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Les sensations que connaît l'ami Jean T., et que j'ai connues au dessus du lac à Saint-Moritz gelé en hiver, ce qui permet de s'y poser à ski.
Choisir ses couleurs pour l'aile avec laquelle vous volez...
Un des sites qui offre de telles voiles
Bon vent, bon saut!
.
Voici deux petits récits de vie, de l'époque où j'habitais à New York.
Le vestiaire des hommes
Nous nous trouvions en famille un dimanche, invités dans la propriété d'un ami franco-américain, en Pennsylvanie à une heure et demi de Manhattan. Un "resort" à l'américaine, vaste domaine dans une grande forêt avec des ratons laveurs et des ours en parfaite liberté... domaine qui, comme tous ces ensembles immobiliers, possède au moins une piscine privée comme celle dans laquelle nous allions nous baigner, ma fille benjamine et moi, ce dimanche matin.
Je précise, en forme de témoignage circonstancié, qu'avant de quitter la maison nous avions revêtu comme sous-vêtements nos maillots , moi, un grand short (puisque les slips sont interdits) et elle un maillot deux pièces pour une enfant de huit ans.
Nous entrons dans le bâtiment de la piscine. Vide de nageurs. Sans aucune surveillance non plus. Nous entrons vers le vestiaire des hommes, vide. Vestiaire des femmes, vide. Pas question que la petite aille seule dans le vestiaire des femmes et ma fille vient avec moi chez les hommes. Nous enlevons nos vêtements pour nous retrouver directement en costume de bain. Au moment où je termine de me déshabiller, un homme d'un certain âge entre dans le vestiaire commun des hommes où, je le rappelle, nous nous trouvons.
Il s'arrête, comme frappé par la foudre et se met à hurler: "A woman!... a woman!... HERE!..." puis se dirige vers la sortie: "Police, police!..."
Je réfléchis très vite: la police va venir rapidement, comme toujours aux USA. Comment expliquer ce qui s'est passé? Une autre histoire que j'ai appelée "Toilettes des femmes" (ci-dessous) et que je venais de vivre à New York, ne m'engageait pas à croire que je réussirai à faire accepter mes explications. Je cours alors après lui, suivi par ma fille et, dans l'entrée de la piscine, je l'attrape et le retiens: "She is NOT a WOMAN, she is my daughter!"
Et j'enchaîne en lui criant: "You, stupid bastard! Vicious man! Yes! Call the police, I will explain how YOU look on my daughter! OK call the police! I am french and my english is not good, but anyway, I will explain to the judge who YOU are, vicious man!"
Il se dégage. Je le laisse.
Sur le pas de la porte, il se retourne vers nous deux et me crie, le doigt tendu: "Anyway! You have to LEARN AMERICA!" Oui, je venais d'apprendre un belle partie de l'Amérique, pas la plus reluisante.
Pourquoi ais-je réagi ainsi? En retournant sa paranoia contre lui? Jamais je n'avais eu à me confronter à une quelconque violence, depuis des années, sur ce nouveau territoire de notre vie. Certes, j'avais été volé par les agents immobiliers, j'avais été arrêté de nuit par des policiers planqués sur une route de campagne déserte, pour un demi-tour, ce qui est interdit, nous avions du montrer patte blanche et comptes en banque au board de notre immeuble pour être acceptés comme locataires..., mais pas de violence de ce type particulier, cette violence civile extrême dans les relations.
En y réfléchissant, je me souvins des images qui passèrent dans ma tête: celles de mon père face à la Gestapo, qui était monté sur la table de l'infirmerie du camp de prisonniers où il était médecin, en les défiant, en les "engueulant", et "surtout en criant plus fort qu'eux", sinon "j'aurais été emmené par eux, c'est certain. J'ai joué ma vie ce jour-là" m'expliquait-il. C'était ce témoignage, que j'ai pu enregistrer à l'époque, qui jaillit curieusement dans ma tête au moment où le vieil homme s'éloignait en criant "A woman here! Police! Police!" dans la piscine déserte de ce dimanche paisible à la campagne. Oui, il me fallait très vite le rattraper et lui crier ses vérités, lui crier ce qu'il avait en tête en nous voyant, ma petite fille et moi, lui jeter à la gueule son esprit vicieux, puritain, stupide, dégradant. Lui faire peur, terroriser le terroriste.
J'avoue que la violence de cette situation m'a marqué durablement et a penché fort dans ma décision, quelque temps plus tard, de ne pas poursuivre ma vie aux USA, car quoique très anecdotique, elle me semble emblèmatique d'une culture qui n'est pas la nôtre, et que je combats depuis longtemps. Je ne parle pas de l'Amérique en général, mais de la propagande fanatique pour un monde simpliste à Dieu unique qui se dresse contre la complexité, la multiplicité humaine, et la tolérance mutuelle. Qui veut éradiquer tout ce qui tente de construire l'Humanité commune.
Toilettes des femmes
Mardi soir "busy", avec beaucoup de voitures, de taxis jaunes, énormément de monde dans ces rues de New York de début d'hiver. Il fait déjà nuit. Nous marchons sur le trottoir, non loin de la Grande Bibliothèque, la New York Library, mon ami et moi. Il est septuagénaire et comme il dit en souriant, il doit, de loin en loin "faire des escales techniques" car sa prostate se rappelle souvent à lui.
Il me dit: "Je dois faire une escale technique, je rentre dans la Bibliothèque", car à New York, ce n'est pas si simple de trouver un bistrot comme en Europe. Je le suis dans le grand bâtiment, nous descendons aux toilettes. Et là, catastrophe: les toilettes des hommes sont fermées pour entretien. Cela est provisoire, il faut attendre un peu que l'employée sorte avec ses sauts et ses lavettes, mais l'ami Jacques ne peut attendre. Il me dit: "C'est atroce, que vais-je faire? Je peux à peine marcher, je t'avoue..."
J'ouvre doucement la porte des toilettes des femmes. "Que fais-tu?" me dit-il en me retenant par le bras, "que fais-tu? Tu ne peux pas faire ça!"
- Mais il n'y a personne, regarde, je n'entends rien et il n'y a personne...
- Non, non, tant pis, viens! Tu ne peux pas...
- Mais Jacques, c'est idiot! Tu vas y aller, je reste devant la porte pour avertir si l'on vient.
- Non!
- Si!" Etc.
Finallement, il se décide rapidement, vu son état, et s'engouffre dans les toilettes des femmes. Rien ne bouge du côté de celles des hommes. On ne nous a ni vu ni entendu. Du moins, je le croyais.
Jacques ressort et à ce moment précis, deux policiers en uniforme comme dans les films viennent à nous par l'escalier: "Que faites-vous?" Et ils nous somment de nous expliquer. Jacques tente de m'arrêter: "C'est inutile, tu perds ton temps, suivons-les..." car les policiers viennent de nous dire d'aller au commissariat.
"Messieurs les policiers... -j'ai dit quelque chose d'horrible comme misters policemen...- je veux me plaindre contre cet établissement. Car mon ami, qui est âgé, devait aller d'urgence aux toilettes, et il ne pouvait pas car les toilettes des hommes sont fermées, ce qui est un scandale! Nous avons vu les autres toilettes vides et je me suis proposé pour garder la porte afin que personne n'entre pendant qu'il s'y trouvait..." Je savais déjà en effet que cela est totalement impossible aux USA de partager des toilettes et autres lieux sexuellement séparés à tous les âges et dans tous les lieux.
Je crois avoir un peu élevé la voix, je les regardai fixement et martelai mon baragouin. Jacques se taisait, les policiers se retrouvaient devant un cas qu'il ne connaissait pas: le retournement de la situation.
"Voulez-vous porter plainte?
- Oui, absolument, et même plus, dis-je, emporté par mon élan faussement coléreux.
- Mais vous étiez DANS les toilettes des femmes, ce qui est interdit!
- Mais cette bibliothèque est coupable de non assistance à un vieil homme, et je suis témoin. Je porte plainte, et je refuse vos accusations," et j'ajoute: "à tous les deux!"
Ils ont visiblement été totalement déstabilisés, ce que m'a confirmé ensuite mon ami Jacques car cette situation était sans mode d'emploi pour eux, car inconnue dans leur système de pensée et de consignes.
Ils nous ont laissé partir, sans autre forme de discussion. Et il n'y a eu aucune autre suite. Mais Jacques m'expliqua que je jouais avec le feu aux USA avec ce genre de comportement et qu'un jour je me retrouverai en prison pour moins que ça.
Déjà, les policiers sur la route de campagne où j'avais fait un "U-turn" en voiture, m'avaient menacé, devant ma femme et mes enfants: "Do you want to go to jail?..." J'avais expliqué qu'en France, cela était autorisé et que je les priais de m'excuser. Ce qui est toujours apprécié dans ce pays où l'on aime les excuses publiques, qu'elles soient sincères ou pas.
Mais cette histoire de toilettes, j'y pense à chaque fois que je vois des toilettes en nettoyage momentané dans une station-service en France! L'autre jour, ce sont toutes les femmes qui sont allées dans celles des hommes, et je riais en moi-même du scandale insensé que cela provoquerait aux USA. Que dis-je? Que cela est tout simplement impossible. A la NY Library, nous avions été vus dès l'entrée dans les toilettes par les caméras de surveillance, et la police était arrivée dans les trois minutes.
ÉPILOGUE
Je me dis qu'au fond, si j'étais quelqu'un d'autre, de plus publiquement intéressant, ces deux histoires pourraient donner ceci:
- GD est surpris dans le vestiaire des hommes avec sa fille de huit ans, dans une piscine du domaine des P..., Pennsylvanie. La police l'a arrêté et possède le témoignage de Mr. X, citoyen d'honneur de la ville de Y., médaillé de la Ville de Z. pour services rendus à la police. Notre journal a recueilli le témoignage d'une de ses camarades de l'Université où il étudiait il y a quarante ans, à propos de son intérêt et de sa "gentillesse" envers les enfants, etc.
- Deux français sont surpris dans les toilettes pour femmes de la Grande Bibliothèque de Big Apple. Ils en sortaient ensemble tous les deux, et le témoignage des policiers contredit leurs
explications non convaincantes. En effet, le plus jeune des deux "faisait le gué devant la porte pour l'autre"... La stupeur dans cette affaire, est qu'il s'agit de GD..., ce qui nous a
été confirmé par le conseiller franco-américain de la police de NYC, etc. Déjà cité dans des affaires concernant des enfants, GD est ici concerné par une affaire qui pourrait être en liaison avec
une série de voies de fait sur des femmes dans des toilettes de la ville... Le juge etc.
Et si l'on cherchait d'autres témoignages?... Voilà une bien saine occupation.
Car si ça se trouve, c'est peut-être vrai.
Voici le détail de la dernière partie du vol American Airlines AAL0045 du 8 mai, de Paris à New York.
On lit sur le tableau qui se remplit en temps réel, de gauche à droite:
- l'heure en Europe Ouest (pm = soirée), pour suivre l'avion toutes les minutes entre 18h35 et 19h00.
- puis les 2 colonnes des coordonnées géographiques de l'appareil (un Boeing 767 = bi-moteur transcontinental), latitude et longitude (le "-" devant la longitude signifie qu'on est à l'Ouest par
rapport à l'origine Greenwich)
- le cap de l'avion (en haut du tableau: 221° = vers le sud-ouest, car il descend du nord-est; en bas du tableau: 311° = virage vers le nord ouest, il remonte vers la piste de JFK-Kennedy
Airport)
- 461 et 855 sont la vitesse en noeuds et kmh. La vitesse va diminuer jusqu'à 185-343 en approche de New York (rapport noeud/km = 1,852)
- 38000 = altitude en pieds. La mise en descente va être TRÈS rapide, jusqu'à plus de 3000 pieds/minute! Le taux "normal" est entre 500 et 1500 pieds minute. La flèche orange est
variométrique.
A 19h, l'appareil était encore à 4000 pieds, en descente à 540 pieds minute, et au cap 311°, ce qui est l'axe de la piste 31 de JFK vers le nord-ouest (voir carte ci-dessous): puis l'appareil a
fait une "directe" vers la 31 R ou L (droite ou gauche) pour se poser rapidement, sans doute à cause du trafic.
- Boston Center et New York TRACON = centres radar qui transmettent ces infos
Intéressant, non?!
Voici les pistes de l'aéroport de JFK -John Fitzgerald Kennedy- à New York:
Les pistes sont repérées par un nombre de 2 chiffres qui est leur direction magnétique en degrés divisé par 10. Donc 310° = piste 31.
L et R veulent dire Left et Right. Lorsque 2 pistes sont parallèles, il faut savoir laquelle le pilote doit prendre! Donc 31R veut dire celle qui est à droite quand on est aligné vers le 310° =
ici à JFK c'est la piste la plus au nord, moins longue que celle du sud. Il y a 4 Pistes avec 2 Orientations à 180° l'une de l'autre, les longueurs en pieds (ft) et m (rapport ft/m = 0,33), les
matériaux des pistes:
1) La piste "4L/22R 11,351 3,460 Asphalt"
2) La piste "4R/22L 8,400 2,560 Asphalt"
3) Le B767 s'est posé sur une des deux pistes 31:
La piste "13L/31R 10,000 3,048 Asphalt" = vers le 310° (la piste de gauche vers le 130°, c'est la même dans l'autre sens), d'une longueur utile de 10.000 pieds soit 3048m (plus de 3kms) en
asphalte.
4) La piste "13R/31L 14,572 4,423 Concrete" = ... 310° gauche (au sud) longue de 14572 pieds soit 4kms 423m ! donc presque 4kms et demi pour les plus gros avions, avec un revêtement en béton.
Comment est choisie l'orientation de l'atterrissage? En fonction de la direction d'où VIENT le vent dominant, les aéroports étant construits en fonction de ces vents.
A New York il y a donc 4 directions possibles du vent: soit le vent venant du sud-est (130° = piste 13), du nord-est (40° = piste 4), du nord-ouest (310° = piste 31), et du sud-ouest (220° =
piste 22).
On les voit bien sur la carte ci-dessous, avec les taxiways pour entrer et sortir de ces pistes. Le plus souvent, avec 2 pistes parallèles, l'une est réservée au décollage, l'autre à
l'atterrissage, ce qui permet de fluidifier le trafic. Car par exemple, ce sont environ 1500 mouvements (décollages + atterrissages) qui ont lieu par jour, en moyenne, à JFK!
On comprend mieux les pistes sur la carte aviation ci-dessous qui comporte beaucoup de renseignements utiles aux pilotes, et notamment la largeur des pistes:
13R/31L = 150 ft (pieds) de large
13L/31R = 130 ft
4L/22R = 150 ft
4R/22L = 200 ft
ainsi que l'altitude du terrain:
Par exemple, la piste 13R/31L est à 12 pieds (ELEV 12) au dessus du niveau moyen des mers au sud, et à 11 pieds au nord! Elle descend donc d'1 pied sur sa longueur. Ici ce n'est pas significatif,
mais sur certains terrains, la pente n'est pas négligeable.
Voici un exemple de trafic réel sur JFK ce matin lundi 9 mai 2011, vers les pistes 31.
J'y ai isolé (en blanc) le vol JBU820 (compagnie JetBlue Airways, vol 820) et comme on le voit sur l'écran radar, nous savons beaucoup de choses passionnantes, notées en code: c'est un Airbus
A320 qui a décollé de MDSD = Santo Domingo de las Americas sur l'île de la République Dominicaine pour atterrir à KJFK = New York Kennedy, et qui vole à ce moment-là, à la hauteur de 3100 pieds
(on fait la différence entre hauteur et altitude, nous en parlerons une autre fois) et la vitesse de 210 noeuds. L'appareil va venir s'aligner sur la piste 31R ou 31L de JFK en virant à gauche
lorsqu'il le faudra (alignement ILS confirmé au/par contrôleur).
Trois appareils sont avant lui, deux autres se dirigent vers ce circuit en venant du nord-ouest, deux du sud-ouest derrière lui. Un avion est en simple transit vers le nord, à l'ouest du terrain (avion sans trajectoire à gauche du point orange marquant le terrain JFK). Les autres vols en cours dans la zone ont été supprimés pour plus de clarté!
LE CURIEUX PLAISIR DE PILOTER
Je l'ai toujours pensé et je ne m'en suis jamais défendu: j'aime ce qui vole, tout ce qui vole. Et beaucoup moins les tas de ferraille -quoique...- que les oiseaux bien vivants. Voir les grands volatiles atterrir pattes en avant sous vos yeux dans le delta du Danube, où je me trouvais perdu en barque avec mon ami d'enfance Michel B., est une splendeur indicible.
Mais l'avion, ce tas de tôles, ou de bois et de toile pour les petits, est cette cage à siège, suspendue dans l'éther, qui vous procure des sensations suspectes, alors que, comme je l'ai déjà écrit, vous n'avez pas même le temps de regarder dehors!
Il y a trente ans, je partai sur un vol Thaï en Australie. assister aux représentations de l'opéra de Sydney : les semaines du festival "Mostly Mozart". Sur place je passai une "qualification de type" en une matinée pour pouvoir louer un Beechcraft qui me permit de voler par dessus les montagnes bleues, vers l'ouest, et de me retrouver dans le bush australien, loin de tout. On peut s'y poser non seulement dans chaque ferme mais aussi dans chaque village, sur d'immenses terrains en herbe, fort accueillants! Pas de tour de contrôle, juste un trafic radio avec quelques appareils en vol ou le fermier du coin qui a la com aérienne dans son tracteur.
Voici les photos de deux des machines que j'ai pilotées comme commandant de bord, le bi-moteur Seneca en Europe (Corse, Grêce, Pays de l'Est du temps du rideau de fer - je raconterai cela une autre fois), et le Beechcraft, fort beau monomoteur, très agréable car puissant. De plus, en Australie, j'y étais seul, sans frêt ni passagers, et la machine bondissait vers le ciel au décollage et ne voulait plus se poser...
PHOTOS DE SENECA
Tableau de bord récent (à gauche) et tel qu'il était quand j'ai piloté cette machine (à droite)
Photos de BEECHCRAFT
.
Ni images, ni musique, ni documentation, rien que la pensée de faits qu'on imagine, avec ce qu'on a.
Avec mon imagination.
Qui ne veut pas mettre en route son imaginaire, car je refuse d'être l'auteur de ces pensées, de ces représentations qui me viennent par morceaux, comme du hachis.
Eteins la télé.
Ne pas montrer, ne pas parler, ne pas justifier, d'accord.
Du moins, pourquoi pas.
Je suppose qu'on me demande d'adhèrer à la vertueuse posture de ne pas avoir de spectaculaire marchand, pour une fois.
OK, guys!
Crier le bonheur d'avoir éliminé l'ennemi public n°1.
Il avait, dans mes albums de jeunesse, des rayures noires et blanches, comme un pavé mosaïque.
Et nul doute qu'il vaille mieux qu'il ne soit plus là, lui.
Mais un symbole vivant ou mort ne fonctionne jamais seul.
La Justice, c'est le Droit, quoique parfois le Droit ne soit pas juste.
Faire la justice, c'est la rendre, la rendre au peuple qui en est garant, en principe.
Principe du Droit impossible à concilier avec l'exécution.
N'avions-nous pas aboli la peine de mort? Non, pas vraiment.
Tranquillité dans la disparition, plouf, dans le grand trou de l'océan.
Passons à la suite, ça avance, voilà une bonne chose de faite.
Qu'aurais-je fait à leur place? La même chose, puis...
J'aurais été beaucoup plus hypocrite encore, pour ne pas être contraint de dire:
Justice est faite!
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Le 11 septembre 2001, à 14 heures, j'étais dans la grande maison de Roussainville à Illiers-Combray, le pays de Proust. J'y animais une réunion que nous arrêtâmes pour aller regarder la télé dans le petit salon près du billard. Nous avons, comme tous les spectateurs, vu brûler, tomber, exploser, mourir. L'odeur et le bruit blanc de New York nous parvenaient.
Je montai dans ma chambre, et j'écrivis ceci le jour même:
.
Voilà que dans le grand soufflé de Soufflot, d'en haut duquel on fit l'expérience de cette Terre qui tourne (Le pendule de Foucault, 31 mars 1851), puisqu'on vous dit qu'on peut le VOIR qu'elle tourne sur elle-même, voilà qu'approche un grand bruit de foule silencieuse mais qui n'en-pense-pas-moins-pour-autant : Aimé CÉZAIRE s'en va au Panthéon.
CÉZAIRE? Pas un bruissement de pages froissées, de poèmes jetés, de pleurs continues ni de rires splendides, non, on vous colle un discours comme une tape sur la croupe de la vache qui passe son chemin, habitude, stupide parole, inutile mise-en-scène jouée par de faux vivants qui ne disent pas grand chose des morts qu'ils promeuvent.
Depuis la première expérience de cette Terre qui tourne en direct sous vos pas, on sait renouveler l'expérience, au moins deux fois par semaine, dans l'église de l'ancien prieuré de Saint-Martin-des-Champs, rebaptisé Musée des Arts et Métiers et rempli d'avions en papier aux roues de bicyclette et d'automobiles en cuir et en carosseries laquées comme des macarons japonais.
Vous pouvez le croire puisque vous pouvez le voir. Le grand pendule, impatient d'attendre les explications données à quelques curieux attirés le plus souvent par hasard, fait la pige au gyroscope enfermé dans une petite vitrine de l'abside.
Puis on le lance, avec majesté, et, après de longues secondes où les têtes suivent le silence oscillant, un premier plot vient à tomber, puis un second, et ainsi de suite, alors qu'ils n'étaient pas dans l'axe quelques minutes plus tôt. C'est que nous courons dans le cosmos comme des trains essouflés, à plus de cent kilomètres par heure.
Car elle tourne, on vous l'a dit.
"... d'avoir injurié mes maîtres mordu les soldats du sultan
d'avoir gémi dans le désert
d'avoir crié vers mes gardiens
d'avoir supplié les chacals et les hyènes pasteurs de caravanes
je regarde
la fumée se précipite en cheval sauvage sur le devant
de la scène ourle un instant la lave
de sa fragile queue de paon puis se déchirant
la chemise s'ouvre d'un coup la poitrine et
je la regarde en îles britanniques en îlots
en rochers déchiquetés se fondre
peu à peu dans la mer lucide de l'air
où baignent prophétiques
ma gueule
ma révolte
mon nom..."
La plaque de Aimé CÉZAIRE est au mur du temple laïque, avec la profonde reconnaissance de la patrie, c'est-à-dire en l'occurence de tous les citoyens du monde qui savent ce qu'il en est. Monde lancé, équilibre du monde où rien n'existerait sans le mouvement, il n'y a, au fond, que quelques humains pour vouloir sédentariser, étiqueter, arrêter, épingler, ficher et attacher. Les grandes oscillations de la Liberté, bien attachée à la clef de voûte du Panthéon, balayent tranquillement le sable des vanités passagères et des discours sans goût.
Édouard GLISSANT est mort peu après Aimé CEZAIRE, mais CHAMOISEAU est toujours là, tant mieux:
"Et tout cela, ce cheminement torturé, si vrai, si puissant, si sincère, mais du plus haut qu’il soit possible, du plus noble, du plus exigeant, m’a toujours accompagné dès mon plus jeune âge. Comme des étais posés à mon esprit, des scarifications inscrites sur mes flancs même, et m’escortant sur mes chemins de traverses, mes écartées rebelles. Et c’est cela le signe du grand poète: il accompagne toutes les marches vers la vie, même celles qui seraient différentes de la sienne. «Parler c’est accompagner la graine jusqu’au noir secret des nombres.» («Chemin» – in «Moi laminaire») Son cheminement poétique, n’est pas dans le monde, il invente le monde. Il ne relève pas du réel, il devine et précise des réels. À son degré le plus militant, il écarte des vérités et erre dans l’obscur vers cet inconnaissable qui ouvre à de nouvelles sapiences. «J’habite donc une vaste pensée»... Césaire, c’est comme dire: maître-marronneur en connaissance. (…)
Alors, d’où est venue ma tristesse? De là : sa présence auprès de nous, était réelle, physique, pas seulement livresque et poétique, mais vivante. C’est une grâce que d’être compatriote, contemporain, d’un grand poète. Il y a une énergie singulière (an la fos!) que seule autorise la présence du poète, et qui n’est plus la même quand c’est l’œuvre seule qui assure le relais. Cette voix, cette démarche, ce ton, tout ce qui a investi ma jeunesse quand je le voyais, le samedi après-midi, mains, croisées dans le dos, cheminer dans sa ville, portant déjà la charge irrémédiable que seule sa poésie affrontait. Ou lorsque que les CRS déferlaient sur la ville, matraquaient tout, et que nous nous retrouvions autour de son verbe délicieusement incompréhensible, dans l’enceinte de la mairie, entre les deux fontaines. La mairie qui devenait alors un bastion de conscience, et, en même temps, dans la fumée lacrymogène et le hoquet de nos slogans, le lieu le plus improbable de la poésie et d’une invincible fierté. Voilà, tristesse: c’est ma jeunesse qui s’est figée."
Deux poésies d'Aimé CÉZAIRE
PROPHÉTIE
Là
où l'aventure garde les yeux clairs
là où les femmes rayonnent de langage
là où la mort est belle dans la main comme un oiseau
saison de lait
là où le souterrain cueille de sa propre génuflexion un luxe
de prunelles plus violent que des chenilles
là où la merveille agile fait flèche et feu de tout bois
là où la nuit vigoureuse saigne une vitesse de purs végétaux
là où les abeilles des étoiles piquent le ciel d'une ruche
plus ardente que la nuit
là où le bruit de mes talons remplit l'espace et lève
à rebours la face du temps
là où l'arc-en-ciel de ma parole est chargé d'unir demain
à l'espoir et l'infant à la reine,
d'avoir injurié mes maîtres mordu les soldats du sultan
d'avoir gémi dans le désert
d'avoir crié vers mes gardiens
d'avoir supplié les chacals et les hyènes pasteurs de caravanes
je regarde
la fumée se précipite en cheval sauvage sur le devant
de la scène ourle un instant la lave
de sa fragile queue de paon puis se déchirant
la chemise s'ouvre d'un coup la poitrine et
je la regarde en îles britanniques en îlots
en rochers déchiquetés se fondre
peu à peu dans la mer lucide de l'air
où baignent prophétiques
ma gueule
ma révolte
mon nom.
Aimé Césaire
JOUR ET NUIT
le soleil le bourreau la poussée des masses la routine de mourir et mon cri de bête blessée et c'est ainsi jusqu'à l'infini des fièvres la formidable écluse de la mort bombardée par mes yeux à
moi-même aléoutiens qui de terre de ver cherchent parmi terre et vers tes yeux de chair de soleil comme un négrillon la pièce dans l'eau où ne manque pas de chanter la forêt vierge jaillie du
silence de la terre de mes yeux à moi-même aléoutiens et c'est ainsi que le saute-mouton salé des pensées hermaphrodites des appels de jaguars de source d'antilope de savanes cueillies aux
branches à travers leur première grande aventure: la cyathée merveilleuse sous laquelle s'effeuille une jolie nymphe parmi le lait des mancenilliers et les accolades des sangsues
fraternelles.
Aimé Césaire,
Les armes miraculeuses, 1946 (extrait)
Et puis les discours..., pendant que la Terre tourne. Comme pendant les sermons de mon enfance, il me vient l'image d'un grand balancier, la faux géante de la Mort qui changerait d'emploi et viendrait seulement renverser les plots posés sur la table de la chapelle, de Latran ou d'ailleurs.
Et je ferme de nouveau les yeux, j'entends les commentaires étouffés, les échos de la voûte, les "oh!" -l'expérience de Foucault étonne toujours- et Édouard GLISSANT, et Aimé CEZAIRE, et Patrick CHAMOISEAU me parlent... identité relationnelle... multiplicité... diversité des imaginaires... négritude des civilisations...
L'expérience du pendule de Léon Foucault au Panthéon de Paris,
le 31 mars 1851 in " La Nature ", 1887, 2e semestre. Paris, Conservatoire
© - Photo Centre national des arts et métiers - bibliothèque
"L'identité relationnelle ouvre à une diversité qui est un feu d'artifice, une ovation des imaginaires. La multiplicité, voire l'effervescence, des imaginaires repose sur la présence vivifiante et consciente de ce que toutes les cultures, tous les peuples, toutes les langues ont élaboré en ombres et en merveilles, et qui constitue l'infinie matière des humanités. La vraie diversité ne se trouve aujourd'hui que dans les imaginaires: la façon de se penser, de penser le monde, de se penser dans le monde, d'organiser ses principes d'existence et de choisir son sol natal. La même peau peut habiller des imaginaires différents. Des imaginaires semblables peuvent s'accomoder de peaux, de langues et de dieux différents.
Pour ne considérer que des personnages publics, connus de tous, Mme Condoleezza Rice par exemple relève du même imaginaire que M. George W. Bush, et a peu à voir avec M. Mandela ou avec Martin Luther King. De même, nul ne saurait faire reproche, sous prétexte de vague solidarité politique ou "raciale", aux personnes visiblement venues d'ailleurs, par exemple à peau basanée ou sombre, qui accompagnent M. Nicolas Sarkozy: elles sont plus identiques à lui qu'à n'importe quoi d'autre. Le "même" joue au caméléon. Le divers tout aussi bien confond les rigidités identitaires, bouleverse à tout-va, et rejette les certitudes sélectives au rang de fragiles partis pris de l'esprit." (in Glissant & Chamoiseau, Quand les murs tombent, l'identité nationale hors-la-loi?, éd. Galaade, institut du Tout-Monde, pages 15 et 16).
Entre ici, Aimé CÉZAIRE !
Et apaise-toi comme nous-mêmes, avec ceci :
Avec un peu de temps, il est possible de trouver des réponses générales sur le site du CEA - Commissariat à l'Energie Atomique
Les photographies de catastrophes, nuages et autres explosions n'y ajoutent rien d'intéressant.
En revanche, la compréhension des phénomènes physiques et chimiques est souhaitable. La connaissance des différents processus de fusion nucléaire est indispensable et accessible à chacun :
Qu'est-ce que l'énergie nucléaire?
avec des explications générales sur :
Il existe des alternatives effectives au nucléaire, plus qu'intéressantes car non utopiques :
L'énergie solaire sur Terre ou SEGS (Solar Electric Generating System)
et notamment le
Des scientifiques japonais veulent mettre au point "une solution ingénieuse" qui pourrait fournir jusqu'à 50% de l'énergie dont la planète à besoin en utilisant entre autres le sable du désert du Sahara.
Ce projet baptisé "Sahara Solar Breeder" (voir la vidéo ci-dessous), permettrait d'utiliser le plus grand désert du monde, le Sahara, comme source d'énergie. En effet, les déserts reçoivent
amplement la lumière du soleil sur de vastes zones, et leurs sables contiennent beaucoup de silice - la matière première pour fabriquer le silicium et donc les panneaux solaires. L'idée est donc
de construire des usines de silicium et des centrales solaires dans le désert, afin de délivrer de l'énergie pour construire davantage de silicium et de centrales électriques dans un processus
dit "d'élevage". Dans le futur, ces usines pourraient fournir de l'énergie au niveau mondial, à travers des lignes d'alimentation électrique utilisant des supraconducteurs à haute
température.
"L'oxygène demeure l'élément le plus abondant de la croûte terrestre, et représente 20% de l'atmosphère. En regardant le tableau périodique, vous pouvez voir que le silicium et l'oxygène se
combinent pour former de la silice - la plus abondante matière première existante sur Terre. Si nous pouvons utiliser le sable du désert pour élaborer une substance qui fournit de l'énergie, ce
sera la clé pour résoudre le problème de l'énergie. Ceci est probablement faisable. En outre, l'énergie que nous recevons continuellement du Soleil est 10.000 fois celle actuellement consommée
par l'humanité. Donc, si nous pouvons utiliser 0,01% de celle-ci, nous n'aurons pas de pénurie d'énergie, mais un excédent."
Les chercheurs veulent démontrer la faisabilité d'une usine de fabrication de silicium de haute pureté à partir du sable du désert et de la construction d'un système d'alimentation
supraconducteur à haute température sur de longue distance.
L'obstacle? Le système hyperlibéral qui interdit la mise en commun des idées et des valeurs constructives pour l'Humanité.
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Edouard Glissant (21 sept.1928-3 févr.2011) nous laisse, avec Patrick Chamoiseau, un court texte édité par Galaade (institut du Tout-Monde) qui vient nous porter un "indignez-vous" (puisque c'est la mode), positif, ardent et constructif : "QUAND LES MURS TOMBENT, L'IDENTITE NATIONALE HORS-LA-LOI?"
"Une des richesses les plus fragiles de l'identité, personnelle ou collective, et les plus précieuses aussi, est que, d'évidence, elle se développe et se renforce de manière continue -nulle part on ne rencontre de fixité identitaire-, mais aussi qu'elle ne saurait s'établir ni se rassurer à partir de règles, d'édits, de lois qui en fonderaient d'autorité la nature ou qui garantiraient par force la pérennité de celle-ci.
Le principe d'identité se réalise ou se déréalise parfois dans des phases de régression (perte du sentiment de soi) ou de pathologie (exaspération d'un sentiment collectif de supériorité) dont les diverses "guérisons" ne relèveraient pas, elles non plus, de décisions préparées et arrêtées, puis mécaniquement appliquées." (p.1)
Et il me vient très clairement, grâce à ces 26 pages écrites en gros caractères, que "identité" opère sa commutation en "Humanité". Ainsi lorsque je lis : "... l'identité est d'abord un être-dans-le-monde, ainsi que disent les philosophes, un risque avant tout, qu'il faut courir, et qu'elle fournit ainsi au rapport avec l'autre et avec ce monde, en même temps qu'elle résulte de ce rapport. Une telle ambivalence nourrit à la fois la liberté d'entreprendre et, plus avant, l'audace de changer" (page 2), je me dis que l'être-dans-le-monde est l'être-vers-l'Humanité. L'identité a son sens dans cette construction, réconciliant le travail de deuil de l'Homme avec son ignorance et l'érection d'un tout-humain, c'est-à-dire de la reconnaissance politique de l'activité de genèse identitaire des êtres humains sur eux-mêmes.
"C'est vrai que l'espace démocratique est un champ de forces antagonistes extrêmement virulant, que ce moins mauvais de tous les systèmes demande une attention
de tout instant, et comme une vigilance de guerrier. C'est vrai aussi que nous avons abandonné l'idée d'une progression rectiligne de la conscience humaine, et appris que régression et avancée
sont comme indissociables : là où s'intensifie la lumière, l'ombre s'approfondit tout autant.
C'est vrai enfin que le XXIe siècle est ce moment où le monde achève de faire monde sous les auspices consternants du libéralisme économique -cette virulence capitaliste qui investit l'esprit
de liberté pour le dénaturer dans une structure qui précipite les forts et les faibles, ceux qui possèdent et ceux qui n'ont rien, ceux qui peuvent et ceux qui ne peuvent pas, dans la géhenne
grande ouverte du "marché". La mise en système de l'esprit de liberté n'est plus la liberté. C'est un émiettement de tous, qui expose chacun, seul et démuni, à l'appétit du monstre."
(pages 6-7)
Ainsi en est-il du combat entre capitalisme et hyperlibéralisme que ce dernier dévore aussi : la PME française, par exemple, ne bénéficie pas du tout du marché financier. Il y a un rapport étroit entre la question de l'identité et la destruction du tissus économique capitaliste "de papa" lui-même : lorsqu'il n'apparaît plus aucune possibilité d'échapper à un effondrement collectif des conditions sociales, se lèvent les idéologies qui promettent le bonheur par l'exclusion du fautif -l'Autre-.
"C'est vrai enfin que, dans ce marché ouvert, ce "monde-marché", ce "marché-monde", les dépressions
entre pénurie et abondance suscitent des flots migratoires intenses, comme des cyclones qu'aucune frontière ne saurait endiguer.
Sapiens est par définition un migrant, émigrant, immigrant. Il a essaimé comme cela, pris le monde comme cela, et, comme cela, il a traversé les sables et les neiges, les monts et les abîmes,
déserté les famines pour suivre le boire et le manger. "Il n'est frontière qu'on n'outrepasse." Cela se vérifie sur des millions d'années. Ce le sera jusqu'au bout (encore plus dans les
bouleversements climatiques qui s'annoncent) et aucun de ces murs qui se dresssent tout partout, sous des prétextes divers, hier à Berlin et aujourd'hui en Palestine ou dans le sud des
Etats-Unis, ou dans la législation des pays riches, ne saurait endiguer cette vérité simple : que le Tout-Monde devient de plus en plus la maison de tous, -Kay tout moun-, qu'il appartient à tous
et que son équilibre passe par l'équilibre de tous." (page 7)
Toute tentation de mur n'est pas nouvelle, et peut être facilement analysée à la lumière d'une part des peurs fondamentales, et d'autre part des cupidités pathétiques, l'un allant avec l'autre dans une société du Veau d'Or.
Lorsque la machine à vapeur est apparue, une transformation majeure s'est mise en route : technologie et "progrès" ont remplacé Dieu pour tenter un miracle. Science et Raison étaient annoncées comme les suprêmes apaisements, vers une maîtrise de la Nature par l'Homme, comme le souhaitait Descartes.
Or la question de l'Etre est demeurée une question sans réponse, cette "QSR" qui nous obsède tour à tour en silence -la paix- ou en dévastations -les holocaustes-, et maintenant nous ne pouvons plus douter qu'elle soit bien une Question Sans Réponse.
Ce que disent Glissant et Chamoiseau, c'est que la dynamique de l'identité humaine -Tout-Monde- est celle de la relation, du lien humain qui permet la construction que nous avons à accomplir : l'Humanité.
Cette Humanité qui se définit par sa construction, et qui, par définition et aussi sans raison, est l'oeuvre à accomplir par chacun d'entre nous entre sa naissance singulière et son retour à la dispersion. Une telle vision permet de rendre compatible politiquement nos identités singulières, aussi nombreuses que riches de leur coexistence.
"C'est l'inaptitude à vivre le contact et l'échange qui crée le mur identitaire et dénature l'identité." (page 10)
Quand les murs tombent, l'identité nationale hors-la-loi?
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Des chercheurs allemands ont mis au point une conduite automobile "au cerveau".
Voici l'explication en vidéo:
Mais une fois encore, prenons garde au vocabulaire utilisé. Il ne s'agit pas d'intelligence artificielle, ni même d'intelligence du tout. Il s'agit de calcul déductif, à partir de données électriques interprêtées. S'il y a bien de l'intelligence "embarquée" dans le système qui est celle des chercheurs et praticiens qui l'ont mis au point, le système lui-même ne peut pas être dit intelligent.
Mon travail de recherche publié en 2007 (Dir.: Professeur Pierre Pastré) a porté sur la conception de programme dans le champ de la formation, travail dans lequel j'ai tenté de montrer quelle place peut avoir l'informatique binaire dans l'instruction et quelles théories peuvent être convoquées à propos de l'activité de conception de tels programmes de formation.
Télécharger "L'activité de conception dans l'usage d'un artefact en eLearning" (.pdf)
Dans des dispositifs tels que celui d'une automobile à conduire, l'homme doit apprendre comment réagit le calculateur, cela se voit dans les images ci-dessus. Néanmoins, ce qui est très intéressant c'est le contrôle d'objets par captation des ondes cérébrales, rendu possible par le calcul informatique. Non seulement pour les handicapés moteurs, mais pour améliorer l'adaptation de l'être humain à l'environnement. Il existe sans aucun doute de multiples applications de cette technologie à l'instruction et à l'apprentissage humain.
Cela nous amène à repenser le corps humain dans son ensemble, ce qui, pour moi, débouche "dans un certain temps" sur la dématérialisation de ce corps, afin de permettre à l'Homme de quitter sa galaxie actuelle.
Je veux dire que l'évolution de l'humanité dans l'univers n'est pas concevable avec le corps propre actuel de chacun d'entre nous. Cela donnerait-il raison à Descartes? La "substance pensée" pourrait-elle s'affranchir de la "substance étendue" actuelle de l'Homme pour venir informer (mettre en forme?) une autre sorte de matérialisation? Ou du moins, car le mot matière ne convient peut-être plus non plus, aller vers une autre sorte d'existence individuelle de l'être humain, inimagineable pour le moment.
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Son petit-fils
Témoignage du petit-fils d'Annie Girardot
L'actrice superbe de "Mourir d'Aimer"
Film d'André Cayatte
Chanson de Charles AZNAVOUR
Les parois de ma vie sont lisses
Je m'y accroche mais je glisse
Lentement vers ma destinée
Mourir d'aimer
Tandis que le monde me juge
Je ne vois pour moi qu'un refuge
Toute issue m'étant condamnée
Mourir d'aimer
Mourir d'aimer
De plein gré s'enfoncer dans la nuit
Payer l'amour au prix de sa vie
Pécher contre le corps mais non contre l'esprit
Laissons le monde à ses problèmes
Les gens haineux face à eux-mêmes
Avec leurs petites idées
Mourir d'aimer
Puisque notre amour ne peut vivre
Mieux vaut en refermer le livre
Et plutôt que de le brûler
Mourir d'aimer
Partir en redressant la tête
Sortir vainqueur d'une défaite
Renverser toutes les données
Mourir d'aimer
Mourir d'aimer
Comme on le peut de n'importe quoi
Abandonner tout derrière soi
Pour n'emporter que ce qui fut nous, qui fut toi
Tu es le printemps, moi l'automne
Ton cœur se prend, le mien se donne
Et ma route est déjà tracée
Mourir d'aimer
Mourir d'aimer
Mourir d'aimer
Comme on ne les a jamais entendus! Du moins, je ne savais pas qu'ils avaient donné ce spectacle jusqu'à ce que Cedric Sicot m'envoie cette séquence!
Le geste du plus de vie encore.
KRUMPING ?
Wikipedia (mais oui, c'est souvent très bien fait, Wiki...) dit : "Krumping, also spelled Krumpin', is a street dance popularized in the United States that is characterized by free, expressive, exaggerated, and highly energetic movement involving the arms, head, legs, chest, and feet." etc.
Voici 3 garçons de 8 ans qui krumpent :
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Le blanc s'efface de poussière noire, son ombre
Repousse le fantasme, le cauchemar, le sombre
Eclate la projection de soi au ciel de lumière en-allée
Boule de suif aux poumons envahis, la dague
Pénètre l'Autre, Moi plaqué là, qui doit
Combattre malgrè moi, je ne veux pas
Jusqu'au rebord du coeur coloré par la vie
Mais je le dois, fatale soumission à violence qui vient
Je continue de mettre à disposition des enregistrements plus ou moins faciles à trouver. Facile pour les journalistes et les accros du web, moins évident pour ceux dont l'emploi du temps laisse peu d'espace libre le soir après le travail...
Cela fait l'objet de la rubrique dans la colonne de gauche: "2012, espace d'information".
Voici les 58 minutes de l'échange entre le Président de la République et ses invités au Salon de l'Agriculture. Ce qui me semble intéressant, c'est la forme de la relation qui s'instaure dès les premiers instants - les premières paroles - entre les personnes présentes. Là où réalité de la situation et vérité des pensées se rencontrent.
Cette vidéo est en ligne sur le site de l'Elysée.
De même, les 3'30" de vidéo de la visite du Salon :
A METZ ou à NANCY, Carlos Wagner fait parler de lui : l'imagination sage ET tout à la fois débridée anime ce metteur en scène, avec une équipe -décors, lumières, costumes- fort inspirée, choisie par Valérie Chevalier.
Quelques extraits visibles actuellement sur le net (Attention! Chant d'opéra non compatible comme toujours avec le petit écran!) :
Carmen, une coproduction des Opéras de Metz et Nancy
Un article de Christian Merlin : "Une CARMEN exemplaire"
Vidéo détaillée (14 mn) et article d'Alexandre Pham
Vidéo de Classique.news (mettre le son en cliquant au centre de l'image)
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Opéra de Georges BIZET, mis en scène par Carlos Wagner, Première à l'Opéra National de Lorraine.
Tout le monde a vu, a déjà vu, CARMEN.
Chacun aura eu et aura subi mille commentaires sur cette espagnole cigarière, boucles d'oreilles antillaises, rouge robe à volants et frou-frou, qui ne sort pas sans ses castagnettes. Un petit coup de flamenco, l'oeil charbonneux, le menton agressif, une ravageuse je vous dis! Pour CARMEN, c'est connu, tout le monde a son opinion.
Et pauvre José, pauvre homme sincère, victime de son amour passionné, pauvre garçon naïf qui ne peut être aimé que par une naïve. Qui est contraint de trahir son devoir de citoyen et de militaire pour une... traînée! Il saura, fort heureusement, venger l'honneur et les bonnes moeurs, celles de Michaéla, dans le sang de l'infâme femme. Le dénouement, bien conforme aux Bouvard et Pécuchet espagnols, est à la hauteur des péchés d'une fille du peuple qui se croit tout permis parce qu'elle s'asseoit en écartant les cuisses et en fumant le symbole cigarier!
Avec cette nouvelle production, Carlos Wagner vient
nous montrer -enfin- l'oeuvre de Georges Bizet, Henri Meilhac et Ludovic Halévy. L'opéra CARMEN "tient encore de Mérimée la logique dans la passion, la ligne droite de la dure nécessité"
(Nietzche). Passion active pour la Liberté telle que brandie sur la toile de Delacroix, dans la nudité en mouvement, à l'assaut de tout obstacle, ni morale ni licence sexuelle, cette histoire
n'est pas péripathétique...
CARMEN est donnée par Carlos Wagner dans sa logique d'une passion qui ne porte pas son nom, qui ne subit pas, qui lui permet d'agir comme égérie symbolique incarnée : tout simplement -et classiquement- la libre disposition de soi-même. On n'y oppose pas liberté sexuelle et couple bourgeois fidèle comme le fait l'hypocrisie ordinaire si souvent mise au théâtre du XIXe. Le bourgeois est précisément celui qui couche avec la boniche et surtout celui qui "ne râte jamais une occasion"!
CARMEN n'est pas une aristocrate du sentiment, comme je l'ai entendu de la part d'éminents savants critiques, ce qui ne veut pas dire grand chose. Elle est tout au long des quatre actes, une engagée politique. Si en 2011, le mot "politique" porte les relents des partis scélérats qui ont volé la démocratie, CARMEN a pour idées agissantes ce que pourrait être une Humanité libre et de bonnes moeurs, au sens où le Pasteur Anderson (1723) employait cette expression. C'est pourquoi, après une pathétique et larmoyante déclaration de Don José, et après le silence d'une partition musicale qui sait s'arrêter juste l'instant qu'il faut, CARMEN lui répond : "Non, tu ne m'aimes pas!"
Tu n'aimes pas ta Liberté. Tu es ton propre prisonnier et tu veux maîtriser, emprisonner et par conséquent posséder. Carlos Wagner rend CARMEN silencieuse, à l'écoute de sa force intérieure. Elle est entrée sur scène, au premier acte, sans furie. Calme, elle est simple, affirmée, avec la tenue de soi-même de qui a vécu.
Elle se heurte encore et encore aux murs et grilles de la soumission, c'est-à-dire aux conventions de l'obéissance et du commandement, elle qui ne veut ni commander ni obéir, ces fléaux sociaux. Elle apparaît juste après la scène introductive au sujet philosophique de l'oeuvre par Michaela et les soldats de la garde. Michalela est soumise au devoir de séduire pour avoir sa place de femme en société avec une seule destinée, être l'honnête femme de son mari. Bizet dénonce l'hypocrisie par le quasi viol de la jeune fille par des hommes en troupe qui symbolisent l'ordre établi et officiel. Viol de la personne, de la liberté d'être soi-même, toutes choses oubliées par tous dans un monde conforme à la fondamentale dépendance de chacun par chacun.
Les ultras qui exécutèrent Garcia-Lorca en août 1936, l'achevant d'un tir dans l'anus, criaient "A bas l'intelligence! Vive la mort!". C'est ce que Carlos Wagner a compris dans cette CARMEN, brisant une bonne fois pour toutes son image de putain dont on a plus qu'assez. Il n'y a plus moyen pour le spectateur qui a déjà "si souvent vu CARMEN" (à l'entr'acte!) -et sa femme- de commenter si l'actrice choisie est "une bonne Carmen", "bien dans le rôle" ou pas!
Et ici, même pas de flamenco, ni de castagnettes! Pas de petite bonne pelotée dans un coin du couloir pendant que Madame fait entrer les invités au salon. Pas non plus de salope au wonderbra qui suce en scène un Havana énorme, et qui laisse flotter l'ambiguité éberluée d'une semaine de vacances sexuelles dans les iles, avant le tremblement de terre, s'entend!
Ses pas enjambent les débris de barricades, CARMEN ne s'y arrête pas. Au pied léger comme Achille, elle offre la réalité d'une vie de contre-bande. La bande, ce sont les soldats et les bourgeois. L'antibande, des hungaras dans la montagne et la dure nécessité de survivre en dehors du système, sur le système. Comme personne ne peut y échapper, CARMEN doit-elle être vue comme chef de bande? Sans doute pas.
Elle est singulièrement humaine en ne tentant qu'une seule chose : ne plus être seule. C'est un emblème.
Chacun vient, chacun va, la garde regarde... Mais ne vit pas, comme Nietzsche l'a découvert chez Bizet en correspondance musicale avec sa philosophie.
Carlos Wagner met en scène tous les personnages du conte philosophique. Soldats de la contrainte, enfants reproducteurs du même ordre, anonymes chantants et suiveurs qui se tiennent à distance de CARMEN. Lumières, chorégraphie et costumes tiennent le fil au dessus de l'eau tumultueuse, afin de représenter le concept. Savoir lire et savoir écouter, c'est le talent de toute l'équipe, Rifail Ajdarpasic (décors), Fabrice Kebour (Lumières), Ana Garcia (Chorégraphie) et Patrick Dutertre (Costumes) rassemblée à l'ONL à Nancy ce 18 février pour leur création de CARMEN.
Le pantin, Goya (1792)
Comme l'explique Carlos Wagner (voir ci-dessous), le monde de Goya
lui sert de référence pour une mise en scène classique du thème de la Liberté
Opéra comique en quatre actes
Livret d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy, d’après la nouvelle "Carmen" de Prosper Mérimée
Créé le 10 mars 1893 à l’Opéra Comique de Paris (salle Favart)
Direction musicale : Claude Schnitzler
Mise en scène : Carlos Wagner
Décors : Rifail Ajdarpasic
Costumes : Patrick Dutertre
Chorégraphie : Ana Garcia
Lumières : Fabrice Kebour
Choeur de l'Opéra national de Lorraine
Chœurs de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole
Orchestre symphonique et lyrique de Nancy
18 février 2011 à 20h
20, 27 février 2011 à 15h
22, 24 février et 1er mars 2011 à 20h
« Ombres et
lumière »
Le fait que « Carmen » soit l’opéra le plus joué dans le monde signifie qu’il a été déjà l’objet de toutes les interprétations possibles et imaginables, et qu’il est difficile d’en proposer un
éclairage fondamentalement nouveau.
C’est pourquoi j’ai décidé que cette situation ne devait pas devenir pour moi un objet de contrainte ou d’inquiétude. Le désir d’originalité conduit souvent à des interprétations forcées,
incongrues qui brouillent le sens de l’œuvre et éloignent d’elle le spectateur.
J’ai donc voulu rester très près de ce que l’œuvre contient de plus évident. Elle se situe en Espagne. Elle traite des aspects les plus sombres de la psyché humaine. Elle se déroule en
temps de guerre.
C’est ainsi que Goya m’est venu le plus immédiatement à l’esprit avec sa vision du monde cauchemardesque qui va nous guider tout au long de l’opéra. Il s’agit d’une vision profondément
espagnole qui ne doit évidemment pas tomber dans le cliché ou l’anecdote folklorique. Goya est sombre, dérangeant et grotesque. Je veux conserver et faire ressortir ces caractéristiques dans
l’opéra. Etre inspiré par Goya ne signifie aucunement que l’on va retomber de nouveau dans une interprétation historique de Carmen.
Carmen fait naître des couleurs, des sentiments, des images qui lui sont propres. Nous proposons par ailleurs une lecture qui se veut intemporelle, mettant en avant des archétypes capables de
parler davantage au subconscient qu’à la raison.
Une lumière acérée qui enflamme et déchire l’espace d’une pièce plongée dans l’obscurité, a autant à voir avec l’esthétique de Goya qu’avec le sentiment qu’évoque en moi le personnage de
Carmen. Carmen est cette lumière qui transperce, aveugle et finalement frappe Don José à l’endroit le plus sombre, le plus inconscient de sa personnalité.
Mais cette lumière la consume elle aussi. Tout comme le soleil aveuglant de l’Andalousie consume celui qui l’affronte.
Carmen est l’archétype de l’héroïne qui aspire à la liberté absolue, même si elle doit y laisser la vie. Don José, lui, est l’archétype de l’antihéros rongé par le doute, l’indécision et qui
sombre dans l’obscurité totale, l’anéantissement. La rencontre tragique des deux fait penser à celle du chasseur avec sa proie.
Mon intention n’est pas non plus de restituer l’époque de l’œuvre, ou de l’actualiser, mais de la situer dans un contexte qui aurait l’intemporalité de la tragédie grecque tout en convoquant
une série d’images surréalistes. Ainsi, à la fin de l’opéra, les éléments classiques pris dans l’iconographie espagnole rejoignent ceux de la tragédie grecque. Le torero rencontre le Minotaure.
Si le caractère sombre et inquiétant du cauchemar sert de fil rouge, alors les scènes comiques acquièrent soudain elles aussi un caractère grotesque et inquiétant.
Goya ne manque pas d’humour, seulement c’est un humour des plus noirs et des plus fatalistes. Si les contrebandiers sont ici à prendre au sérieux, à considérer comme de vrais criminels, je
pense que le seul traitement possible est celui qui passe par l’humour noir, ce qui en soi est typiquement espagnol.
(Propos de Carlos Wagner, recueillis et traduits de l’anglais par Carmelo Agnello
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