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« Ne serait-il pas plus simple de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ? »  Bertolt Brecht

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Vendredi 5 novembre 2010 5 05 /11 /Nov /2010 11:32

 

Merci à Benoit Bénichou d'avoir posté cela sur Face de Bouc!

Le MEILLEUR est à partir de 1'16...

 

 

Non, on ne se moque pas, on pleure!

 

Par Gérard Delacour
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Samedi 30 octobre 2010 6 30 /10 /Oct /2010 19:29

Nouvelle.

 

 

« Le savon dans le cou, c’est un fichu truc. Ça laisse une impression dégoûtante, et la chose bizarre, c’est qu’on a beau s’éponger, on se sent poisseux tout le reste de la journée. Je descendis de mauvaise humeur, résolu à me montrer désagréable. » 

George ORWELL (1939) Un peu d’air frais. Paris : éd. Ivréa 10/18 n°3148 (1983), 13. 

 

 

Impossible de le dire et pourtant, en entrant dans ce restaurant, quelque chose de diffus, d’un peu sale, d’un peu vieilli, avec des tentures qui sentent la cuisine mais pas trop, une moquette bourrée de motifs en forme de tâches –elle avait été achetée pour cela -, des voilages aux fenêtres sur la rue, bref quelque chose d’assez ténu mais qui occupait tout l’espace, me saisit.

Je ne me sentis pas bien, d’emblée. Je n’ai jamais su dire quelle est la réalité de ces impressions dont la limite est indiscernable : était-ce effectivement dans l’air ou bien en moi-même seulement ?

Nous allâmes nous asseoir, lui sur la banquette, moi sur la chaise en vis à vis car j’ai toujours préféré l’assise sûre à l’enfoncement d’un tissu qui a cédé sous les postérieurs majoritairement féminins qui l’ont fatigué. Derrière mon hôte, au dessus d’un rebord garni de velours sans doute nauséabond, s’élevait un immense miroir sans bords, si grand que toute la salle s’y reflétait. Ce qui me permit de me rassurer de n’être pas coincé face à un mur trop proche, comme c’est souvent le sort de celui qui dîne en face de la banquette.

Il prit ses aises, ne confiant pas son manteau à la serveuse, pour étaler celui-là à côté de lui, sans même penser que des odeurs suspectes pourraient peut-être s’y imprégner par ce contact, au long du repas. Il prit une carte, sans se demander si j’avais vu la seconde, posée non loin, et commença sa lecture à voix haute : « Je te conseille, si tu aimes ça… Mais moi j’adore…, alors… » et je n’écoutais pas vraiment son baragouin car je savais qu’il commanderait si vite, le garçon une fois arrivé à notre table, que j’avais intérêt à me plonger dans ces listes trop fournies, dont vous savez d’avance qu’il est impossible qu’une cuisine puisse réussir autant de plats tous les jours sans avoir ses petites combines. Cela ne ratât pas : « Aujourd’hui, j’ai du turbot délicieux, cuisiné avec une petite… », nous lança le maître d’hôtel, ce qui signifiait simplement que le chef voulait en vitesse écouler le poisson en limite d’âge, avant de devoir le jeter. C’est toujours ainsi qu’il ne faut jamais prendre ce qu’on vous conseille, surtout du poisson avec des « petites sauces ».

Lui était toujours plongé dans sa lecture et je m’étais donc trompé en pensant qu’il me laisserait à peine le temps de faire mon choix. « Et bien…, aujourd’hui…, je vais prendre…, oui…, non…, non, comme d’habitude…, la bavette avec ses délicieuses frites…, double portion, bien cuites, euh…, croustillantes quoi ! Hein ! S’il vous plait ! » Mal élevé il était, très mal élevé, mais que signifie bonne éducation pour un franco-américain dont personne ne sait plus quand il se sent français et quand il n’est qu’américain contre tout ? Ah ! Si ! Il est français à chaque fois que, passant l’immigration à Roissy avec son passeport de citoyen des Etats-Unis d’Amérique, il sort de l’aéroport en vérifiant qu’il a bien sa carte de Sécurité Sociale de la République française. Ce qui ne l’empêchait nullement de me dire, trop souvent, qu’il était honteux que les français ne comprennent toujours pas qu’ils ne peuvent pas « accueillir tout le monde et soigner des maladies qui coûtent très cher, surtout des malades pas du tout français, hein !... Qui viennent du monde entier en France ! » Décidément, pour un authentique citoyen de l’Ouest, les français étaient « ingouvernables !... »

Je pensais à cela en le regardant terminer de lire la carte, les yeux déjà pointés en bas à droite dans la colonne des desserts, alors que nous n’avions encore rien devant nous.

Quand soudain, tout s’accéléra : la serveuse arriva avec deux verres de Kir et une assiette de saucisson coupé et sans doute pelé, ce dont je ne puis malheureusement pas m’assurer, comme on va le voir. Je vis deux corps, un de face, l’autre dans le miroir, se lever ensemble massivement, deux bras à l’horizontale pointer en direction opposée mais curieusement, de mon côté vers la serveuse, et en face, vers la même serveuse dont je vis la peau rougir cramoisie. Un flot d’injures s’abattit sur la pauvrette : « Non mais quoi ?! Qu’est-ce que c’est que ça ? Qui vous a demandé ça ?! Qu’est-ce que vous m’avez apporté là ? Remportez-moi ça tout de suite ! On ne vous a rien demandé, à vous, ni à personne ici ! Allez, ouste, dépêchez-vous, reprenez-moi cette cochonnerie ! », et ça, c’était un superbe jeu de mots.

« Non mais quand même ! Quel culot ! Me servir du saucisson, du…, je n’ai rien demandé, quoi !... La France, la France, ah ! C’est ça ! Aucune considération pour vous ! Aucun respect ! Aucun respect ! 

- Que t’arrive-t-il ? » lui dis-je en me glissant entre deux de ses éructations, sans rien ajouter, car l’idée que j’aurais pu vouloir du saucisson n’existait pas pour lui.

«  Il m’arrive qu’on ne me respecte pas. Voilà. C’est énorme, et c’est insupportable, ce pays ! On ne vous respecte pas.»

Je ne comprenais rien, absolument rien, de sa subite attitude, et de quoi il parlait. Des hypothèses couraient dans ma tête, mais rien qui se fixait. Et comme l’assiette était repartie très vite avec la serveuse, je ne pouvais pas même vérifier si son contenu permettait de comprendre un traitre mot de sa colère démesurée. Du saucisson, bien coupé et bien présenté, de toutes façons cela ne m’enchantait pas, car je pensais un tel apéritif bien inutile avant de manger le repas commandé, et si néfaste pour moi en tant qu’incontestable surplus de calories.

Il faisait la gueule, et cela s’était installé sans transition avec ma première impression à l’entrée de la salle. Il ne me parlait plus, il regardait tantôt au loin derrière moi, comme pour surveiller si l’assiette ne revenait pas, tantôt il visait sa serviette qu’il n’avait pas dépliée, comme pour dire je reste ou je pars ? Je n’existais plus. Je n’avais pas beaucoup existé depuis l’heure de notre rendez-vous dans son appartement parisien, tout proche de ce restaurant de quartier. Immeuble sans âge ni époque, sans couleurs, sans habitants, sans histoire, sans rien, moche aussi, gris, verdâtre, beige et sale. Un mauvais ascenseur marron, un globe blanchâtre pour éclairer le palier du 5e, je crois, une méchante moquette sans doute grise, et odorante – il avait dû avoir un chien, ou non, plutôt un ou plusieurs chats, à l’époque où il était un peu moins égoïste. J’avais pensé qu’il souhaitait m’y offrir un apéritif, mais rien. Avant de redescendre, lui par l’ascenseur, moi volontairement par l’escalier, il me dit que sa fille ne venait plus à Paris, qu’elle était sans doute définitivement en Suède avec son mari, que cela lui était égal car elle était devenue très méchante, qu’elle l’avait rendu responsable de la mort de sa mère, que cela n’avait plus d’importance pour lui, qu’il supportait maintenant très bien tout cela, mais que ça avait été très dur ; il me débitait le tout d’un trait, comme si je le savais déjà, comme si ce n’était rien, alors que c’était si fort, alors que c’était tout. Alors que c’était bien toute sa solitude qu’il me criait sans bruit, seulement distillée au long des phrases tranquillement enchaînées les unes aux autres, comme une fatalité insurmontable.

Je revins à moi en me voyant dans le miroir, derrière lui. Ça bougeait du côté de la cuisine. C’était sa bavette, aux échalotes bien sûr, tout ce que je déteste, ces sauces achetées chez Metro. Et les frites, à part dans une sorte de grand bol.

« Tu comprends, c’est pour ça que je ne viens plus très souvent… C’est pour ça que je finirai par ne plus venir, maintenant que je n’ai plus vraiment besoin de passer par la France pour mes affaires en Afrique… Ce pays est impossible. Jamais à New York on n’osera me proposer quelque chose que je ne peux pas manger, que je n’ai pas le droit de manger, on respectera mes…, on me respectera toujours, sans problème. Ici, ce n’est pas possible, ils ne pensent à rien, ils n’ont aucun respect pour rien !...

- Mais tu oublies que la République française est laïque » me permettais-je de lui dire en ayant soudain pris conscience dans un éclair de ce qu’il avait en tête.

« Alors, permets-moi de te dire que ça, ça ne vaut rien, hein ! Ca ne vaut plus rien, vos idées révolutionnaires qui n’en sont pas, hein ! Le respect de chacun, voilà ce qu’il faut respecter, voilà la morale, voilà la vie en société. Et pas cette imposition à tout le monde de n’importe quoi, hein ! »

Je ne répondais rien.

« Oui, je sais que tu n’es pas d’accord. D’ailleurs tu n’as jamais été d’accord. Tu n’aurais jamais pu rester vivre aux Etats-Unis. Vous les français…, vous êtes tous…, vous êtes tous communistes en fait, et c’est terrible !... Enfin…, cette fille exagère non ? Tu ne trouves pas qu’elle exagère beaucoup ?!...

 

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Photo G.Delacour, retouchée par Ph.Bougouin

 

- Je ne peux te dire qu’une chose, » lui disais-je pour lui signifier que tout cela commençait à me peser vraiment trop, « c’est que je ne comprends pas un mot de ce que tu penses. »

Alors, lentement, et dans un mouvement superbe, sans doute le dernier d’une ancienne amitié qui, en réalité, était déjà morte depuis un certain temps, ce dont je venais de prendre pleinement connaissance avec cet épisode ultime, il me déclara :

« Voilà. Je dois te dire que toutes ces idées grandioses de…, laïcité…, de respect de…, de liberté, égalité et tout ça, je te parle pas de la fraternité, alors ça !... C’est n’importe quoi, vraiment, encore plus ! Tout ça, je me suis rendu compte que ça ne tient pas. La démocratie, c’est laisser chacun vivre selon ses idées, dans sa communauté d’appartenance. Et moi, avec tous les événements, la mort de ma femme, la haine de ma fille, la fin de mon travail chez les noirots, le départ de mon amie pour le Canada, j’ai compris, je sais, j’en suis certain, je te le dis, surtout…, réfléchis bien à ça aussi pour toi…, avec tout ça, j’ai décidé de vivre complètement selon mes principes, mon appartenance…, selon ma loi…

- De quelle loi parles-tu ?

- Désormais j’intègre…, toutes les minutes de ma vie…, je vis chaque instant en respectant ma religion…, c’est ça mon guide unique, c’est mon bonheur. »

Je savais que nous ne nous reverrions plus puisqu’il avait tout dit, il avait bien marqué chaque mot, bien détaché chaque syllabe, comme un discours au bord du trou.

Je terminai mon repas, sans goût. Je ne l’ai jamais revu depuis des années, mais je pense à lui si souvent, souvent. En présence de tous les saucissons.

 

G. Delacour© parc Guerrier de Dumast, 27 octobre 2010
Pour Philippe Bougouin

 

 

Par Gérard Delacour
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Dimanche 24 octobre 2010 7 24 /10 /Oct /2010 11:28

Quand je vous dis, depuis plus de 15 ans, que la réalité virtuelle (et augmentée) ça existe, ça transforme notre société, et que ça se paye cher...

Voici le dernier avatar de la rencontre entre technologies numériques et politique militaire.

 

 

Ce drône "civil" existe, exactement comme montré dans ce clip. Deux caméras, une dessous, une frontale, envoient leurs images à l'écran de l'iPhone dont les capteurs d'inertie permettent le pilotage du drône.

C'est en vente 299 euros à la FNAC (morceau de plastique coloré assez laid et carte mère sans doute démolie au premier choc).

La perversité, un fois de plus à l'oeuvre, c'est l'envie de jouer avec (où?), et d'être ensuite certain que le lendemain, on n'en a plus envie, car ce n'est rien d'autre qu'une idée de puissance (voler comme...), donc pouvoir, donc risque, donc jouissance non renouvelable.

Encore un Objet qui vient prendre la place du Sujet (J.Baudrillard, Les Stratégies fatales).

 

Gilbert Bécaud le chantait autrement, dans un autre monde :

 


Gilbert Becaud - Dimanche à  Orly

 

Bon dimanche !

 


Par Gérard Delacour
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Mercredi 20 octobre 2010 3 20 /10 /Oct /2010 17:12

En juillet, j'ai publié des interventions de Sam PITRODA, Ministre chargé de l'innovation en Inde : Innovation pour 2020 (1)

Voici une conversation apparemment décontractée, sur une plage de Bretagne, entre trois enseignants.

Comme il est indiqué, il s'agit d'une "Causerie avec Marcel Lebrun Université Louvain le Neuve et Olivier Lerouge de l'école Nationale de Voile sur les débuts d'Olivier en Elearning"

Learning? Apprendre, mais dans quel sens? Marcel Lebrun dit qu'il est évident qu'il s'agit de recevoir (learning). Mais pour cela, il faut du "teaching", et ce n'est pas simple.

Enfin, si vous avez 15 minutes, voici un échange filmé, où il est question (tout à la fois) de temps présentiel, de documents, de connaissances, de compétence, de savoir-faire contextualisés, d'erreurs, de se filmer en train de faire, et surtout de "technologies pour rendre l'enseignement plus compatible avec la société d'aujourd'hui" (sic), le tout très décontracté au bord de l'eau et du vent dans le micro.

Ce qui est bien - pour moi - c'est que cela me fait écrire - de quoi publier, et j'annoncerai lorsque ce sera édité -.

 

 

"Causerie avec Marcel Lebrun Université Louvain le Neuve et Olivier Lerouge de l'école Nationale de Voile sur les débuts d'Olivier en Elearnin", voir la plateforme de l'Uinversité de Lyon 1 :  SpiMotion

 

 

 

Par Gérard Delacour
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Dimanche 17 octobre 2010 7 17 /10 /Oct /2010 00:00


De nouveau, à la demande générale, et avant les fêtes de fin d'année, voici ma recette de foie gras de canard mi-cuit :
- le foie frais est encore à un prix abordable,
- vous ferez une belle fête d'hiver,
ce qui permet d'apprécier d'autant mieux les saveurs.

Vos commentaires sont les bienvenus.
J'ai deux ou trois autres recettes simples, si cela vous intéresse.

Le bon Docteur de Pomiane n'en penserait certainement que du bien...

Foie Gras Gidi (mi-cuit)

Choix du foie gras de canard
Il faut qu'il soit rosé ou de couleur saumon "cuisse de nymphe". Il ne doit en aucun cas être gris ou beige. Il vaut mieux un foie plus jaune-rose que plus blanc. Si vous avez la chance de pouvoir le toucher et s’il ne sort pas d’un réfrigérateur trop froid, il doit être souple sans avoir tendance à se casser sous la pression du doigt. Il doit avoir une bonne odeur de frais. Il ne dépassera jamais les 550 grammes maximum, il vaut mieux en prendre deux petits qu'un gros.
Refusez un foie avec des traces de bile (regarder en dessous).

Début de la préparation
- placez le foie tel quel 20 minutes dans de l'eau à température de la pièce, égouttez doucement,
- à chaque fois que vous manipulez le foie, faites-le avec des mains plutôt froides, posez le foie sur un linge propre sans odeur,
- ouvrez délicatement avec vos doigts le foie par dessous et, avec un couteau pointu, enlever les morceaux gras (blancs) et les "nerfs" c’est-à-dire les vaisseaux visibles.
Au cas où quelques traces (vert jaune) de bile seraient visibles entre les lobes, n'hésitez pas à enlever largement l'emplacement touché. (Encore une fois : inspectez bien le foie avant de l'acheter! Ne vous laissez pas servir sans regarder en dessous !).
En suivant un vaisseau (en général avec sang) vous ouvrez davantage le lobe avec vos pouces, mais n'allez pas trop loin, c'est inutile, vous "casseriez" les chairs. Votre foie rendrait plus de graisse à la cuisson. De toutes façons, si le foie a tendance à s’ouvrir en se « cassant », c’est signe de qualité médiocre, ne le travaillez pas trop, les vaisseaux ne sont pas gênants et ont tendance à disparaître avec la cuisson. Posez les morceaux dans un grand saladier en verre ou en porcelaine. Recouvrez d'un linge propre (et sans parfum !).

Saveurs d'accompagnement
Pour un foie de 500 grs environ, mélangez dans un bol :
- 2 cl de très bon cognac ou armagnac et 3 cl de vermouth (Noilly Prat blanc)
- 7 grammes de sel blanc fin et 4 grammes de poivre gris surfin (à peser précisément)
- une pointe homéopathique de gingembre moulu très fin, mais si vous n’en avez pas, ce n’est pas essentiel.
- surtout pas de sucre!
On peut aussi remplacer le vermouth par du très bon champagne, plus subtile, moins goûteux. Ou bien encore de la fine champagne, de l’excellent cognac ou de l’excellent armagnac. Il est faux de croire que les mauvais alcools sont bons pour la cuisine.

Préparation (suite)
Les lobes du foie et les morceaux obtenus lors de la préparation se trouvent dans un saladier en verre ou porcelaine (pas de bois). Verser dessus la marinade. Retourner délicatement le foie pour qu'il s'imbibe de tous les côtés. Posez une lamelle de foie sur du bon pain et mangez. Il doit être déjà goûteux et relevé. Ne touchez néanmoins plus à l'assaisonnement. Arrêtez de manger des lamelles... (sur du pain grillé et chaud, en ajoutant un peu de sel, c'est vraiment irrésistible, quoique cru!).

Mise en terrine
L'idéal est une terrine dite à galantine, en porcelaine blanche de forme rectangulaire évasée, pour laquelle on aura confectionné une planchette de contreplaqué qui puisse entrer d'un cm au moins dans la terrine. Cette planchette sera emballée soigneusement dans du papier aluminium qui la rendra "étanche". Toute autre terrine, de forme quelconque, peut convenir, mais pensez au moment où il faudra couper des tranches. Il existe maintenant des terrines en matière plastique alimentaire qui vont au four et qui sont parfaites pour faire cadeau du foie cuit (On en trouve à Paris chez La Bovida, 36 rue Montmartre).
Placez les lobes et morceaux de foie gras dans la terrine directement (sans barde). Pressez doucement mais fermement avec la main. Remplissez les trous avec de petits morceaux. Selon la taille de votre terrine (faites des essais!), vous devrez prévoir un ou plusieurs foies pour la remplir jusqu'à 1,5 cm en dessous du bord. Pressez encore, avec le poing fermé, appuyez bien sur le foie.
Protégez cette préparation en la recouvrant d'un linge propre (sans parfum !!).

Cuisson (le véritable secret de cette recette)
Placer dans le four un plat "lèchefrite" assez profond.
Posez la terrine dans le plat et versez de l'eau, aussi haut que possible, pour faire un grand bain-marie.
Mettez à chauffer à 90° maximum. Votre four doit donc être réglable. S'il ne l'est pas clairement, faites des essais préalables avec un thermomètre de four. On peut réussir cette recette dans un vieux four à gaz, à condition de repérer très précisément la position du thermostat pour obtenir 90° au maximum.
Vous devez respecter les chiffres suivants, au choix:
- 85°, 2h00 = foie très lisse, mi-cuit rosé.
- 90°, 1h40 = foie lisse, mi-cuit.
Pour obtenir un foie plus cuit qui se conservera donc plus longtemps, il faudra appliquer la cuisson suivante :
- 85°, 2h30, avec le risque, si les foies ne sont pas de qualité irréprochable, d’obtenir trop de graisse en surface.
Aux durées ci-dessus, il faut ajouter le temps de chauffe du four à la température, variable selon les fours.
C'est pour cette raison qu'on peut:
- faire chauffer d'abord le four avec le plat rempli d'eau (Attention de calculer la quantité car il faudra poser la terrine dedans sans faire déborder. Remplissez d’eau en plaçant la terrine vide)
- enfourner la terrine au bain-marie quand la température est atteinte, puis respectez les durées ci-dessus.
La température est impérative, son respect conditionne votre réussite qui sera garantie.
Un four à 100° ou 110° transformera votre foie en terrine... de gras de canard ! N'écoutez donc aucune des recettes qui annoncent par exemple « 20 minutes à 160° » ou pire encore « 1 heure à 180° » ! Ce sont les mensonges de ces cuisiniers qui ne veulent pas donner leurs recettes.

Sortez le foie du four au bout du temps décidé. Posez la terrine sur une planche de bois (ça glisse moins) et posez la planchette aluminisée. Pressez jusqu'à ce qu'elle adhère bien au foie (du liquide, du gras et du jus doivent sourdre autour). Dès que la terrine a commencé à refroidir, et sans la renverser, entourez-la le mieux possible de plusieurs tours de papier d’aluminium. Il faut une étanchéité maximum pour qu’il n’y ait pas d’échanges entre le foie et son environnement. Placez la terrine au réfrigérateur le plus tôt possible, et n'y touchez plus jusqu’à ce qu’il soit bien tiédi. Entourez alors généreusement la terrine déjà emballée dans l’aluminium avec du plastique alimentaire transparent en rouleau. Vous devez emmailloter la terrine de plusieurs tours pour qu’aucun échange ne puisse se faire entre le foie et l’extérieur.

Conservation avant consommation
On dit qu’il vaut mieux manger une terrine un peu "confite". Mais l’usage m’a appris que moins le foie a été cuit, et plus on peut le manger tôt, contrairement à l’opinion répandue. J’ai même fabriqué des terrines le soir pour le lendemain midi, et après une seule nuit au frais, elle était délicieuse. La terrine pourra aussi attendre plusieurs jours, mais attention, le foie mi-cuit peut « tourner » très vite dès qu’il est entamé.
Le lendemain de la cuisson, il faut:
- enlever le papier alu et la planchette de bois,
- lisser la graisse jaune de canard.
Si vous souhaitez absolument faire une présentation moins rustique, par exemple avec herbes, grains de poivre et/ou truffe :
- ôter la graisse de canard qu’on gardera pour faire des œufs au plat ou des pommes de terre sautées (sublime !)
- lisser proprement le dessus de la terrine avec le dos d’une cuillère, et en profiter pour gratter un peu de foie et le goûter sur du pain grillé ou que vous aurez cuit vous-même, sortant du four. C’est à ce moment là que vous sentirez ce qu’éprouve sans doute un grand chef…
- placer votre décor (herbe, poivre, truffe…),
- couler un peu de gelée à peine tiède, de la vraie sinon rien,
- replacer la terrine dans le papier aluminium comme précédemment,
- finir par étanchéifier totalement en emmaillotant la terrine de plusieurs tours de cette cellophane alimentaire qu'on trouve en rouleaux.
Placer au réfrigérateur en évitant de coller la terrine sur une paroi glacée, pour au moins 1 nuit, et jusqu'à 4 jours maximum si votre foie est mi-cuit.

POUR UNE TERRINE A PLUS LONGUE CONSERVATION :
Si vous devez transporter loin ou si vous voulez conserver cette terrine plus de huit jours avant de la consommer : faites fondre doucement de la graisse d'oie (que vous trouvez en boite de conserve ou en bocaux. A Paris, tout près de La Bovida : « Foie Gras Luxe », 26 rue Montmartre, dans le fond de la cour, en vend de l’excellente). Transvasez dans un bol froid. Dès qu'elle commence à épaissir car elle refroidit, étalez-la à la cuillère sur la terrine et faites un couvercle totalement étanche en lissant bien sur les bords tout autour, de façon qu'il n'y ait aucun contact du foie avec l'air. Remmaillotez votre terrine comme expliqué ci-dessus. Une fois bien froide, la pellicule de graisse d'oie s'enlève facilement le jour où vous ouvrez pour déguster.

SERVIR LA TERRINE
La
terrine s'entame avec un couteau à large lame bien chauffée en la trempant dans l'eau bouillante. On peut aussi poser quelques instants la terrine dans un plat rempli d'eau tiède, et démouler le tout pour couper plus facilement des tranches sur une planche. Il vaut mieux ensuite entourer ce qui reste de papier alu et de papier transparent que de laisser le foie dans la terrine avec de l'air. Le foie est mi-cuit, et dès qu'il est entamé, il s'oxyde rapidement. Ne le gardez pas plus de 2 jours, même au frais.

Tout est bon avec, depuis le Gewurztraminer Vendanges Tardives jusqu’au Château Yquem, mais je le mange aussi en buvant un excellent Bourgogne rouge très subtil : le Fixin. Certains autres Bourgognes légers peuvent parfaitement plaire. Question délicate car certains convives n'aiment pas de vin doux, d'autres en raffolent. Un excellent Champagne Blanc de Blancs est en fait souvent le meilleur choix pour des invités divers.

On ne tartine pas le foie, on le pose sur des tranches de très bon pain, légèrement grillé et chaud ou bien non grillé et bien frais. La vraie baguette est délicieuse, le pain de mie moins intéressant qu'on le croit. Les petits pains bis, aux céréales, aux noix, voire aux raisins, un peu chauffés dans le toaster, peuvent être excellents.

Où acheter le foie?
Si vous ne connaissez personne au marché d'Albi ou dans la région, si vous ne connaissez pas le fournisseur breton, alsacien ou bourguignon non loin de la maison de votre tante, n'hésitez pas : allez par exemple rue Montmartre à Paris, chez « Foie Gras Luxe » (une vieille maison, au fond d'une cour, que j’ai connue du temps des Halles Baltard), et comparez les prix avec les autres marchands dans la même rue ou avec votre traiteur.
Exigez la meilleure qualité, elle sera 6 à 8 euros plus chère au kilo que les autres. On trouve du foie gras cru de canard d'excellente provenance pour un prix entre 35 et 39 euros le kilo toute l'année. Dans certains hypermarchés, tel Auchan, on trouve de bons produits, même congelés, entre 20 et 30 euros le kilo (foies de 400g) qui font de très honorables terrines.
Vous pouvez donc aller dans les grandes surfaces (Inno, Carrefour, Metro etc...) mais il sera peut-être plus difficile de faire un bon choix. Vous ne trouverez pas partout de foie frais toute l'année.
N'oubliez pas : la couleur du foie est primordiale. Le foie frais de canard n'est jamais bon s'il est blanc ou gris ! Il doit être rosé tirant vers l’orange, idéalement saumon "cuisse de nymphe" et souple (touchez le à travers l'emballage plastique…)

C'est parce que je ne trouvais plus de bon foie mi-cuit à des prix raisonnables pour régaler ma maison et mes amis que je me suis décidé à le préparer moi-même. C'est très simple si on est précis, et c'est délicieux.


En résumé :
- choisissez bien vos foies d’après leur couleur,
- cuisez en écoutant mes conseils de température.
Vous ne pouvez pas le rater.

 

Gérard Delacour© 1992-2010

 

 
Par Gérard Delacour
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Vendredi 15 octobre 2010 5 15 /10 /Oct /2010 13:42
"Charles Baudelaire revendiquait deux droits fondamentaux : le droit de s’en aller et le droit de se contredire
  Alex Türk, le président de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés - CNIL France

 

 

Emission de Canal Plus à regarder attentivement :

 

 

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Par Gérard Delacour
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Mercredi 13 octobre 2010 3 13 /10 /Oct /2010 12:52

J'ai reçu cela.

Tout de suite, je me demande, qu'est-ce qui cloche dans cette déclaration? Il y manque un élément essentiel: la notion de masse critique. Et c'est bien là toute la question.


Eric Cantona et les Banques

 

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Par Gérard Delacour
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Mardi 5 octobre 2010 2 05 /10 /Oct /2010 18:12

 

Voici un moment de musique. Pour comprendre ce qu'est écouter de l'opéra, il faut entendre au minimum 2 minutes 30 de chacun des extraits ci-dessous.

Tout d'abord l'air de la Wally. Et commençons par Anna Netrebko.

 

C'est beau, poli, mais je ressens que c'est souvent faux.

Voici Katia Ricciareli (montez le son, il est bas):

J'attends la passion, elle ne vient pas. Et la fin de l'air (à partir de 3 minutes 20) me tue : quelles autres forces faudrait-il avoir pour chanter cela?

Alors écoutons Angela Gheorghiu : 

Voilà, le frisson courent sur vos bras, il se passe ce quelque chose qui accompagne la voix, en dehors, en vous, ici au coeur de vos larmes. C'est le moment d'écouter Maria Callas :

Tant de présence dans des secondes de nuances, le drame présent, soutenu par l'orchestre. Là, c'est devenu insupportable de beauté à écouter, non? Elle s'approche de vous avec toutes les couleurs possibles, même quand Callas chante un peu à côté de la note (fin de l'air), c'est sublime.

L'interprétation de Montserrat Caballe nous apaise:

Oui, la partition est maintenant sur une mer solide, où tout est dit, chaque note, chaque passage, chaque nuance trouvent leur existence parfaite.

Alors je pense à Kiri Te Kanawa..., en concert :

L'enregistrement est mauvais.

Dame Kiri Te Kanawa est excellente, comme toujours, car elle est toujours dans l'excellence, c'est cela que certains lui reprochent. Personnellement, j'aime sa présence classique, surtout quand elle se bouscule davantage, comme dans R.Strauss.

Puisque j'ai eu le bonheur d'entendre une très jeune chanteuse chanter cet air lors d'une audition ce lundi, mais que je ne peux vous faire partager ma joie, terminons par la perfection, oui, qui existe et qui existera.

Renata Tebaldi chantait ainsi en 1953 à la Scala :

 

J'arrête ici ce petit voyage dans l'écoute avec Catalani.

 

Pour le renouvellement immédiat du plaisir, et pour évoquer l'opéra de Dvorak, RUSALKA, qui vient d'être donné à l'Opéra National de Lorraine, voici trois interprétations du Chant à la Lune.

Tout d'abord, la chanteuse préférée de ma jeunesse pour les cantates de Bach, Lucia Popp:

Elle en fait une prière, de cet air si populaire, de cet opéra joué près de 600 fois à Prague depuis 1901! Histoire de l'impossible, du diaphane amour de Rusalka et du Prince.

Maintenant, Renée Fleming...! Extrait d'un concert en 1991, il en existe bien d'autres enregistrements. Elle a bien entendu chanté aussi l'air de la Wally (cherchez-le sur YouTube) :

Renée Fleming porte le chant à la solide hauteur de sa force intime, sublime Fleming, sa puissance de douceur, sa précision où elle nous tient.

Et puis oui, je vous donne une autre superbe Fleming, plus jeune, sur scène :

Le dernier extrait de cette promenade de soirée est avec Frederica von Stade :

Ce n'est plus la petite fragile Rusalka, cette femme, accompagnée par le chef Seiji Ozawa, porte les sons et emporte les couleurs de la nuit lunaire.

 

Par Gérard Delacour
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Lundi 13 septembre 2010 1 13 /09 /Sep /2010 00:05

 

31521 sakineh-mohammadi-ashtiani-sur-une-photo-non-datee-fo   sakineh   Sakineh-sans-voile

 

  Pour elle et tout ce qu'elle représente, dimanche 12 septembre, Place de la République.

 

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Photos iPhone Gérard Delacour (c)

 

 

Par Gérard Delacour
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Samedi 11 septembre 2010 6 11 /09 /Sep /2010 09:17

...Charles de la Mothe de Carbonnel, adresse un « mémoire » à son évêque afin de le renseigner sur le comportement des habitants de sa paroisse.

Ce texte est intéressant par la description des classes d’habitants et par le descriptif corrosif de leur comportement.

" La paroisse de Crona est d’une grande étendue, ayant plusieurs hameaux dont quelques-uns sont éloignés de plus d’une lieue ; la desserte est d’autant plus difficile que les chemins sont de tous côtés impraticables.

Les paroissiens sont en général d’une extrème pauvreté depuis 1709 qu’ils ont été contraints de vendre chacun leur petit fonds, vivant la plus grande partie de l’année sans sel, n’ayant presque aucun meuble qui vaille la peine de la saisie…

La plupart des domaines ne sont bons que pour le nourry et le vendu des bestiaux, qu’à l’égard du grain qu’on y recueil, à peine suffit-il tant la part du maître que du métayer pour nourrir le laboureur pendant l’année.

Les habitants peuvent être distingués en quatre classes :

1) des personnes qui se disent bourgeois, gens oisifs, et dont l’occupation est de s’enyvrer, et dont la conduite n’est rien moins qu’édifiante ;

2) des laboureurs au nombre de près de quarante, mais tous d’autrui, et fort pauvres ; en général, ils sont asez bone gens, et craignent Dieu ;

3) d’artisans et de cabaretiers, qui au nombre de plus de quinze, dans les maisons desquels il passe de grands désordres ;

4) de journaliers et de pauvres veuves…

Le désordre le plus grand règne, qui entraîne avec soy une infinité d’autres crimes, de querelles, de batteries, de jurements horribles, de paroles impudiques, de désunions dans les familles c’est l’ivrognerie. Particulièrement les dimanches et les jours de fêtes qu’on profane impunément ; car c’est particulièrement dans ces saints jours que les cabarets sont remplis d’yvrognes, qui commettent toutes sortes de désordres, même pendant le Service Divin.

Un autre grand désordre, c’est la profanation des Lieux Saints, non seulement on s’y tient immodestement pendant les Services, mais on a l’insolence de rompre par dérision et publiquement pendant qu’on chante l’Evangile, pendant la Messe, les fiches de fer mises autour des fonts baptismaux.

D’autres viennent impudemment au Service plein de vin, y vomir et y causer d’aurtres actes scandaleux.

On profane plus fréquemment le chapiteau qui fait partie de l’église, et le cimetière dont on fait un lieu de promenade et de marché, tous les dimanches et fêtes pendant le Service Divin, car on y cause aussi haut que dans une foire et on y tient les postures les plus indécentes. Ce sont les petits bourgeois qui donnent en cela le grand scandale aux faibles. D’autres viennent insolemment se présenter au tribunal de la Pénitence estant ivres, d’autres estant dans le même estat, viennent demander des billets et s’enyvrent le jour mesme qu’ils auront fait leur communion.

En géneral, les principaux qui entraînent une bonne partie avec eux ne se soucient ni des déclarations du Roy, qu’on leur a lues publiquement sur leurs devoirs, ni des arrêts qui défendent leurs désordres, ni des décrets des Etats Généraux, et encore moins des commandements de Dieu et de l’Eglise.

Que sa Grandeur juge de la condition malheureuse du Pasteur à qui Dieu a donné la volonté de s’acquitter de ses devoirs. Il ne s’est jamais plaint, ni en particulier, ni en public, des outrages personnelles qui luy ont été faite par les principaux, que dans ce mémoire présente à sa Grandeur des calomnies, des assemblées… et tous actes faites contre luy, des insultes jusqu’à arracher nuytamment les palissades de son jardin, les emporter, en jeter d’autres dans le chapiteau, arracher le marteau de sa porte, enfin jusqu’à menacer de l’assassiner ".

 

Document conservé aux archives départementales de Saône et Loire (Registres Paroissiaux de Cronat) voir Source de la page

 

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Le GDBlog

 


Par Gérard Delacour
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Jeudi 2 septembre 2010 4 02 /09 /Sep /2010 18:15

... me conseille de présenter cette séquence théâtrale, que je m'empresse de mettre en ligne.

Et il en est d'ailleurs ravi :

PhB2010.jpg

 

Voici. C'est vrai que j'aime beaucoup.

 

Par Gérard Delacour
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Samedi 21 août 2010 6 21 /08 /Août /2010 11:32

 

Là où on atteint à l'indicible.

 

Par Gérard Delacour
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Samedi 10 juillet 2010 6 10 /07 /Juil /2010 11:08

 

Je souhaite ouvrir ici une suite de réflexions sur l'innovation en éducation.

 

Sam PITRODA, Ministre chargé de l'innovation en Inde, nous aide à poser certaines questions.

Pour lui, l'innovation doit s'appuyer sur la capacité de chacun à travailler en équipe (large teams), et à échanger au rythme nécessaire pour penser les innovations qui doivent s'intéresser "à la base de la pyramide" et non au sommet.

Cela a des conséquences d'envergure. Pour être capable de travailler en équipe avec la réactivité nécessaire, il faut apprendre cet échange, reconnaître cette nécessité, accepter de partager, s'interdire de garder pour soi ses petites trouvailles et ses grandes idées... individuelles. Tout le contraire de ce à quoi nous sommes habitués et plus ou moins contraints par le système d'enseignement et d'éducation du modèle occidental.

 

Voici quelques extraits d'intervention et interviews de Sam PITRODA.

Nous y trouvons les expressions et slogans suivants :

- "web has changed learning" : le web a transformé l'apprendre

- "traditional learning outmoded" : l'apprendre traditionnel est démodé

- "education needs rethinking" : l'éducation nécessite d'être repensée

- "flexible education needed" : l'éducation nécessite d'être flexible (?)

- "need for ethical education" : le besoin d'une éducation éthique

- "emphasis on knowledge" : insister sur le savoir

- "virtual classrooms needed" : le besoin de classes virtuelles

etc.

L'Inde, par la voix de Sam PITRODA, récemment présent à la conférence LIFTFRANCE à Marseille, pose ainsi la question de son action, dans le domaine de l'éducation, en direction des "pays pauvres", c'est-à-dire à dominante numérique d'une population très pauvre, ainsi que ce pays l'est lui-même.

Les conséquences en sont directes sur l'évolution du modèle économique du Monde dans les dix prochaines années, et c'est pourquoi cet engagement nous intéresse, nous qui vivons à l'Ouest du grand continent eurasiatique.

 

 

Cet article pose les prémisses d'une première réflexion. Puis-je espèrer que le lecteur de ces lignes réagisse en utilisant la case en bas à droite de cette fenêtre (Ecrire un commentaire) ?

 

 

Réforme de l'Education en Inde

 

Les bases historico-symboliques de Sam PITRODA

 

 

Quel point d'application pour l'innovation? Les "slums" (taudis, bidonvilles) et pas les riches qui achètent iPad.

 

 

 

La question reste entière quant au problème que j'étudie depuis 1982 : comment un système à base binaire (informatique) peut-il faciliter ce que l'enseignement classique a déjà tendance à oublier, c'est-à-dire la médiation indispensable (l'interaction subjective) entre enseignant et apprenant.

 

- à suivre -

Par Gérard Delacour
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Mardi 15 juin 2010 2 15 /06 /Juin /2010 22:28

 

Certains font même des thèses sur cette réalité : ça ne s'apprend pas, ça "s'invente" !

7 minutes en temps réel pour accompagner une performance complexe, au rythme lent d'un avion qui vole puis qui... plane.

(METTEZ LE SON et cliquez sur la croix à droite sous l'image pour supprimer le bandeau de pub. Si vous cliquez sur les 4 flèches sous "YOU", vous aurez une image en plein écran)

 

 

Esthétique de la décision, connaissance des limites de vol de l'avion, expérience approfondie de l'atterrissage : regardez comment le pilote tire un peu sur le manche (à 6'27") quand il est à 220 pieds et remonte à 360 pieds (à 6'47") pour "casser" la vitesse de l'avion (regardez le Badin qui s'effondre) juste avant de se poser cabré sur l'eau.

Les pilotes apprécieront de suivre sur les deux instruments (altimètre et Badin) comment la machine est pilotée et comment elle réagit. Et si vous n'êtes pas pilote, regardez les images, imaginez-vous dans le cockpit (image en bas à gauche) pour comprendre qu'il est extrêmement difficile d'évaluer la hauteur de l'avion par rapport à de l'eau.

Un avion, ça plane très bien, n'en doutez pas. Le seul problème c'est de retrouver le "plancher des vaches" sans bobo. Dans cet épisode, ce qui est remarquable, c'est l'esprit de décision du commandant de bord, car en même temps qu'il manoeuvre, il reçoit des instructions (voir 2e enregistrement ci-dessous) pour tenter de revenir à La Guardia (impossible), puis pour aller se poser dans le New Jersey (à sa droite, impossible aussi) et il ne le tente pas, heureusement. Le commandant de bord peut recevoir des conseils ou des ordres, c'est lui qui a l'autorité pour décider, en dernier ressort. Dans ce cas, sa décision a été la bonne.

Cette compétence se double de la capacité de piloter à vue la machine, face à la grande chance de cette histoire: une piste en eau, juste sur le côté gauche après l'incident qui stoppe les moteurs.

Sans aucune commune mesure avec cet exploit, et sans autre prétention que mon expérience de 25 ans de pilotage privé (et 2 sueurs froides), je répondrai aux questions que vous voudrez me poser (ci-dessous à droite : "Ecrire un commentaire")

 

Et voyez une seconde vidéo avec un enregistrement de la bande son étendu à l'ensemble des communications entre et avec les tours de contrôle des différents terrains et plusieurs fréquences concernées qui, en temps normal, se succèdent (tour et sol) :

 

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Par Gérard Delacour
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Dimanche 6 juin 2010 7 06 /06 /Juin /2010 10:31

 

De l'humour, même sur les événements les plus confus qui nous sont rapportés?!

De l'humour, encore de l'humour!

(Fermer en cliquant sur la croix de droite, le bandeau de pub sous les sous-titres)

 

Et maintenant, l'article de David Grossman (source : Tribune du Nouvel Observateur)

[TRIBUNE] "Notre honte n'en sera que plus lourde"

Dans un texte pour le Nouvel Observateur, l'écrivain israélien David Grossman dénonce l'attitude de l'Etat hébreu lors du raid contre la flottille : "faut-il qu’un pays soit en proie à la peur, à la confusion, à la panique pour agir de la sorte !"

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David Grossman (Sipa)David Grossman (Sipa)

Rien ne peut justifier ou absoudre le crime qui vient d’être commis. Aucune excuse ne peut motiver l’action stupide du gouvernement et de l’armée. Israël n’a pas envoyé ses soldats tuer des civils de sang froid, c’était même la dernière chose qu’il souhaitait. Et pourtant, une petite association turque, aux conceptions religieuses fanatiques, radicalement hostile à notre pays, a pu gagner à sa cause plusieurs centaines de défenseurs de la paix et de la justice et attirer l’Etat hébreu dans un piège, précisément parce qu’elle savait comment il allait répondre, tant son comportement est prévisible, tel un pantin dont il suffit d’actionner les fils pour le manœuvrer.

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Faut-il qu’un pays soit en proie à la peur, à la confusion, à la panique pour agir de la sorte ! En déployant une force militaire disproportionnée, en n’anticipant pas la véhémence de la réaction des passagers, Israël a causé la mort de civils, de surcroît, hors de ses eaux territoriales, comme si ses soldats n’étaient qu’une bande de pirates. Cela ne signifie pas pour autant que nous soutenons les buts, affichés, sous-jacents, parfois malveillants, de ceux qui ont pris part à cette équipée. Ces gens n’obéissaient pas tous à des motifs humanitaires ou pacifistes, comme le prouvent les déclarations de certains d’entre eux appelant à la destruction d’Israël. Mais ce constat importe peu aujourd’hui : de telles opinions ne méritent pas, que je sache, la peine de mort.

L’opération lancée lundi par Israël s’inscrit dans la suite logique du blocus honteux de Gaza qui, à son tour, ne fait que refléter une approche brutale et arrogante. Pour obtenir la libération d’un seul de ses soldats prisonnier, aussi aimé et précieux soit-il, le gouvernement israélien est prêt à punir un million et demi de Palestiniens innocents. Ce siège n’est que la conséquence encore une fois directe d’une politique rigide et maladroite qui, par défaut, ne repose que sur l’usage excessif de la force, au moment où il faudrait faire preuve de sagesse et de sensibilité.

Toutes ces calamités –les événements dramatiques de lundi compris- semblent être les symptômes du mal plus large qui frappe Israël. Confronté à des défis de plus en plus graves et complexes, notre classe politique à bout de souffle se montre à chaque fois plus inflexible. Elle est pourtant pleinement consciente que ses actions ont eu, au fil des années, des effets désastreux et l’ont plongé dans un inextricable imbroglio. Mais elle a perdu ce qui faisait la caractéristique d’Israël et de ses dirigeants : un mélange de créativité, d’originalité, de vivacité.

Le blocus de Gaza a échoué. Cela fait déjà plus de quatre ans qu’il ne fonctionne plus. Il n’est pas devenu simplement immoral, mais aussi impraticable. Il ne fait qu’empirer la situation et va à l’encontre des intérêts vitaux d’Israël. Les crimes du Hamas, qui a tiré des milliers de missiles sur les villes et villages israéliens, qui détient depuis quatre ans le soldat Gilad Shalit, sans même avoir permis une seule fois à la Croix Rouge de lui rendre visite, doivent être fermement combattus avec tous les moyens légaux dont dispose un Etat souverain. Maintenir en état de siège une population civile n’en fait pas partie.

Je voudrais croire que le choc provoqué par cette attaque violente conduira notre gouvernement à mettre fin aux souffrances des Palestiniens, à reconsidérer l’idée même d’un blocus et à débarrasser Israël de cette souillure morale. Mais dans cette région tragique, nous savons par expérience que le contraire se produira, que nous serons à nouveau entraîné dans un cycle de haine, de vengeance, de violence d’une amplitude encore inconnue. Plus que tout, cette opération insensée donne la mesure du déclin d’Israël. Inutile de le démontrer. Chacun peut le voir avec ses propres yeux. Déjà, certains parmi nous tentent de justifier l’injustifiable et de faire endosser au reste du monde la culpabilité d’Israël. Notre honte n’en sera que plus lourde à porter.

 

David Grossman

 *Figure du camp de la paix en Israël, David Grossman est l’auteur de nombreux romans et essais politiques dont "Les exilés de la Terre promise". Son fils Uri a été tué lors de la dernière guerre du Liban. Dernier livre paru : "Dans la peau de Gisela" (Seuil, 2008)

Ce texte de David Grossman a été publié également en hébreu dans le quotidien israélien Haaretz mercredi 2 juin 2010

Par Gérard Delacour
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