan, irrémédiablement contesté, professe quasiment jusqu’à sa mort. C'est seulement en 1980 qu'il dissout l'Ecole freudienne : "Qu'il suffise d'un qui s'en aille pour que tous soient libres (...) il faut que ce soit moi dans mon Ecole."

A la fin de sa vie, il est simultanément fasciné par les mathématiques et atteint de troubles cérébraux qui impactent dramatiquement sa parole (un comble pour lui, qui assimilait l'inconscient au langage !)

"Je suis obstiné... Je disparais.", aurait-il prononcé dans son dernier souffle.

Lacan accordait une immense importance à la singularité des êtres. À tel point d'ailleurs, qu'il ne se souciait absolument pas de passer à la postérité : peu avant sa mort, c'est en ces termes qu'il s'adressa à ses élèves : "Soyez lacaniens si vous le voulez,... moi, je suis freudien."

Lacan, souvenirs du divan 

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>> Lacan, grandeur et dissidence (1)      |   Souvenirs du divan (2)


Respectivement architecte et psychanalyste, Roland Castro et Jean Oury se remémorent la longue analyse qu'ils ont suivie avec Jacques Lacan, mais aussi l'homme étonnant, tumultueux, qu'il était.

 

Contexte

Installé au 5, rue de Lille après la Libération, et alors que sa clientèle ne cesse de s'accroître, Jacques Lacan choisit de n'exercer plus qu'en libéral. Certains jours, ses patients sont si nombreux qu'ils occupent même l'escalier de son immeuble.

Dans sa première biographie du psychanalyste, Elisabeth Roudinesco affirme qu'"A partir d'un moment, Lacan prit l'habitude de ne plus donner de rendez-vous à heure fixe et l'appartement de la rue de Lille se transforme en une sorte d'asile où tout le monde circule parmi les revues d'art, les livres et les collections."

Parfois même, la porte reste ouverte entre la salle d'attente et l'espace de consultation.

Rendez-vous flottants... et tarifs variables en fonction du client ; les honoraires, généralement exorbitants, sont réglés en espèces et sur-le-champ. Aujourd'hui, certains analysants rapportent même que Lacan leur faisait littéralement les poches.  

Sans parler de la brièveté de ses séances qui souleve de grandes polémiques à la Societé Psychanalytique de Paris. Car pour Lacan, lorsque quelque chose surgit à l'insu du patient, il leur faut en rester là, quand bien même ce dernier vient de prendre place sur le divan.

Regard ironique, cigares tordus directements expédiés de Genève, comportement fantasque et outrageusement théâtral... le docteur Lacan, juvénile et mondain, est indéniablement, sinon sulfureux, du moins saisissant. Mais d'une immense bienveillance d'après les témoignages. Sans compter qu'il ne fait pas de tri parmi sa clientèle, acceptant de recevoir les suicidaires repoussés par ses confrères ou de répondre jour et nuit à ses patients.

Pour lui, "On finit toujours par devenir un personnage de sa propre histoire." La psychanalyse permet seulement d'accélérer les choses. Ainsi, se faire psychanalyser, c'est gagner du temps...

 

Témoignages

Roland Castro ©RF/ Hélène Combis-Schlumberger

 

Roland Castro, également connu pour ses engagements politiques à gauche, est l'un des architectes conduisant le projet du Grand Paris

Il a fait la rencontre de Lacan en 1971, alors qu'il lui semblait avoir touché le fond.

Du rapport analytique qui en a découlé, il conserve un souvenir fort et précis

(aller sur le site pour entendre son témoignage)

 

L'architecte livre également son sentiment sur l'homme foisonnant qu'était Lacan ; il revient sur les controverses suscitées par le psychanalyste et tente de les expliquer.

 

Jean Oury ©Radio France/ Hélène Combis-Schlumberger

 

Psychiatre et psychanalyste, fondateur et directeur de la clinique de La Borde, Jean Oury a été membre de l'Ecole freudienne de Paris instituée par Lacan en 1964.

Psychanalysé par celui-ci de 1953 à 1981, il qualifie la relation qui les a liés de "très large".

 

Sa parfaite maitrise de la discipline lui permet de livrer un témoignage d'autant plus éclairé de ces années passées à fréquenter le "maître absolu" (ainsi que le titrait Mikkel Borch-Jacobsen).

Il se souvient des circonstances de sa rencontre avec Lacan.

(enregsitrement disponible sur le site)

 

Jean Oury revient sur son expérience d'analysé et témoigne plus généralement de l'approche de la psychanalyse par Lacan.

 

Par Gérard Delacour
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Mardi 6 septembre 2011 2 06 /09 /Sep /2011 22:30

René l'énervé, création du Théâtre du Rond-Point en coproduction avec l'Opéra National de Lorraine.

Opéra bouffe et tumultueux, auteur et metteur en scène Jean-Michel Ribes compositeur Reinhardt Wagner

 

Extraits vidéo --> ATTENTION, vérifiez (en passant la souris sur l'image) que "HD is off".

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René part en campagne par WebTV_du_Rond-Point

 


René l'énervé au Rond-Point : les premières images par WebTV_du_Rond-Point

 


Le Voilà, le voilà, le voilà (René l'énervé) par WebTV_du_Rond-Point


 

Voir le reportage de iTélé (3'40")
REPORTAGE, ANALYSE, INTERVIEW et AUTRES EXTRAITS du spectacle


 

Article du site BilletReduc

" Depuis 2007, j'éprouve un malaise qui ne diminue pas " dit Jean-Michel Ribes en parlant de notre gouvernance.
Pour en finir avec cette nausée, il a décidé de la transformer en farce joyeuse : un opéra bouffe mis en musique par Reinhardt Wagner. Un éclat de rire de résistance " face à l'affaissement du langage, au dénigrement de l'esprit, à cette agitation immobile dont la médiocrité nous étouffe. "
Les citoyens d'un pays imaginaire cherchent un nouveau leader, leur vieux président malade s'en allant.
Soudain, ils aperçoivent un petit homme agité courant matin et soir. Il se nomme René.
énergique et courant droit, n'appréciant que le bon sens. René est repéré par le parti majoritaire. L'heure est électorale et René est matinal. Soutenu par sa mère, René devient l'homme providentiel d'un pays en mal d'autorité à poigne et de confort sécuritaire. Autour de lui, des opposants s'opposent, emmenés par Ginette et Gaufrette. Un conseiller conseille : le nommé Hurtzfuller qui chante les vertus des Arabes quand ils ressemblent aux natifs du Cantal. Un responsable de l'image présidentielle, une meneuse de revue, des traîtres en cravates, un coiffeur international, un ministre des Hautes Frontières, un autre de la Condamnation d'avance et des révoltés venus d'ailleurs valsent tous dans l'ivresse du pouvoir de René.
Insolences, audaces, pitreries rythment en chansons l'envol délirant d'un petit épicier nerveux vers les sommets du monde."

 

Site du Théâtre du Rond-Point, informations, dates et billeterie

 

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Par Gérard Delacour
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Lundi 5 septembre 2011 1 05 /09 /Sep /2011 09:44

7'55" de franc plaisir!

Un orchestre en chair et en os obéit à une télécommande... humaine qui nous explique ce qu'il fait.

Allez... surprise!

 

 

 

En allemand sous-titré anglais, mais de toutes façons, c'est facile à comprendre...

 

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Par Gérard Delacour
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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 19:00

Une photo envoyée par l'ami Dominique S. (de New York):

 

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Beauté du diable d'élément!

 

Son parcours attendu:

 

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Par Gérard Delacour
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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 00:30

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Quelques photos - Août 2011

 

<----  Nouvel album "AOUT 2011" (colonne de gauche)

 

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Par Gérard Delacour
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Jeudi 25 août 2011 4 25 /08 /Août /2011 21:41

"Dans la préface qui précède son ouvrage, un auteur explique habituellement le but qu'il s'est proposé, l'occasion qui l'a conduit à écrire et les relations qu'à son avis son oeuvre soutient avec les traités précédents ou contemporains sur le même sujet.

 

Dans le cas d'une oeuvre philosophique un pareil éclaircissement paraît, non seulement superflu, mais encore impropre et inadapté à la nature de la recherche philosophique."

 

G.W.F.HEGEL (1807) La phénoménologie de l'esprit. Chez J.A.Goebhardt.

 

 

Promenade2

Photo Gérard Delacour © 2011

 

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Par Gérard Delacour
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