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« Ne serait-il pas plus simple de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ? »  Bertolt Brecht

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Dimanche 13 mars 2011 7 13 /03 /Mars /2011 09:10

Edouard Glissant (21 sept.1928-3 févr.2011) nous laisse, avec Patrick Chamoiseau, un court texte édité par Galaade (institut du Tout-Monde) qui vient nous porter un "indignez-vous" (puisque c'est la mode), positif, ardent et constructif : "QUAND LES MURS TOMBENT, L'IDENTITE NATIONALE HORS-LA-LOI?"

 

EGlissant11

"Une des richesses les plus fragiles de l'identité, personnelle ou collective, et les plus précieuses aussi, est que, d'évidence, elle se développe et se renforce de manière continue -nulle part on ne rencontre de fixité identitaire-, mais aussi qu'elle ne saurait s'établir ni se rassurer à partir de règles, d'édits, de lois qui en fonderaient d'autorité la nature ou qui garantiraient par force la pérennité de celle-ci.

Le principe d'identité se réalise ou se déréalise parfois dans des phases de régression (perte du sentiment de soi) ou de pathologie (exaspération d'un sentiment collectif de supériorité) dont les diverses "guérisons" ne relèveraient pas, elles non plus, de décisions préparées et arrêtées, puis mécaniquement appliquées." (p.1)

 

Et il me vient très clairement, grâce à ces 26 pages écrites en gros caractères, que "identité" opère sa commutation en "Humanité". Ainsi lorsque je lis : "... l'identité est d'abord un être-dans-le-monde, ainsi que disent les philosophes, un risque avant tout, qu'il faut courir, et qu'elle fournit ainsi au rapport avec l'autre et avec ce monde, en même temps qu'elle résulte de ce rapport. Une telle ambivalence nourrit à la fois la liberté d'entreprendre et, plus avant, l'audace de changer" (page 2), je me dis que l'être-dans-le-monde est l'être-vers-l'Humanité. L'identité a son sens dans cette construction, réconciliant le travail de deuil de l'Homme avec son ignorance et l'érection d'un tout-humain, c'est-à-dire de la reconnaissance politique de l'activité de genèse identitaire des êtres humains sur eux-mêmes.

 

"C'est vrai que l'espace démocratique est un champ de forces antagonistes extrêmement virulant, que ce moins mauvais de tous les systèmes demande une attention de tout instant, et comme une vigilance de guerrier. C'est vrai aussi que nous avons abandonné l'idée d'une progression rectiligne de la conscience humaine, et appris que régression et avancée sont comme indissociables : là où s'intensifie la lumière, l'ombre s'approfondit tout autant.
C'est vrai enfin que le XXIe siècle est ce moment où le monde achève de faire monde sous les auspices consternants du libéralisme économique -cette virulence capitaliste qui investit l'esprit de liberté pour le dénaturer dans une structure qui précipite les forts et les faibles, ceux qui possèdent et ceux qui n'ont rien, ceux qui peuvent et ceux qui ne peuvent pas, dans la géhenne grande ouverte du "marché". La mise en système de l'esprit de liberté n'est plus la liberté. C'est un émiettement de tous, qui expose chacun, seul et démuni, à l'appétit du monstre." (pages 6-7)

 

Ainsi en est-il du combat entre capitalisme et hyperlibéralisme que ce dernier dévore aussi : la PME française, par exemple, ne bénéficie pas du tout du marché financier. Il y a un rapport étroit entre la question de l'identité et la destruction du tissus économique capitaliste "de papa" lui-même : lorsqu'il n'apparaît plus aucune possibilité d'échapper à un effondrement collectif des conditions sociales, se lèvent les idéologies qui promettent le bonheur par l'exclusion du fautif -l'Autre-.

 

"C'est vrai enfin que, dans ce marché ouvert, ce "monde-marché", ce "marché-monde", les dépressions entre pénurie et abondance suscitent des flots migratoires intenses, comme des cyclones qu'aucune frontière ne saurait endiguer.
Sapiens est par définition un migrant, émigrant, immigrant. Il a essaimé comme cela, pris le monde comme cela, et, comme cela, il a traversé les sables et les neiges, les monts et les abîmes, déserté les famines pour suivre le boire et le manger. "Il n'est frontière qu'on n'outrepasse." Cela se vérifie sur des millions d'années. Ce le sera jusqu'au bout (encore plus dans les bouleversements climatiques qui s'annoncent) et aucun de ces murs qui se dresssent tout partout, sous des prétextes divers, hier à Berlin et aujourd'hui en Palestine ou dans le sud des Etats-Unis, ou dans la législation des pays riches, ne saurait endiguer cette vérité simple : que le Tout-Monde devient de plus en plus la maison de tous, -Kay tout moun-, qu'il appartient à tous et que son équilibre passe par l'équilibre de tous." (page 7)

 

Toute tentation de mur n'est pas nouvelle, et peut être facilement analysée à la lumière d'une part des peurs fondamentales, et d'autre part des cupidités pathétiques, l'un allant avec l'autre dans une société du Veau d'Or.

Lorsque la machine à vapeur est apparue, une transformation majeure s'est mise en route : technologie et "progrès" ont remplacé Dieu pour tenter un miracle. Science et Raison étaient annoncées comme les suprêmes apaisements, vers une maîtrise de la Nature par l'Homme, comme le souhaitait Descartes.

Or la question de l'Etre est demeurée une question sans réponse, cette "QSR" qui nous obsède tour à tour en silence -la paix- ou en dévastations -les holocaustes-, et maintenant nous ne pouvons plus douter qu'elle soit bien une Question Sans Réponse.

Ce que disent Glissant et Chamoiseau, c'est que la dynamique de l'identité humaine -Tout-Monde- est celle de la relation, du lien humain qui permet la construction que nous avons à accomplir : l'Humanité.

Cette Humanité qui se définit par sa construction, et qui, par définition et aussi sans raison, est l'oeuvre à accomplir par chacun d'entre nous entre sa naissance singulière et son retour à la dispersion. Une telle vision permet de rendre compatible politiquement nos identités singulières, aussi nombreuses que riches de leur coexistence.

 

"C'est l'inaptitude à vivre le contact et l'échange qui crée le mur identitaire et dénature l'identité." (page 10)

 

Lire

 Quand les murs tombent, l'identité nationale hors-la-loi?

 

 

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Par Gérard Delacour
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Lundi 7 mars 2011 1 07 /03 /Mars /2011 13:26

Des chercheurs allemands ont mis au point une conduite automobile "au cerveau".

Voici l'explication en vidéo:

 

 

Voir le site allemand

 

Mais une fois encore, prenons garde au vocabulaire utilisé. Il ne s'agit pas d'intelligence artificielle, ni même d'intelligence du tout. Il s'agit de calcul déductif, à partir de données électriques interprêtées. S'il y a bien de l'intelligence "embarquée" dans le système qui est celle des chercheurs et praticiens qui l'ont mis au point, le système lui-même ne peut pas être dit intelligent.

Mon travail de recherche publié en 2007 (Dir.: Professeur Pierre Pastré) a porté sur la conception de programme dans le champ de la formation, travail dans lequel j'ai tenté de montrer quelle place peut avoir l'informatique binaire dans l'instruction et quelles théories peuvent être convoquées à propos de l'activité de conception de tels programmes de formation.

MAST DEA court Télécharger "L'activité de conception dans l'usage d'un artefact en eLearning" (.pdf) 

 

Dans des dispositifs tels que celui d'une automobile à conduire, l'homme doit apprendre comment réagit le calculateur, cela se voit dans les images ci-dessus. Néanmoins, ce qui est très intéressant c'est le contrôle d'objets par captation des ondes cérébrales, rendu possible par le calcul informatique. Non seulement pour les handicapés moteurs, mais pour améliorer l'adaptation de l'être humain à l'environnement. Il existe sans aucun doute de multiples applications de cette technologie à l'instruction et à l'apprentissage humain.

Cela nous amène à repenser le corps humain dans son ensemble, ce qui, pour moi, débouche "dans un certain temps" sur la dématérialisation de ce corps, afin de permettre à l'Homme de quitter sa galaxie actuelle.

Je veux dire que l'évolution de l'humanité dans l'univers n'est pas concevable avec le corps propre actuel de chacun d'entre nous. Cela donnerait-il raison à Descartes? La "substance pensée" pourrait-elle s'affranchir de la "substance étendue" actuelle de l'Homme pour venir informer (mettre en forme?) une autre sorte de matérialisation? Ou du moins, car le mot matière ne convient peut-être plus non plus, aller vers une autre sorte d'existence individuelle de l'être humain, inimagineable pour le moment.

 

.

Par Gérard Delacour
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Dimanche 6 mars 2011 7 06 /03 /Mars /2011 18:12

 

Son petit-fils

 


Témoignage du petit-fils d'Annie Girardot

 

 

L'actrice superbe de "Mourir d'Aimer"

Film d'André Cayatte

 

 

Chanson de Charles AZNAVOUR

Les parois de ma vie sont lisses
Je m'y accroche mais je glisse
Lentement vers ma destinée
Mourir d'aimer

Tandis que le monde me juge
Je ne vois pour moi qu'un refuge
Toute issue m'étant condamnée
Mourir d'aimer

Mourir d'aimer
De plein gré s'enfoncer dans la nuit
Payer l'amour au prix de sa vie
Pécher contre le corps mais non contre l'esprit

Laissons le monde à ses problèmes
Les gens haineux face à eux-mêmes
Avec leurs petites idées
Mourir d'aimer

Puisque notre amour ne peut vivre
Mieux vaut en refermer le livre
Et plutôt que de le brûler
Mourir d'aimer

Partir en redressant la tête
Sortir vainqueur d'une défaite
Renverser toutes les données
Mourir d'aimer

Mourir d'aimer
Comme on le peut de n'importe quoi
Abandonner tout derrière soi
Pour n'emporter que ce qui fut nous, qui fut toi

Tu es le printemps, moi l'automne
Ton cœur se prend, le mien se donne
Et ma route est déjà tracée
Mourir d'aimer
Mourir d'aimer
Mourir d'aimer

Par Gérard Delacour
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Mardi 1 mars 2011 2 01 /03 /Mars /2011 21:20

Comme on ne les a jamais entendus! Du moins, je ne savais pas qu'ils avaient donné ce spectacle jusqu'à ce que Cedric Sicot m'envoie cette séquence!

 

"Smack My Bitch Up" par The Beatles


 

 

Par Gérard Delacour
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Dimanche 27 février 2011 7 27 /02 /Fév /2011 00:45

Le geste du plus de vie encore.

 

KRUMPING ?

Wikipedia (mais oui, c'est souvent très bien fait, Wiki...) dit : "Krumping, also spelled Krumpin', is a street dance popularized in the United States that is characterized by free, expressive, exaggerated, and highly energetic movement involving the arms, head, legs, chest, and feet." etc.

 

Voici 3 garçons de 8 ans qui krumpent :

 

 

.

Par Gérard Delacour
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Vendredi 25 février 2011 5 25 /02 /Fév /2011 20:00

 

Le blanc s'efface de poussière noire, son ombre

Repousse le fantasme, le cauchemar, le sombre

Eclate la projection de soi au ciel de lumière en-allée

Boule de suif aux poumons envahis, la dague

Pénètre l'Autre, Moi plaqué là, qui doit

Combattre malgrè moi, je ne veux pas

Jusqu'au rebord du coeur coloré par la vie

Mais je le dois, fatale soumission à violence qui vient

 

Par Gérard Delacour
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Mercredi 23 février 2011 3 23 /02 /Fév /2011 20:10

 

Je continue de mettre à disposition des enregistrements plus ou moins faciles à trouver. Facile pour les journalistes et les accros du web, moins évident pour ceux dont l'emploi du temps laisse peu d'espace libre le soir après le travail...

Cela fait l'objet de la rubrique dans la colonne de gauche: "2012, espace d'information".

Voici les 58 minutes de l'échange entre le Président de la République et ses invités au Salon de l'Agriculture. Ce qui me semble intéressant, c'est la forme de la relation qui s'instaure dès les premiers instants - les premières paroles - entre les personnes présentes. Là où réalité de la situation et vérité des pensées se rencontrent.

Cette vidéo est en ligne sur le site de l'Elysée.

 

 

De même, les 3'30" de vidéo de la visite du Salon :

 

Par Gérard Delacour
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Mardi 22 février 2011 2 22 /02 /Fév /2011 16:41

A METZ ou à NANCY, Carlos Wagner fait parler de lui : l'imagination sage ET tout à la fois débridée anime ce metteur en scène, avec une équipe -décors, lumières, costumes- fort inspirée, choisie par Valérie Chevalier.

 

Quelques extraits visibles actuellement sur le net (Attention! Chant d'opéra non compatible comme toujours avec le petit écran!) :

 

Carmen, une coproduction des Opéras de Metz et Nancy

 

 

Un article de Christian Merlin : "Une CARMEN exemplaire"

Article du FIGARO

 

 

Vidéo détaillée (14 mn) et article d'Alexandre Pham

Vidéo de Classique.news (mettre le son en cliquant au centre de l'image)

 

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Par Gérard Delacour
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Samedi 19 février 2011 6 19 /02 /Fév /2011 12:58

Opéra de Georges BIZET, mis en scène par Carlos Wagner, Première à l'Opéra National de Lorraine.

 

Tout le monde a vu, a déjà vu, CARMEN.

Chacun aura eu et aura subi mille commentaires sur cette espagnole cigarière, boucles d'oreilles antillaises, rouge robe à volants et frou-frou, qui ne sort pas sans ses castagnettes. Un petit coup de flamenco, l'oeil charbonneux, le menton agressif, une ravageuse je vous dis! Pour CARMEN, c'est connu, tout le monde a son opinion.

Et pauvre José, pauvre homme sincère, victime de son amour passionné, pauvre garçon naïf qui ne peut être aimé que par une naïve. Qui est contraint de trahir son devoir de citoyen et de militaire pour une... traînée! Il saura, fort heureusement, venger l'honneur et les bonnes moeurs, celles de Michaéla, dans le sang de l'infâme femme. Le dénouement, bien conforme aux Bouvard et Pécuchet espagnols, est à la hauteur des péchés d'une fille du peuple qui se croit tout permis parce qu'elle s'asseoit en écartant les cuisses et en fumant le symbole cigarier!

Liberte-DelacroixAvec cette nouvelle production, Carlos Wagner vient nous montrer -enfin- l'oeuvre de Georges Bizet, Henri Meilhac et Ludovic Halévy. L'opéra CARMEN "tient encore de Mérimée la logique dans la passion, la ligne droite de la dure nécessité" (Nietzche). Passion active pour la Liberté telle que brandie sur la toile de Delacroix, dans la nudité en mouvement, à l'assaut de tout obstacle, ni morale ni licence sexuelle, cette histoire n'est pas péripathétique...

CARMEN est donnée par Carlos Wagner dans sa logique d'une passion qui ne porte pas son nom, qui ne subit pas, qui lui permet d'agir comme égérie symbolique incarnée : tout simplement -et classiquement- la libre disposition de soi-même. On n'y oppose pas liberté sexuelle et couple bourgeois fidèle comme le fait l'hypocrisie ordinaire si souvent mise au théâtre du XIXe. Le bourgeois est précisément celui qui couche avec la boniche et surtout celui qui "ne râte jamais une occasion"!

CARMEN n'est pas une aristocrate du sentiment, comme je l'ai entendu de la part d'éminents savants critiques, ce qui ne veut pas dire grand chose. Elle est tout au long des quatre actes, une engagée politique. Si en 2011, le mot "politique" porte les relents des partis scélérats qui ont volé la démocratie, CARMEN a pour idées agissantes ce que pourrait être une Humanité libre et de bonnes moeurs, au sens où le Pasteur Anderson (1723) employait cette expression. C'est pourquoi, après une pathétique et larmoyante déclaration de Don José, et après le silence d'une partition musicale qui sait s'arrêter juste l'instant qu'il faut, CARMEN lui répond : "Non, tu ne m'aimes pas!"

Tu n'aimes pas ta Liberté. Tu es ton propre prisonnier et tu veux maîtriser, emprisonner et par conséquent posséder. Carlos Wagner rend CARMEN silencieuse, à l'écoute de sa force intérieure. Elle est entrée sur scène, au premier acte, sans furie. Calme, elle est simple, affirmée, avec la tenue de soi-même de qui a vécu.

Elle se heurte encore et encore aux murs et grilles de la soumission, c'est-à-dire aux conventions de l'obéissance et du commandement, elle qui ne veut ni commander ni obéir, ces fléaux sociaux. Elle apparaît juste après la scène introductive au sujet philosophique de l'oeuvre par Michaela et les soldats de la garde. Michalela est soumise au devoir de séduire pour avoir sa place de femme en société avec une seule destinée, être l'honnête femme de son mari. Bizet dénonce l'hypocrisie par le quasi viol de la jeune fille par des hommes en troupe qui symbolisent l'ordre établi et officiel. Viol de la personne, de la liberté d'être soi-même, toutes choses oubliées par tous dans un monde conforme à la fondamentale dépendance de chacun par chacun.

Les ultras qui exécutèrent Garcia-Lorca en août 1936, l'achevant d'un tir dans l'anus, criaient "A bas l'intelligence! Vive la mort!". C'est ce que Carlos Wagner a compris dans cette CARMEN, brisant une bonne fois pour toutes son image de putain dont on a plus qu'assez. Il n'y a plus moyen pour le spectateur qui a déjà "si souvent vu CARMEN" (à l'entr'acte!) -et sa femme- de commenter si l'actrice choisie est "une bonne Carmen", "bien dans le rôle" ou pas!

Et ici, même pas de flamenco, ni de castagnettes! Pas de petite bonne pelotée dans un coin du couloir pendant que Madame fait entrer les invités au salon. Pas non plus de salope au wonderbra qui suce en scène un Havana énorme, et qui laisse flotter l'ambiguité éberluée d'une semaine de vacances sexuelles dans les iles, avant le tremblement de terre, s'entend!

Ses pas enjambent les débris de barricades, CARMEN ne s'y arrête pas. Au pied léger comme Achille, elle offre la réalité d'une vie de contre-bande. La bande, ce sont les soldats et les bourgeois. L'antibande, des hungaras dans la montagne et la dure nécessité de survivre en dehors du système, sur le système. Comme personne ne peut y échapper, CARMEN doit-elle être vue comme chef de bande? Sans doute pas.

Elle est singulièrement humaine en ne tentant qu'une seule chose : ne plus être seule. C'est un emblème.

Chacun vient, chacun va, la garde regarde... Mais ne vit pas, comme Nietzsche l'a découvert chez Bizet en correspondance musicale avec sa philosophie.

Carlos Wagner met en scène tous les personnages du conte philosophique. Soldats de la contrainte, enfants reproducteurs du même ordre, anonymes chantants et suiveurs qui se tiennent à distance de CARMEN. Lumières, chorégraphie et costumes tiennent le fil au dessus de l'eau tumultueuse, afin de représenter le concept. Savoir lire et savoir écouter, c'est le talent de toute l'équipe, Rifail Ajdarpasic (décors), Fabrice Kebour (Lumières), Ana Garcia (Chorégraphie) et Patrick Dutertre (Costumes) rassemblée à l'ONL à Nancy ce 18 février pour leur création de CARMEN.

 

pantin.jpg

Le pantin, Goya (1792)

Comme l'explique Carlos Wagner (voir ci-dessous), le monde de Goya
lui sert de référence pour une mise en scène classique du thème de la Liberté

 

Opéra  comique en quatre actes
Livret d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy, d’après la nouvelle "Carmen" de Prosper Mérimée
Créé le 10 mars 1893 à l’Opéra Comique de Paris (salle Favart)

Direction musicale : Claude Schnitzler

Mise en scène : Carlos Wagner
Décors : Rifail Ajdarpasic
Costumes : Patrick Dutertre
Chorégraphie : Ana Garcia
Lumières : Fabrice Kebour

Choeur de l'Opéra national de Lorraine
Chœurs de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole
Orchestre symphonique et lyrique de Nancy


18 février 2011 à 20h
20, 27 février 2011 à 15h
22, 24 février et 1er mars 2011 à 20h

 

Carmen - Le mot du metteur en scène Carlos Wagner

 

CarlosWagner.jpg« Ombres et lumière »

Le fait que « Carmen » soit l’opéra le plus joué dans le monde signifie qu’il a été déjà l’objet de toutes les interprétations possibles et imaginables, et qu’il est difficile d’en proposer un éclairage fondamentalement nouveau.
C’est pourquoi j’ai décidé que cette situation ne devait pas devenir pour moi un objet de contrainte ou d’inquiétude. Le désir d’originalité conduit souvent à des interprétations forcées, incongrues qui brouillent le sens de l’œuvre et éloignent d’elle le spectateur.
J’ai donc voulu rester très près de ce que l’œuvre contient de plus évident. Elle se situe en Espagne. Elle traite des aspects les plus sombres de la psyché humaine. Elle se  déroule en temps de guerre.
C’est ainsi que Goya m’est venu le plus immédiatement à l’esprit avec sa vision du monde cauchemardesque qui va nous guider tout au long de l’opéra. Il s’agit d’une vision profondément espagnole qui ne doit évidemment pas tomber dans le cliché ou l’anecdote folklorique. Goya est sombre, dérangeant et grotesque. Je veux conserver et faire ressortir ces caractéristiques dans l’opéra. Etre inspiré par Goya ne signifie aucunement que l’on va retomber de nouveau dans une interprétation historique de Carmen.
Carmen fait naître des couleurs, des sentiments, des images qui lui sont propres. Nous proposons par ailleurs une lecture qui se veut intemporelle, mettant en avant des archétypes capables de parler davantage au subconscient qu’à la raison.
Une lumière acérée qui enflamme et déchire l’espace d’une pièce plongée dans l’obscurité, a autant à voir avec l’esthétique de Goya qu’avec le sentiment qu’évoque en moi le personnage de Carmen. Carmen est cette lumière qui transperce, aveugle et finalement frappe Don José à l’endroit le plus sombre, le plus inconscient de sa personnalité.
Mais cette lumière la consume elle aussi. Tout comme le soleil aveuglant de l’Andalousie consume celui qui l’affronte.
Carmen est l’archétype de l’héroïne qui aspire à la liberté absolue, même si elle doit y laisser la vie. Don José, lui, est l’archétype de l’antihéros rongé par le doute, l’indécision et qui sombre dans l’obscurité totale, l’anéantissement. La rencontre tragique des deux fait penser à celle du chasseur avec sa proie.
Mon intention n’est pas non plus de restituer l’époque de l’œuvre, ou de l’actualiser, mais de la situer dans un contexte qui aurait l’intemporalité de la tragédie grecque tout en convoquant une série d’images surréalistes. Ainsi, à la fin de l’opéra, les éléments classiques pris dans l’iconographie espagnole rejoignent ceux de la tragédie grecque. Le torero rencontre le Minotaure. Si le caractère sombre et inquiétant du cauchemar sert de fil rouge, alors les scènes comiques acquièrent soudain elles aussi un caractère grotesque et inquiétant.
Goya ne manque pas d’humour, seulement c’est un humour des plus noirs et des plus fatalistes. Si les contrebandiers sont ici à prendre au sérieux, à considérer comme de vrais criminels, je pense que le seul traitement possible est celui qui passe par l’humour noir, ce qui en soi est typiquement espagnol.

 (Propos de Carlos Wagner, recueillis et traduits de l’anglais par Carmelo Agnello

 

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Par Gérard Delacour
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Mercredi 9 février 2011 3 09 /02 /Fév /2011 14:20

Obsession de la forme, des formes, de l'informe.

Parfois informe et rond, ou gros ou gras, c'est pareil.

Ah!... Etre un minet!

Baudrillard sort de sa tombe : l'objet vainqueur est là!

Je n'oublie pas que je suis le sujet du verbe.

 

 

 

Ce superbe objet, vous devez le payer 110 euros au maximum

 

Encore mieux: le casting de "Mince alors!" où l'on peut se présenter comme figurant-e, à condition d'accepter des repas diététiques pendant toute la durée du tournage! Et payé en plus!

"Les personnes enveloppées aux rondeurs généreuses, avec corpulences toniques sont les bienvenues ! Mais pas seulement. Mince, seul ou en couple, entre amis, vous pourrez même décrocher un petit rôle."

Le casting de "Mince alors!"

 

 

 

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Par Gérard Delacour
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Lundi 7 février 2011 1 07 /02 /Fév /2011 17:09

 

Philippe INOWLOCKI est un incroyable sympathique génie (de la lampe, bien entendu celle qui éclaire).

Il navigue sur son petit (i.e. réactif) radeau (i.e. insubmersible) sans doute pendant une grande partie de sa journée et de ses nuits, et il TROUVE, puis PARTAGE ce qu'il a trouvé.

Merci Philippe, je publie ci-dessous une de tes nouvelles perles, une trouvaille assez géniale pour nouz'ôtres, les clavailleurs.

 

D'abord voir les vidéos (avec en prime une révision of your indian-yankee language), puis télécharger JING (existe pour PC et pour MAC):

 

Une petite video pour comprendre comment fonctionne JING

 

 

Par Gérard Delacour
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Dimanche 6 février 2011 7 06 /02 /Fév /2011 17:02

Cycle thématique Éduquer et transmettre : quelle école demain ?

Gérard Vergnaud : Quelles contributions de la psychologie à l’éducation et à la transmission des savoirs ?

Grande conférence organisée par l’équipe de recherche Paragraphe (UCP/Paris 8)

 

Mercredi 9 février à 20 heures, ne manquez pas la conférence de Gérard Vergnaud, directeur de recherche au CNRS, consacrée aux contributions de la psychologie à l’éducation et à la transmission des savoirs.

Lors de cette conférence, organisée dans le cadre du cycle thématique "Éduquer et transmettre : quelle école demain ?", Gérard Vergnaud présentera sa réflexion sur certaines problématiques de l’éducation en considérant autant les questions pratiques posées par le terrain et les professionnels, que théoriques et fondamentales.

 

 

Il abordera les aspects psychologiques cognitifs de la rencontre enseignant-enseigné, afin de mieux comprendre comment l’élève conceptualise à partir des mises en situations et médiations de l’enseignant. C’est en effet sur cette compréhension que se base l’ajustement de l’activité de l’enseignant.

Gérard Vergnaud
Directeur de recherche au CNRS - maintenant émérite – Gérard Vergnaud a collaboré avec des professionnels de l’éducation initiale et continue. Ses travaux et modèles de l’activité du sujet apprenant sont une référence dans le domaine de la formation des enseignants, ainsi que pour la jeune discipline "didactique professionnelle". On trouve dans ses écrits la définition analytique de concepts clés pour décrire les apprentissages (concepts de "schème", "invariant opératoire", "champ conceptuel", "compétence" etc.). En particulier, à l’encontre des cognitivistes de la Théorie de l’Information, sa théorie met bien en évidence l’irréductibilité des connaissances aux systèmes symboliques permettant de les représenter ; Gérard Vergnaud en a justement étudié les interactions.

Mercredi 9 février à 20 heures
Université de Cergy-Pontoise, site des Chênes 1,
salle de conférences (plan d’accès)

Conférence ouverte au grand public, aux chercheurs, étudiants, et professionnels. Entrée libre.

Retrouvez l’ensemble du programme du cycle thématique Eduquer et transmettre : quelle école demain ?

 

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Par Gérard Delacour
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Vendredi 4 février 2011 5 04 /02 /Fév /2011 10:48

 

Victor Schoelcher est de la partie.

Pas seulement comme nom de lycée à Fort-de-France.

Avec Edouard GLISSANT il est question de vitalité culturelle et d'identité au sens de partage.

 

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Combat intellectuel et sanglant entre origine, identité, singularité, métissage.

MASPERO avait édité et distribué la revue ACOMA (4 numéros) de GLISSANT, où l'on pouvait lire dans l'ouverture du numéro 1 (Texte non signé, p.3 et 4):

"La volonté d'approfondissement ici manifestée n'est fructueuse que quand elle se garde en lucidité de se donner pour totalité suffisante, d'ériger par conséquent en idéologie a priori ce qu'on pourrait appeler « l'attentisme culturel ».

Pourtant cet approfondissement est irremplaçable. Un grand nombre de convergences historiques, dont nous tâcherons de débrouiller le nœud, d'abord pour nous-mêmes (pour ne pas continuer de grossir à la manière traditionnelle des intellectuels d'ici les rangs de « l'élite » antillaise), ensuite afin d'essayer de les proposer à la critique de tous, expliquent — par le déracinement initial, l'absence de références collectives claires, l'ignorance fondamentale de notre passé subi, la perpétuelle mise entre parenthèses de la seule classe martiniquaise dont dépende en dernière instance notre avenir : celle des ouvriers agricoles, l'isolement paralysant par rapport à notre entour géographique et historique, le manque de confiance en nous-mêmes et le déséquilibre qui en résulte — que notre situation dans le monde en tant que collectivité soit abâtardie de nos irrésolutions, de nos dissenssions, de notre errance. Mais que l'abâtardissement résulte de ces convergences historiques négatives, et non pas d'une nature « composite », diminuée par osmose, c'est ce que nous tâcherons aussi de montrer en nous faisant les défenseurs, et peut-être les « illustrateurs » d'une conception précisément « métissée » des cultures et de leur mutuel enrichissement. Il faut alors souligner avec force que le champ de ce métissage ne recouvre pas un vague humanisme, mais le défrichage ardu des peuples qui solidairement naissent à leur liberté. Il nous semble que les Antilles peuvent incarner un tel mouvement."

Réédition par PRESSES UNIVERSITAIRES DE PERPIGNAN, 52 Avenue Paul Alduy, F - 66860 Perpignan Cédex, Tel. 04 68 66 22 96 Fax/Tel. 04 68 66 17 05, Courriel: pup@univ-perp.fr.

 

On trouve, dans la déclaration préliminaire à la décernation par les membres du jury du Prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-Monde, la phrase :

  • Pour : l’originalité avec laquelle sont convoqués les tremblements de l’Histoire et des histoires dont les soubresauts n’ont pas fini se secouer nos imaginaires caribéens,
  • Pour : la Retenue, la Tendresse, les Silences , les souffles, qui sont dévoilés tout en Intérieur et qui révèlent les énigmes des destins,
  • Pour : ces voix qui assiègent, qui résonnent et qui ne proposent pas de solutions établies, et qui simplement invitent le lecteur à vivre avec les malédictions de nos passés,
  • Pour : une littérature dans laquelle les écrivaines se distinguent de plus en plus et qui offrent des perspectives inattendues, imprévisibles,
  • Pour : un roman vivant qui libère une esthétique fragmentée et indirecte, à la limite de l’Inextricable, etc.

 

L'identité en soi s'efface devant l'identité pour soi : ne sommes-nous pas l'assemblage fécond d'une multiplicité au moins physique et mentale? Mon identité c'est accèder à la reconnaissance sociale de mon "unicité singulière multiple", repérages pour soi qui existent sans aucun besoin de rattachement communautaire et exclusif.

L'institut "TOUT-MONDE" m'apparaît créé par Edouard GLISSANT afin de résister à la dévastatrice Limite, cette coupure fratricide de l'Humanité, quelles qu'en soient ses formes.

Eduquer à la complexité et à la multiplicité, Humanité métissée et convergente vers son humanité.

 

Lectures :

"Quand les murs tombent. L'identité nationale hors-la-loi ?" (avec Patrick Chamoiseau). Paris: Galaade, 2007

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"Traité du Tout-Monde" Paris:Gallimard, 1993

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Par Gérard Delacour
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Jeudi 3 février 2011 4 03 /02 /Fév /2011 12:23

 

Vivre à DUBAI.

Pas invité, mais citoyen, habitant.

Un appartement dont les grandes baies donnent sur cette fontaine:

 

 

 

 

De tout cela, il reste la musique qui rythme nos coeurs.

L'eau et les sons se marient, je ferme les yeux, ça va.

 

 

Puis, plus tard, depuis un autre appartement (on ne sait pas qui filme), à la nuit tombée, la Lune regarde de loin

et la musique est devenue "Time to say goodbye"...

PARIS, tu as disparu. La statue de Sainte-Geneviève regardait la Seine lui apporter les barques qui descendent le courant avant de passer Notre-Dame. Fluctuat nec mergitur.

 

 

 

 

 

 

Pas de doute, les bruits -l'embrouillage- s'ajoutent les uns aux autres.

Fluctuat... Ce qui a coulé, c'est le Sujet qui est devenu l'objet de la technologie.

Par Gérard Delacour
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Mardi 1 février 2011 2 01 /02 /Fév /2011 00:45

 

Sur cette fresque, tous les personnages et événements ont un article sur WIKIPEDIA

Par exemple, au centre, en haut, on peut voir ce détail :

 

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Napoléon cotoie Che Guevara, Marie Curie, Zhou En Laï, Goethe, Arafat et Marylin!

LOL !

 

Fresque

 

Et sur le site, cette fresque est "la peinture la plus fascinante" que l'on puisse voir, c'est évident!

Lien vers le site pour découvrir les personnages

 

 

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Par Gérard Delacour
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