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"Les 8 portées de l'information"

Sur le repérage et l'extraction de l'information, du Savoir à la Connaissance
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"APPRENDRE COMME INVENTER, pour introduire le concept didactique d'insension"

Thèse de doctorat Sc. de l'Education - 2010
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Jeudi 22 septembre 2011 4 22 /09 /Sep /2011 02:04

P1000129_4.jpgL’âge est chose curieuse, un point entre ce qui n’est plus et ce qui n’est pas et ne sera bientôt plus. Évidence insaisissable du temps, de la durée incompréhensible de la vie.

Donc ce qui se joue dans ces gâteaux éphémères est tout autre chose que la commémoration. Point de la naissance, dire la fin dans le début. Dire la continuité, tout se trouve dans ce moment sans marque, sans heure, même si on la connaît ou si elle est notée sur l’acte de naissance du bambin, papier ancien déjà qui atteste, d’une main qui s’est elle aussi arrêtée.

Joie de la présence, je vais regarder ce visage d’ami qui ne change pas, qui s’est transformé sans moi, sans lui, sans que nous y puissions quoi que ce soit. Soixante et dix ans, alliance de la sagesse de l’entrée en sexagénariat et de la solitude du gamin qui sort à peine de la première enfance…

Il y a bien les deux en toi, l’Homme qui a vécu, qui n’a pas tout dit, qui ne dira pas tout, et l’ado qui ne veut pas renoncer à ça… cet inachèvement indispensable pour vivre.

L’amitié vit de la proximité lointaine, oxymore qui, comme la clarté obscure, éclaire formidablement ce que nous ressentons, et ne se compare pas. Les Grecs y voyaient les deux parties de l’être primordial, pure chimère de l’esprit pour tenter d’exclure la solitude primordiale, et nier l’absence bien présente dans la question sans réponse.

L’anniversaire est chose curieuse, qui, « versus » chaque année, est bien au delà du compte exact, celui qu’on retient quand il est arrêté. Revenir comme un cercle qui avance, spirale bien connue qui ne dit rien de plus que son absence de début et de fin. Suspendu, te voilà à 60 ans et à 10 ans, éternellement dans les cœurs de tes proches, dont je suis, tu es ce double good man à la tête sans plafond, à l’équinoxe débarrassée des stupides équilibres, cet homme que tu es, tels les tziganes qui font de la musique de chambre avec, pour chambre, la voûte étoilée.

 

 

"Le sujet singulier" (photo G.Delacour)

 

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Par Gérard Delacour
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Dimanche 18 septembre 2011 7 18 /09 /Sep /2011 18:08

Première chose : en bas de l'image cliquez 1 fois sur les lettres bleues "HD" -> vous obtenez l'indication "HD OFF" qui disparaît d'elle-même,

puis cliquez au centre de l'image et admirez l'inspiration et le travail du photographe (3'08"):

 

This was filmed between 4th and 11th April 2011. I had the pleasure of visiting El Teide.
Spain´s highest mountain @(3718m) is one of the best places in the world to photograph the stars and is also the location of Teide Observatories, considered to be one of the world´s best observatories.

The goal was to capture the beautiful Milky Way galaxy along with one of the most amazing mountains I know El Teide. I have to say this was one of the most exhausting trips I have done. There was a lot of hiking at high altitudes and probably less than 10 hours of sleep in total for the whole week. Having been here 10-11 times before I had a long list of must-see locations I wanted to capture for this movie, but I am still not 100% used to carrying around so much gear required for time-lapse movies.

A large sandstorm hit the Sahara Desert on the 9th April (http://bit.ly/g3tsDW) and at approx 3am in the night the sandstorm hit me, making it nearly impossible to see the sky with my own eyes.

Interestingly enough my camera was set for a 5 hour sequence of the milky way during this time and I was sure my whole scene was ruined. To my surprise, my camera had managed to capture the sandstorm which was backlit by Grand Canary Island making it look like golden clouds. The Milky Way was shining through the clouds, making the stars sparkle in an interesting way. So if you ever wondered how the Milky Way would look through a Sahara sandstorm, look at 00:32.

Available in Digital Cinema 4k.

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Music by my friend: Ludovico Einaudi - "Nuvole bianche" with permission.
Please support the artist here:
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Thank you to my sponsors:
http://www.canon.com
http://www.g-technology.eu
http://www.dynamicperception.com/  (Best dolly in the world!)

 

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Par Gérard Delacour
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Vendredi 9 septembre 2011 5 09 /09 /Sep /2011 17:12

Comme vous n'allez pas y aller voir...

...je vous l'apporte ici, cette page de France Culture, en cette semaine d'événements autour du trentenaire de la mort de Jacques LACAN.

lacan1 LACAN, personne ne peut dire l'avoir connu. moi, je m'y suis reconnu et je m'y reconnais encore, depuis ces heures passées, place du Panthéon, à tenter d'entendre sa parole. Nous étions dérangés par le spectacle donné en salle, ses admiratrices allongées par terre devant la petite estrade, main tendue avec le micro tendu, et leurs premiers enregistreurs à K7, tel celui que j'avais installé dans l'intérieur de ma veste en 1968 pour enregistrer dans la rue.

Peut-être Jean OURY peut-il parler de LACAN. Et fort peu d'autres. François PERRIER aurait pu, mais il est mort.

Lacan, en traquant le discours de l'inconscient, a déclenché la haine, comme toujours. Lacan a démontré que la vérité est dans le singulier, c'est-à-dire dans le véritable qui se parle. C'est pourquoi la Parole c'est l'Autre. Et la Parole de l'analysant-analysé est désirée par l'analyste-désirant. Ça coince lorsque l'analyste devient désirable...

L'analyste permet la passe : passer ma vérité singulière.

De Jacques LACAN, j'en pense avant tout que c'était un homme libre.

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Disponible sur le site de l'INA : Jacques LACAN, Psychanalyse

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Source : France Culture

Spéciale Jacques Lacan

09.09.2011 - à 10:00

 

  Écouter l'émission 

avec des extraits sonores de Jacques LACAN 


Invité(s) :
Alain Vanier, psychanalyste, professeur à l’Université Paris Diderot
Anahit Dasseux Ter-Mesropian, psychanalyste
Danièle Brun, psychanalyste, professeur émérite à l'université Paris-Diderot. Elle est l'auteur de Mères Majuscules paru en janvier 2011 aux éditons Odile Jacob.
Jean Allouch, exerce la psychanalyse à Paris
Colette Soler, psychanalyste formée par Jacques Lacan, pratique et enseigne la psychanalyse à Paris
Ursula Renard, psychologue-psychanalyste
Alain Abelhauser, psychanalyste et professeur des Universités (psychopathologie clinique)

 

 

Lacan, grandeur et dissidence 

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>> Lacan, grandeur et dissidence (1)      |   Souvenirs du divan (2)


© Seuil/ Jerry Bauer

 Il y a trente ans, le 9 septembre 1981, Jacques Lacan s'éteignait à Paris après quatre-vingts années d'une existence à la fois riche et émaillée de controverses.

 

>>> Retrouvez toutes les émissions consacrées à Jacques Lacan sur l'antenne de France Culture :

- Les Matins d'été du 10 août dernier avec Jacques-Alain Miller ;

- dimanche 3 septembre,  portrait de Jacques Lacan dans Une vie, une oeuvre ;

- La Grande Table du 7 septembre ;

- vendredi 9 septembre :  Les Matins avec Jean-Claude Milner ; Les Nouveaux Chemins de la connaissance par Philippe Petit ; Hors-Champs avec Elisabeth Roudinesco.

- enfin, du 26 au 30 septembre, une semaine de Hors-Champs sur Lacan.


En dates et en concepts, retour, ici, sur cette célèbre figure de la psychanalyse avec, disséminées dans cette page, quelques interventions de Jean Oury, docteur en psychanalyse et ancien membre de l’Ecole freudienne de Paris, qui viennent éclairer le propos.

 

Une jeunesse turbulente

Jacques-Marie Emile Lacan naît au tout début du 20e siècle, le 13 avril 1901. Elevé par des parents catholiques dans un climat de grande religiosité, l’enfant se révèle vite despotique et vaniteux. Il découvre Spinoza alors qu'il n'est âgé que de 14 ans. Au collège Stanislas, il est initié à la critique de la religion par Jean Baruzi, son professeur de philosophie, tandis qu'à 20 ans, la lecture qu’il fait de Nietzsche achève de l'éloigner de la foi.

Au grand dam de sa famille - son père le voyait devenir moutardier - Lacan, qui a hésité à faire de la politique, commence des études de médecine à l'automne 1919. Le jeune homme rêve de se faire un nom. Pendant ses années estudiantines, il côtoie aussi bien les cercles surréalistes que maurrassiens, fréquentations qui le conduisent à s'interroger sur le langage et sa structure. Il affirmera plus tard : "L'inconscient est structuré comme un langage", puis "l’enfant à naître est déjà, de bout en bout, cerné dans ce hamac de langage qui le reçoit et en même temps l’emprisonne."

 

Des débuts remarqués

Lors de sa spécialisation en psychiatrie, Lacan suit les cours du psychiatre Gaétan Gatien de Clérambault. Elisabeth Roudinesco rapporte* qu'accusé par Clérambault de l’avoir plagié dans son premier texte doctrinal, Lacan, en plein milieu d’une réunion de la Société médico-psychologique, lui retourna la charge avec un aplomb incroyable.

                                     * Jacques Lacan. Esquisse d'une vie, histoire d'un système de pensée, Fayard, 1993

 

En 1932, il soutient une thèse en psychiatrie qui traîte de la psychose paranoïaque et témoigne de son intérêt d’alors pour le surréalisme. Noyau clinique de son travail : le cas de Marguerite Pantaine, plus connue sous le nom d'Aimée, qui avait tenté d'assassiner la comédienne Huguette Duflos. Fasciné, Lacan observe sa patiente pendant un an à l'hôpital Sainte-Anne.

Il adresse sa thèse à Freud qui lui répond simplement : "Merci de l'envoi de votre thèse." Cette dernière n'en sera pas moins encensée en 1933 par des personnalités telles qu'Henri Ey, Paul Nizan, René Crevel, Salvador Dali, Jean Bernier.... C'est l'année suivante que Lacan opère une bascule de la psychiatrie vers la psychanalyse.

1933. Le fait divers des soeurs Papin embrase la presse. Il s'y intéresse vivement, estimant qu'il ne s'agit pas là d'une affaire liée à la lutte des classe, mais bien d'un cas de structure paranoïaque (les servantes auraient vu en leurs maîtresses, un idéal à détruire). La même année, Lacan épouse Marie-Louise Blondin avec laquelle il a trois enfants. Par la suite, Sylvia Bataille, la femme de Georges Bataille, devient sa maîtresse et donne naissance à leur fille Judith. Le dorénavant "docteur Lacan" commence à recevoir son premier analysant. Il est également nommé chef de clinique et se met à suivre le séminaire d’Alexandre Kojève sur Hegel. D’aucuns affirment aujourd’hui qu’il s’est nettement approprié la pensée du philosophe, notamment concernant la conception du désir.

Un an plus tard, Lacan intègre la Société psychanalytique de Paris et s'attire du même coup les foudres de son analyste, Rudolph Loewenstein : en effet, bien qu’il ait promis d’y rester, il déserte le divan de ce dernier dès sa titularisation. 

En 1936, à Marienbad, Lacan communique à propos de sa très fameuse théorie du « Stade du miroir ». D’après celle-ci, reprise de Wallon, l’enfant âgé de 6 à 18 mois construit son identité à la fois grâce à son reflet, qu’il perçoit dans le miroir, et à la présence de l’autre, qu’il peut lui opposer.

 

Concepts majeurs, grandeur et dissidence

Durant la Seconde Guerre mondiale, le psychanalyste fréquente le milieu intellectuel (Sartre, Camus, Beauvoir…), ce qui lui permet d’acquérir une petite clientèle privée. Cependant, il n’écrit pas. C’est seulement après le conflit que son enseignement prend de l’essor. Pour Elisabeth Roudinesco, « il devi[ent alors] pour la France, le maître à penser que Lowenstein n’avait pas été. » Vers 1948, sa pratique privée se développe fortement et il décide de n'exercer plus qu'en libéral. Son cabinet jouxte son appartement privé au numéro 5 de la rue de Lille.

Au début des années 50, Lacan est définitivement considéré comme un hérétique par le milieu très austère de la psychanalyse. À cause de sa réinterprétation de l’héritage freudien et de la proximité de son enseignement avec le structuralisme bien sûr, mais pas seulement. Car, au-delà même de ses très fameuses "séances courtes" qu'il se fait grassement payer, le personnage dérange par sa singularité, sa grandiloquence, son appétence de liberté totale traduite par un refus de céder sur son désir. "Que veux-tu vraiment ?", a-t-il coutume de demander à ses analysés. Et plus il bouscule les cadres, plus il triomphe à l'extérieur.

Vers 1953, Lacan, plus ou moins mis au ban de diverses societés psychanalytiques, prend la décision de se consacrer à la formation des futurs analystes. C'est désormais en public qu'il poursuit son séminaire à Sainte-Anne.

 

L'Origine du monde, de Courbet.

Lacan en fit l'acquisition en 1955 pour sa maison de campagne ; il demanda à André Masson de confectionner un cache en bois afin de maintenir au secret cette toile susceptible de choquer (et afin de figurer les strates de l'inconscient ?)


En 1960-1961, il prononce son célèbre séminaire sur Le transfert dans sa disparité subjective, sa prétendue situation, ses excursions techniques 

Elisabeth Roudinesco raconte qu'à cette époque "Lacan était un maître entouré de disciples. En 1970, il était devenu un tyran adoré par les foules, contesté par des rebelles, servi par des courtisans et bientôt défendu par le cercle restreint de sa nouvelle garde familiale."

En 1964, ce nouveau prophète de la psychanalyse fonde sa propre école, L’Ecole freudienne de Paris :

"Je fonde, aussi seul que je l'ai toujours été dans ma relation à la cause psychanalytique, l'Ecole française de Psychanalyse..."

Chassé de Sainte-Anne fin 1963, Lacan transfère son séminaire à l'Ecole Normale supérieure de la rue d'Ulm, grâce à l'intervention de Louis Althusser et Claude Lévi-Strauss. Cinq ans plus tard, il s'établira à la Faculté de Droit du Panthéon, la Direction de l'ENS lui reprochant le caractère mondain et "incompréhensible" de ses conférences.

En décembre 1966, année de la publication de ses Ecrits, Lacan prononce un texte en hommage à Lewis Caroll sur les ondes de France Culture. Il y définit la construction du sujet à travers trois concepts qui, depuis, ont fait couler des flots d'encre : "C’est bien là le secret, et qui touche au réseau le plus pur de notre condition d’être : le symbolique, l’imaginaire et le réel. Les trois registres par lesquels j’ai établi un enseignement qui ne prétend pas innover mais rétablir quelques rigueurs dans l’expérience de la psychanalyse"

1969. Pour lutter contre la montée du bureaucratisme, il élabore au sein de son école une pratique expérimentale qu’il appelle « la passe » et qui se révélera être un sujet de dissension entre les analystes.


En 1970-1971, le psychanalyste délivre un séminaire sur le semblant, dans lequel il s’interroge sur les relations humaines au quotidien.

 

Bilan d'une existence décriée

Lacan, irrémédiablement contesté, professe quasiment jusqu’à sa mort. C'est seulement en 1980 qu'il dissout l'Ecole freudienne : "Qu'il suffise d'un qui s'en aille pour que tous soient libres (...) il faut que ce soit moi dans mon Ecole."

A la fin de sa vie, il est simultanément fasciné par les mathématiques et atteint de troubles cérébraux qui impactent dramatiquement sa parole (un comble pour lui, qui assimilait l'inconscient au langage !)

"Je suis obstiné... Je disparais.", aurait-il prononcé dans son dernier souffle.

Lacan accordait une immense importance à la singularité des êtres. À tel point d'ailleurs, qu'il ne se souciait absolument pas de passer à la postérité : peu avant sa mort, c'est en ces termes qu'il s'adressa à ses élèves : "Soyez lacaniens si vous le voulez,... moi, je suis freudien."

Lacan, souvenirs du divan 

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>> Lacan, grandeur et dissidence (1)      |   Souvenirs du divan (2)


Respectivement architecte et psychanalyste, Roland Castro et Jean Oury se remémorent la longue analyse qu'ils ont suivie avec Jacques Lacan, mais aussi l'homme étonnant, tumultueux, qu'il était.

 

Contexte

Installé au 5, rue de Lille après la Libération, et alors que sa clientèle ne cesse de s'accroître, Jacques Lacan choisit de n'exercer plus qu'en libéral. Certains jours, ses patients sont si nombreux qu'ils occupent même l'escalier de son immeuble.

Dans sa première biographie du psychanalyste, Elisabeth Roudinesco affirme qu'"A partir d'un moment, Lacan prit l'habitude de ne plus donner de rendez-vous à heure fixe et l'appartement de la rue de Lille se transforme en une sorte d'asile où tout le monde circule parmi les revues d'art, les livres et les collections."

Parfois même, la porte reste ouverte entre la salle d'attente et l'espace de consultation.

Rendez-vous flottants... et tarifs variables en fonction du client ; les honoraires, généralement exorbitants, sont réglés en espèces et sur-le-champ. Aujourd'hui, certains analysants rapportent même que Lacan leur faisait littéralement les poches.  

Sans parler de la brièveté de ses séances qui souleve de grandes polémiques à la Societé Psychanalytique de Paris. Car pour Lacan, lorsque quelque chose surgit à l'insu du patient, il leur faut en rester là, quand bien même ce dernier vient de prendre place sur le divan.

Regard ironique, cigares tordus directements expédiés de Genève, comportement fantasque et outrageusement théâtral... le docteur Lacan, juvénile et mondain, est indéniablement, sinon sulfureux, du moins saisissant. Mais d'une immense bienveillance d'après les témoignages. Sans compter qu'il ne fait pas de tri parmi sa clientèle, acceptant de recevoir les suicidaires repoussés par ses confrères ou de répondre jour et nuit à ses patients.

Pour lui, "On finit toujours par devenir un personnage de sa propre histoire." La psychanalyse permet seulement d'accélérer les choses. Ainsi, se faire psychanalyser, c'est gagner du temps...

 

Témoignages

Roland Castro ©RF/ Hélène Combis-Schlumberger

 

Roland Castro, également connu pour ses engagements politiques à gauche, est l'un des architectes conduisant le projet du Grand Paris

Il a fait la rencontre de Lacan en 1971, alors qu'il lui semblait avoir touché le fond.

Du rapport analytique qui en a découlé, il conserve un souvenir fort et précis

(aller sur le site pour entendre son témoignage)

 

L'architecte livre également son sentiment sur l'homme foisonnant qu'était Lacan ; il revient sur les controverses suscitées par le psychanalyste et tente de les expliquer.

 

Jean Oury ©Radio France/ Hélène Combis-Schlumberger

 

Psychiatre et psychanalyste, fondateur et directeur de la clinique de La Borde, Jean Oury a été membre de l'Ecole freudienne de Paris instituée par Lacan en 1964.

Psychanalysé par celui-ci de 1953 à 1981, il qualifie la relation qui les a liés de "très large".

 

Sa parfaite maitrise de la discipline lui permet de livrer un témoignage d'autant plus éclairé de ces années passées à fréquenter le "maître absolu" (ainsi que le titrait Mikkel Borch-Jacobsen).

Il se souvient des circonstances de sa rencontre avec Lacan.

(enregsitrement disponible sur le site)

 

Jean Oury revient sur son expérience d'analysé et témoigne plus généralement de l'approche de la psychanalyse par Lacan.

 

Par Gérard Delacour
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Mardi 6 septembre 2011 2 06 /09 /Sep /2011 22:30

René l'énervé, création du Théâtre du Rond-Point en coproduction avec l'Opéra National de Lorraine.

Opéra bouffe et tumultueux, auteur et metteur en scène Jean-Michel Ribes compositeur Reinhardt Wagner

 

Extraits vidéo --> ATTENTION, vérifiez (en passant la souris sur l'image) que "HD is off".

Sinon, cliquez sur "HD" et choisissez "SD":


René part en campagne par WebTV_du_Rond-Point

 


René l'énervé au Rond-Point : les premières images par WebTV_du_Rond-Point

 


Le Voilà, le voilà, le voilà (René l'énervé) par WebTV_du_Rond-Point


 

Voir le reportage de iTélé (3'40")
REPORTAGE, ANALYSE, INTERVIEW et AUTRES EXTRAITS du spectacle


 

Article du site BilletReduc

" Depuis 2007, j'éprouve un malaise qui ne diminue pas " dit Jean-Michel Ribes en parlant de notre gouvernance.
Pour en finir avec cette nausée, il a décidé de la transformer en farce joyeuse : un opéra bouffe mis en musique par Reinhardt Wagner. Un éclat de rire de résistance " face à l'affaissement du langage, au dénigrement de l'esprit, à cette agitation immobile dont la médiocrité nous étouffe. "
Les citoyens d'un pays imaginaire cherchent un nouveau leader, leur vieux président malade s'en allant.
Soudain, ils aperçoivent un petit homme agité courant matin et soir. Il se nomme René.
énergique et courant droit, n'appréciant que le bon sens. René est repéré par le parti majoritaire. L'heure est électorale et René est matinal. Soutenu par sa mère, René devient l'homme providentiel d'un pays en mal d'autorité à poigne et de confort sécuritaire. Autour de lui, des opposants s'opposent, emmenés par Ginette et Gaufrette. Un conseiller conseille : le nommé Hurtzfuller qui chante les vertus des Arabes quand ils ressemblent aux natifs du Cantal. Un responsable de l'image présidentielle, une meneuse de revue, des traîtres en cravates, un coiffeur international, un ministre des Hautes Frontières, un autre de la Condamnation d'avance et des révoltés venus d'ailleurs valsent tous dans l'ivresse du pouvoir de René.
Insolences, audaces, pitreries rythment en chansons l'envol délirant d'un petit épicier nerveux vers les sommets du monde."

 

Site du Théâtre du Rond-Point, informations, dates et billeterie

 

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Par Gérard Delacour
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Lundi 5 septembre 2011 1 05 /09 /Sep /2011 09:44

7'55" de franc plaisir!

Un orchestre en chair et en os obéit à une télécommande... humaine qui nous explique ce qu'il fait.

Allez... surprise!

 

 

 

En allemand sous-titré anglais, mais de toutes façons, c'est facile à comprendre...

 

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Par Gérard Delacour
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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 19:00

Une photo envoyée par l'ami Dominique S. (de New York):

 

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Beauté du diable d'élément!

 

Son parcours attendu:

 

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Par Gérard Delacour
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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 00:30

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Quelques photos - Août 2011

 

<----  Nouvel album "AOUT 2011" (colonne de gauche)

 

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Par Gérard Delacour
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Jeudi 25 août 2011 4 25 /08 /Août /2011 21:41

"Dans la préface qui précède son ouvrage, un auteur explique habituellement le but qu'il s'est proposé, l'occasion qui l'a conduit à écrire et les relations qu'à son avis son oeuvre soutient avec les traités précédents ou contemporains sur le même sujet.

 

Dans le cas d'une oeuvre philosophique un pareil éclaircissement paraît, non seulement superflu, mais encore impropre et inadapté à la nature de la recherche philosophique."

 

G.W.F.HEGEL (1807) La phénoménologie de l'esprit. Chez J.A.Goebhardt.

 

 

Promenade2

Photo Gérard Delacour © 2011

 

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Par Gérard Delacour
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Mardi 23 août 2011 2 23 /08 /Août /2011 21:48

Sol

 

On ne meurt pas du mensonge.

 

On meurt du silence, parce qu'on ne peut s'accrocher à rien.

 

Et je glisse du silence, paroi lisse.

 

Je serai mort, tombé du silence de l'Autre.

 

Quand l'Autre est déjà mort de son silence propre.

 

 

IMG_0980w.jpg

Photo G.Delacour © - 18 août 2011 

 

 

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Par Gérard Delacour
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Mercredi 3 août 2011 3 03 /08 /Août /2011 12:34

"Here’s a fascinating ten-minute animation to accompany audio from a debate between Stephen Fry and Ann Widdecombe, a UK Tory politician turned novelist. They’re debating the motion, “The Catholic Church is a force for good in the world” (Widdecombe is a convert from Anglicanism to Catholicism), and Fry is both charming and relentless, and scores some incredible points. If you like rhetoric, atheism debates, philosophy and animation, this is ten minutes very well-spent."

Source

 

Suivez les illustrations, c'est succulent!

 

En souvenir de mon père dont c'est aujourd'hui le centenaire de sa naissance (3 août 1911).

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Par Gérard Delacour
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Mercredi 20 juillet 2011 3 20 /07 /Juil /2011 22:52

 

Sous le bruit et la couleur de la pluie (4'10")...

 

Par Gérard Delacour
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Mercredi 20 juillet 2011 3 20 /07 /Juil /2011 13:04

 

En fait, ce que je tente de comprendre, c'est cette curieuse distance entre ce qui intéresse "les autres" et ce qui m'intéresse.

Car tout m'est étranger et tout m'ennuie.

Fondamentalement. Non, pas dépressivement.

Mais structurellement.

Ancré dans le sol de mes sensations et de mes convictions.

Je m'ennuie parce que je ne comprends pas comment cela pourrait ne pas être ennuyeux.

Que regardent-ils?

Qu'écoutent-ils?

Que pensent-ils? A quoi s'intéressent-ils?

Pourquoi ais-je cette bizarre impression, proche de "l'ambiance accident"?

À la fois je me sens si terriblement coupé du passé proche, "l'avant", et si totalement contenu dans un présent indépassable, visqueux.

C'est alors que le présent peut être cet acte unique de passage qui valide la durée de l'attente.

Ou bien cette présence bien réelle d'un accident -"c'est trop tard"- qui découpe le temps en "avant" et "maintenant", nous coupant ainsi du futur car le temps est arrêté.

Ainsi en va-t-il de la réussite ou de l'échec.

Échouer, c'est accéder au rivage asséché d'une chute sur soi-même au présent.

Réussir, c'est valider toute la dure durée de vie qui a permis de le construire.

 

Pays-Bas, ce 7 juillet 2011.

Par Gérard Delacour
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Lundi 11 juillet 2011 1 11 /07 /Juil /2011 09:13

Alice Herz-Sommer

 

Alice Sommer-Herz, pianiste, a eu 107 ans
le 26 novembre 2010 

 

 

  A 107 ans, elle vit seule dans un studio à Londres et pratique le piano tous les jours pendant au moins trois heures.

 

 

Cette pianiste a connu le camp de concentration de Theresienstadt, avec son fils.Le seul camp où mères et enfants n'étaient pas arrachés les uns aux autres. Pour les images de propagande (voir la dernière vidéo en bas de cet article)

Faire de la musique pour vivre. Déclarer savoir jouer, c'est ne pas être exterminée. Jouer du piano est toujours sa vie. "La musique... c'est Dieu" dit-elle.

Ici elle joue un difficile Chopin (en 2010):

 

 

"Peut-être n'avons pas besoin de nourriture quand nous avons quelque chose de spirituel... (...) C'est la musique qui a été notre nourriture, c'est cela qui nous a nourris..."

Impromptu de Schubert:

 

 

 

Et cette nourriture, c'est "Bach, Beethoven, Chopin..."

"Ce que nous ont donné Schubert, Schumann, Brahms, c'est la beauté, l'indescriptible beauté!"

"Et ça, c'est Bach":

 

 

 

De toute son intelligence de la vie, c'est elle qui est belle

"I love people"

L'extrait vidéo (12 minutes) que j'ai reçu et qui m'a décidé à vous la faire connaître:

 

 

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Par Gérard Delacour
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Mercredi 6 juillet 2011 3 06 /07 /Juil /2011 00:47

 

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Blog de Sam Braun

Sam Braun sur RCJ "Mémoires Vives"

 

De Pascal Szulc :

images4"A l'image, le sens est entier. Le regard est une vision du futur. Le front est à lui seul la pensée humaine; les quelques rides ont la joie du souci des enfants, et d'être l'amour éternel de la femme aimée. L'oeil est enfant, un enfant marqué d'un triste Non. Et pourtant il porte jusque dans les ridelles les plus profondes les souvenirs de tous les sourires, de tous les tournants de vie, de toute les fratries, du goût du sel de l'île de Ré, de cet arbre blanchit par la vie, dont les bourgeons seront à jamais fleuris d'une humanité meilleure, éclairée. Il y a une part de sourcils noirs. Nommons les "lucidité", brûlure, soleil absent dans un fourgon indécent, sous le sceau du nazisme. Vision de numéros. Le visage est large et le bonheur le porte, proche, proche de ses petites filles, comme de son "monde", loin d'être petit, qu'il nommait de cette voix aussi grave qu'adolescente, "mes enfants". Je suis sorti de l'enceinte du Père Lachaise comme on sort de la guerre ou d'une tranchée, j'imagine, et la ville me semblait vide, dépeuplée. Un message sur mon répondeur de la femme que j'aime; je pensais alors à sa Béatrice, sa volonté, visible dans la mémoire argentée de ses cheveux aux boucles enfantines, elle le parfait guide de tout amour allégeant le poids du devoir pour s'appuyer de plaisirs radieux. Je pleure toujours, sans ce "indignez-vous" à la con et à la mode. Papa toi tu aurais dit cet aphorisme "Dignez-vous". Et tu aurais ri. Et, la ville me semble vide. Alors, je me nourris de ton espérance, meilleur, éclairé."

 

A qui je réponds ceci :

images-copie-3 J'ai traîné ma bedaine sur les marches du crematorium. Puis je m'en suis allé sur les pavés du Père Sanschaise (à porteur). J'avais envie de rire à cause de mes nerfs : cette vision effrayante et définitive du gouffre qui s'ouvre, en haut de la coupole, déjà sans flamme c'est inexpiable... alors!

Puis je re ntre et je vois cette photo, et la présence sans mots de mes amis. C'est bien.

Sam et l'Amour, l'amour comme certitude. Sam, c'est vraiment bien de nous avoir montré cela!

 

 

Ce mardi 5 juillet 2011, au Père Lachaise.

 

 

Il y a soixante cinq ans se sont ouvertes, enfin, les portes d’un enfer où tant de compagnons sont morts après d’atroces souffrances, morts sans sépulture, morts que personne ne pleure car personne ne leur a survécu.

Soixante cinq ans ! C’est long soixante cinq ans, tu sais, mais à la fois c’est si court puisque le souvenir de tout ce que nous avons vécu là-bas, à Auschwitz, ne nous quitte jamais ! Tout ce qui maintenant est décrit dans les livres et appartient au passé, est notre présent quotidien. Si apparemment nous sommes tous redevenus des êtres normaux, nous ne le sommes que pour les autres car notre cœur ne cesse de saigner. Nos souffrances se sont un peu cicatrisées, mais la cicatrice qu’elles ont laissée reste pour nous si visible qu’elle nous fait encore bien mal, saigne souvent et même parfois pleure de grosses larmes de sang

C’est long, tu sais, soixante cinq ans, mais c’est si court quand on les vit toujours là-bas, en Haute Silésie où il faisait si froid.

Tu fus peut-être, toi qui m’entends, parmi ceux qui, à notre retour nous regardaient sans nous voir, nous entendaient sans nous écouter, n’avaient d’attention que pour les anciens résistants puisque pour toi nous n’étions que des « victimes civiles ». Certes nous n’avions pas, comme eux, combattu le nazisme, mais comme eux nous avions souffert mille morts et nos familles, tous ceux que nous adorions, nous ont été arrachés pour être assassinés par le gaz, comme on n’oserait même pas le faire pour des animaux nuisibles.

Là-bas, tu sais, nous étions tous les mêmes ! Nous avions tous tellement faim que nous marchions courbés comme des vieillards pour comprimer nos corps qui nous faisaient souffrir ; nous avions tous tellement froid avec nos vêtements légers de bagnard, que le vent qui soufflait tout le temps, nous glaçait jusqu’aux os ; nous avions tous tellement peur de la bestialité des SS et des kapos pour qui nous n’étions que des « stucks », des morceaux, que des sous-hommes, des « untermunshen », avec comme destin commun, celui de mourir après deux mois de ce régime innommable, ou de périr asphyxiés par le Zyclon B, dans une de leurs chambres à gaz.

Là-bas, tu sais, nous étions tous les mêmes ! Nous avons tous vu des corps souffrir, nous avons vu des corps mourir. Nous avons vu des kapos et des SS tuer pour le seul plaisir de donner la mort ou tuer, comme cela, pour s’occuper. Nous avons vu la bête, que certains hommes portent en eux, se déchaîner contre les autres, uniquement parce qu’ils pouvaient le faire, en toute impunité. Nous avons vu l’insoutenable. Nous avons vu l’incommunicable. Nous avons vu l’horreur. Nous avons vu l’épouvante. Nous avons même vu les yeux de la mort.

Là-bas nous étions tous les mêmes, tu sais et si certains d’entre nous ont été dès le retour, quelque peu oubliés, tout cela, maintenant, appartient au passé et nous pouvons enfin, d’une même voix, transmettre au monde notre message :

- Nous, anciens déportés des camps de concentration et d’extermination nazis, nous que l’organisation fasciste a piétinés, bafoués, humiliés, torturés, par l’espérance qui nous habitait - nous avons appris la valeur de la vie.

- Nous, que cette force aveugle, implacable, a voulu détruire en nous atteignant dans notre dignité, en souffrant mille morts - nous avons appris que l’intolérance animée par la haine poussée jusqu’à son paroxysme, pouvait ne connaître aucune limite.

- Nous qui avons été battus par la lâcheté de certains hommes rivalisant de violence devant les SS qui regardaient le spectacle avec indifférence ou perversité - nous avons appris la valeur de l’honneur.

- Nous qui étions entourés de pauvres malheureux, qui comme nous étaient faméliques à force d’avoir faim, morts-vivants que nous croisions dans les allées du camp, êtres aux mêmes visages, aux mêmes regards, aux yeux sans expression enfoncés bien loin dans leurs orbites, qui rêvaient de mondes lointains, de pays aux rivages impossibles - nous avons appris la valeur de l’amour.

- Nous qui avons assisté à la sinistre pendaison de nombreux compagnons - nous avons appris à vivre dans la douleur, leur détresse comme si elle était nôtre.

- Nous qui fumes témoins de la mort injuste de ceux qui étaient martyrisés non pour ce qu’ils avaient fait, mais pour ce qu’ils étaient, - nous avons appris à combattre le racisme et l’antisémitisme partout où il se terre, partout où il se cache.

- Nous qui partagions le martyr de tous ces résistants glorieux et souvent anonymes, de ceux qui avaient choisi de combattre l’arbitraire en sacrifiant leur vie pour le bonheur des autres - nous avons appris à lutter contre tous les totalitarismes.

- Nous pour qui chaque minute gagnée était une victoire pour la vie - nous avons appris le sens du combat et de la lutte pour la liberté.

- Nous qui ne parvenons pas à chasser définitivement de notre mémoire, malgré tous nos efforts, les images de l’enfer concentrationnaire - nous connaissons la force et les ravages de l’innommable barbarie.

- Nous qui supportions plus facilement notre propre souffrance que la souffrance des autres - nous avons appris la valeur de la fraternité.

- Nous, que l’idéologie nazie voulait déshumaniser en nous interdisant le simple droit de vivre, le simple droit d’exister, nous avons vaincu les bourreaux en glorifiant la vie.

- Nous tous, anciens déportés, qui en 1945, lors du retour des camps de la mort espérions pour nos enfants une vie exempte de barbelés, nous tremblons pour l’avenir de l’humanité devant le nombre sans cesse grandissant de miradors qui, comme des champignons vénéneux, poussent partout dans le monde.

Ayant appris la valeur de la vie qui doit être toujours plus forte que la mort, le danger des certitudes générant tous les fanatismes, le sens de la liberté et de la compassion pour tous ceux qui souffrent, le respect de la dignité que chacun doit à tous, seraient-ils nos plus grands ennemis, ayant appris la vertu de l’espérance, l’importance enfin de tous les êtres humains quels que soient leur culture, leur croyance et leur lieu d’origine, les anciens déportés des bagnes nazis, forts de leur expérience de vie, implorent tous les êtres de bonne volonté de se lever pour que tous ensemble, avec notre bâton de pèlerin comme seule arme et comme viatique, l’Amour de l’humanité, nous menions une chasse sans faiblesse à l’intolérance, au rejet de l’Autre du seul fait de sa croyance religieuse ou du lieu de son origine, pour venir un jour à bout de l’obscurantisme, du dogmatisme, de la violence et de la haine.

Bien que souvent tu hésites devant le chemin à prendre, bien que parfois tu t’aventures sur des routes dont la dangerosité nous inquiète, bien qu’il t’arrive de prêter une oreille complaisante au chant des sirènes de la violence et de la haine, ce message est pour toi, jeunesse sacrée, porteuse d’espérance, créatrice de la réalité de demain. Nos espoirs et nos rêves, maintenant t’appartiennent.

Dans peu d’années, nous tous, nous ne survivrons plus que dans le souvenir de ceux qui nous auront aimés et nous ne pourrons plus te prendre par la main pour t’aider à marcher en guidant tes pas hésitants. Tu seras seul, mon jeune ami, pour découvrir ta voie. Puisse faire ton destin qu’elle soit dans l’éthique de tout ce que nous aurions aimé avoir encore le temps de t’expliquer

Que tu deviennes ouvrier, ingénieur, membre d’une profession libérale ou éducateur de jeunes enfants, ta vie se construira sur le passé des hommes, sur celui des morts sous la mitraille ou dans les chambres à gaz, sur celui de ceux qui ont sacrifié leur futur pour le bénéfice de ton présent, pour que tu aies le bonheur de vivre dans un monde de tolérance et de liberté. Héritière de ce passé tu devras le restituer à ceux qui te succéderont afin que notre petite planète sur laquelle il pourrait faire si bon vivre, puisse un jour devenir la Terre des Hommes

Sam Braun

Pour l’Union des Déportes d’Auschwitz et des camps de Haute Silésie

Hôtel de Ville de Paris - 24 janvier 2010

 

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Par Gérard Delacour
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Dimanche 3 juillet 2011 7 03 /07 /Juil /2011 17:45

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La Cérémonie de Remise du Bouquet à la Vierge

"Le samedi 2 juillet vers 18h30, à l'issue de leur union religieuse, le couple princier se rendra à l'Eglise Sainte Dévote dans un véhicule hybride spécialement converti pour cette occasion. La foule, rassemblée tout au long de ce trajet, pourra féliciter le couple princier.

A leur arrivée, une courte cérémonie aura lieu en présence de l'Archevêque de Monaco Monseigneur Bernard Barsi, du Curé de l'Eglise Sainte-Dévote, Monseigneur Fabrice Gallo, et du Chanoine de la Paroisse Saint-Jean-Baptiste du Palais, le Père César Penzo.

Mme Marie-Clotilde Würz-De Baets, soprano, et sa fille de 11 ans, Melle Juliette de Baets, entonneront un chant à la Vierge

S.A.S. la Princesse Charlène déposera ensuite son bouquet de mariée sur l'autel de la Vierge.

Le parvis de l'Eglise Sainte-Dévote sera décoré de deux drapeaux végétalisés: l'un monégasque et l'autre sud-africain. Des paroissiens des différentes églises de la Principauté assisteront à cet événement.

Sur le parvis, le public pourra suivre la retransmission de ce moment sur un écran géant."

 

(Source le site officiel de la principauté de Monaco)

 

 

 

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Et moi, il me reste deux images, celle-ci :

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puis, celle-là :

 

images2.jpg

 

Ah!

 

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Par Gérard Delacour
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